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Catalogne : sécession, séparation, autonomie. La comédie des faux dissidents

Espagne Goya Scene From Spanish War Of Independence

Catalogne : sécession, séparation, autonomie. La comédie des faux dissidents

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

L’Espagne a retenu son souffle et même le footballeur argentin Messi était prêt à quitter le Barca pour défendre la “madre patria” mais voilà, il y a toujours eu une certaine dose de comique chez les  trotskistes, un surréalisme cynique, un dadaïsme de pacotille

La Catalogne n’aura été indépendante que six secondes, histoire de ne pas perdre la face. Son président séparatiste a trouvé la faille : une indépendance politique unilatéralement proclamée mais pas d’indépendance juridique et ce, après un week-end où des centaines de milliers de Catalans et des millions d’Espagnols se sont levés et lui ont demandé de renoncer au nom d’une Hispanité enfin retrouvée mais pour combien de temps ?

‘Prou! Recuperem el seny” (“Assez! Retrouvons la raison”) avaient clamé dimanche les opposants catalans à la sécession pour défendre l’unité de la grande Espagne à l’issue d’une semaine d’émotion et d’angoisse dans tout le pays mais pas seulement, pour aussi toute l’Amérique latine, les Philippines, tout ce qui compte sur terre de restes du grand Empire. Le réveil dominical de “la majorité silencieuse” a bien été un tournant dans la crise.

Mariano Rajoy n’utilisera pas l’article 155 de la Constitution et encore moins  l’article 156 (l’état de siège) permettant de retirer réellement et définitivement son autonomie à la région. On négociera encore l’unité de l’Espagne. Puigdemont a finalement cédé parce que le monde économique s’écartait des indépendantistes, plusieurs entreprises ayant décidé de déménager dès lundi leur siège social de la région qui représente 19% du PIB du pays espagnol, pour 16% de la population. Deux grandes banques, CaixaBank et Banco de Sabadell, ont initié ce mouvement suivi de prés par un des principaux groupes locaux du bâtiment.

L’Europe ne souhaitait pas l’indépendance

Les événements allaient trop vite car le capitalisme libéral a pourtant besoin d’États-Nation affaiblis  par le séparatisme. L’Europe des marchands et des juges, de la future démocratie procédurale et de la dictature administrative n’est pas encore tout à fait achevée. De fait, pour faire prospérer le business sans entrave, il faut absolument liquider toutes les communautés traditionnelles.

Depuis des années, la remise en cause de l’unité espagnole n’était pas seulement mue par le séparatisme politique mais elle touchait toute l’éducation, le folklore avec ses coutumes, ses danses, ses costumes et surtout sa corrida. Comme en France, il s’agissait de réécrire l’Histoire, de gommer l’esprit  chevaleresque de la Phalange de José Antonio, d’oublier l’héroïsme de la Légion espagnole et plus que tout la ferveur doloriste mais ô combien sublime du catholicisme espagnol réduit, il y a déjà quelques années à des sauteries papales sur fond de house lors des Journées de la Jeunesse.

Mais l’Europe sans nations, comment faire ?

En France, on a cassé toute velléité de nationalisme par l’antiracisme idéologique  et la conversion au nouveau monothéisme, ce que des  intellectuels  à la Edgar Morin déclarent depuis toujours alors qu’en Espagne ce fut par le séparatisme régional et autonomiste (comme en Belgique, en Italie, en Grande-Bretagne). Ainsi, l’Europe unie pour le commerce ne ressemblera pas à des Etats-Unis d’Europe puisqu’elle ne doit absolument pas être une puissance. Ce sera un espace neutre, dépolitisé, spectaculaire, marchand, touristique ou archéologique, l’espace désunie des tribus .

Lors d’un débat dit « d’urgence », après quatre jours de crise catalane, le vice président de l’Union européenne, Frans Timmermans avait appelé au dialogue. Un porte parole de la Commission avait répété le 6 octobre : « Il s’agit d’une affaire intérieure à l’Espagne ». Il est pourtant bien clair que ce souhait affiché de non ingérence et de dialogue de l’UE n’était rien d’autre qu’un coup de pouce indirect donné aux Catalans tout comme l’absence de positionnement scandaleux de la Conférence épiscopale espagnole à laquelle, en plus, on n’avait rien demandé.

