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La bicyclette est-elle une tradition française ?

Cycle Tradition

La bicyclette est-elle une tradition française ?

Pierre-Émile Blairon*, écrivain, journaliste ♦

Qui n’a pas connu le glissement furtif des grandes bicyclettes noires qui volent sagement telles des mouettes silencieuses dans les rues des vieilles villes flamandes ou bataves, pendant que se déclenche le chant lumineux du carillon, n’a aucune idée de ce que signifient des termes comme « paix » ou « harmonie ».

Cycles-HurtuEn France, on appelle la bicyclette « la petite reine » ; une reine française qui aurait usurpé son trône. Selon la légende, ce trône, c’était celui de Wilhelmine d’Orange-Nassau, reine des Pays-Bas à la fin du XIXe siècle, fervente des déplacements à bicyclette qui accéda au trône à l’âge de dix ans et mérita ainsi ce surnom qui lui fut donné lors d’une visite en France.

Le premier Tour de France cycliste fut créé en 1903.

C’est encore de nos jours le référent de la pratique du vélo en France. Du pain et des jeux. Cette manifestation sportive, dont la réputation populaire et bon enfant s’est largement dégradée au fil des ans, salie par le déferlement des millions publicitaires et le dopage généralisé, s’inscrit dans cette démarche.

Dans les moyennes et grandes villes françaises, envahies par l’automobile, on a peine à imposer l’alternative que pourrait représenter la bicyclette. Les déboires récurrents du maire de Paris nous l’apprennent.

Mais la bicyclette est-elle bien une tradition française ?

Je n’ai vu, dans ma ville de Provence, et de province, Aix, que très peu de vélos circuler dans les rues alors même que la ville ancienne était fermée à la circulation automobile cet été.

cycle-Grand-BiLe vélo utilitaire n’est pas une tradition française comme c’est le cas dans les pays du nord ou de l’est de l’Europe. Une discipline naturelle, propre à la mentalité des populations, est nécessaire, qui n’existe pas en France, et encore moins dans le sud du pays. Je ne vois quasiment aucun cycliste en ville respecter des feux tricolores (tout comme les piétons, d’ailleurs) parce qu’il n’y a aucune sanction. La peur du gendarme constitue le seul critère de discipline.

Depuis des millénaires, les routes sont d’origine utilitaire : elles n’ont pas été créées pour faire du « sport » ou pour les loisirs. En France, la proportion de cyclistes qui utilise la bicyclette pour aller au travail ou pour faire les courses est infime. Ceux-ci ne posent aucun problème de « partage » de la route avec les véhicules motorisés (pas toujours vertueux non plus). De même, les automobilistes n’ont pas de problèmes avec les vététistes qui empruntent les chemins naturels qui sont faits pour ça. Ils en ont beaucoup plus avec les hordes de sportifs à deux roues, beaux comme des toréadors dans leurs habits de lumière, sponsorisés (?) par les entreprises du CAC 40, qui croient que le Tour de France, c’est tous les jours et où on veut, occupant à 25 la quasi-totalité de la chaussée. On dirait que leur slogan, c’est « Moi et mes copains d’abord ».

Dans notre région, les autorités ont aménagé des voies cyclables, certes bien modestes, mais empruntées par… les coureurs à pied.

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*Pierre-Émile Blairon partage ses activités littéraires entre deux passions : la Provence et les spiritualités traditionnelles. Son ouvrage : La Roue et le sablier résume sa vue-du-monde.

 

  1. Robert41
    Robert4121 octobre 2017

    L’Hirondelle de St-Étienne ne fait plus le printemps. Il en est de même de Mercier et de Peugeot, ils ont perdu le pédalier qui faisait encore si peu leur réputation de première classe. Faire du vélo en France est une chose dangereuse, ne serait-ce que par le cycliste qui l’active, que par la rencontre du même individu en automobile ou autres engins. Pratiquer le vélo est avant-tout une liberté responsable. Celle qui fait que notre société serait normalement harmonieuse et tolérante à l’erreur que chacun de nous pouvons produire ; ce qui ne veut pas dire tolérante à une pathologie extravertie insupportable dans sa réitération. Oui, le vélo est une démarche favorable à l’esprit et au corps tout comme la marche dont il est le prolongement. Et puis, quel plaisir de voir toutes ces classes sociales et générations en vélo ; qu’ils s’agissent du curé en soutane, du facteur à la Hulot, du bourgeois en pinces à pantalon, du retraité oscillant, de la pétarade cartonnée par le passage des rayons du drôle, de la gente belles en cuisses souffrant d’un vent capricieux, de l’apprenti cycliste tétanisé, du policier rompu par ses mollets de coq, tous ont un je-ne-sais-quoi d’unique dans leurs gestuelles. Merveilleuse invention qui s’adapte comme l’intelligence au trucage du moteur électrique

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