Pour l’Espagne, la déclaration catalane  n’est en réalité ni une victoire, ni une défaite mais la poursuite d’une faiblesse mortelle et suicidaire que les ennemis de l’hispanité continueront habilement d’exploiter. Mais un État purement constitutionnel, celui de 1978, peut-il encore continuer d’exister avec autant d’incertitude, de subterfuges, de négociations biaisées, de reculades permanentes ? La déclaration surréaliste mais fanatique d’une indépendance sans indépendance, d’une république en pleine monarchie, d’un « je m’en vais mais j’y reste ! » ( Me voy, pero quizá me quedo) ne durera pas longtemps mais encore faut-il que résonne de nouveau le poétique mot d’Espagne. Or comme pour la douce France, il s’agit partout de déclarer et de faire penser que l’Espagne ou la France n’existent pas, n’existent plus.

Plus rien dans le vocabulaire et l’histoire officielle, une « histoire mondiale de la France » écrivent nos nouveaux historiens, ne doit en effet rappeler la France ou l’Espagne. On nous demande peut-être aujourd’hui de défendre les Espagnols mais en réalité, on ne nous demande pas de défendre l’Espagne, si ce n’est un ordre juridique abstrait et sacro-saint, celui du “Grundgesetz” de la loi fondamentale à l’allemande c’est-à-dire un vulgaire  papier  écrit qui confond Souveraineté populaire et Constitutionalité. On a un peu honte de rappeler l’évidence mais l’Espagne n’est pas la Constitution. Ce n’est pas non plus la démocratie. Osons d’ailleurs ce parallèle européo-hispanique. L’Européen n’est pas une constitution, il est une race et un esprit.

C’est pourquoi d’ailleurs l’Europe continue et continuera selon le sacrifice de Dominique Venner d’exister malgré la paperasse de Bruxelles ou les tomes de lois indigestes de ses juristes serviles comme l’Espagne existe et existera toujours par delà ses constitutions.

Qu’est-ce en effet que l’Espagne ?

Un grand, un immense empire, auprès duquel l’Union Européenne européenne voire l’ONU d’aujourd’hui ne sont qu’une sordide caricature. L’Espagne sans Constitution, c’est en effet l’Espagne de Charles Quint qui maintenait unifiée des territoires aussi divers que le Pérou, le duché de Milan, le royaume de Sicile, le comté de Flandres, la Colombie et sa propre péninsule, avec son ensemble pourtant bigarré de petits seigneurs, de privilèges, de communes libres, d’usages et de coutumes de toute sorte. Or, cet énorme territoire se gouvernait avec une armée minuscule et avec une bureaucratie qui à l’époque n’atteignait  pas même la moitié du nombre de postes actuels d’un gouvernement autonome. Un ordre du palais Alcázar prenait alors des mois à parvenir à Mexico ou à Lima mais il était exécuté à la lettre.

Nonobstant, pour les néo-historiens “mécontemporains“, ces Espagnols n’étaient que des inquisiteurs ou des prêtres décadents qui cependant, avec seulement le Trône et l’Autel, maintenaient mieux l’unité de leur royaume que l’Union ou la monarchie des autonomies n’en est aujourd’hui capable .

La droite espagnole choisira-t-elle  entre l’Espagne et la Constitution ?

Nonobstant, bien qu’il est été fomenté par une réécriture de l’Histoire tendancieuse et manipulée, nous ne pouvons nier  le sentiment national qui s’est  formé en Catalogne et qui est authentique. Il y a là toujours un esprit, quelque chose de vivant qui rugit dans les entrailles d’un nouveau patriotisme et qui feront que oui, les catalans ne seront sans doute plus jamais espagnols, à moins d’un vrai miracle mais il faut aussi comprendre que si cela est arrivé, c’est que durant quatre décennies, on a fait en sorte là-bas que le nom de l’Espagne lui-même soit tabou.

Illustration : Scène de la guerre d’Espagne (après 1808). Francisco de Goya.
  1. RAMON
    RAMON19 octobre 2017

    Sur le référendum séparatiste catalan illégal et illégitime du 1er octobre fût une farce, personne de sérieux n’en doutait vraiment.Plusieurs journalistes de différentes chaînes de télévision ou de différents titres de presse ont ainsi démontré que l’on pouvait voter plusieurs fois (puisque le logiciel de gestion des listes électorales utilisé par le pouvoir barcelonais a montré de très nombreuses failles au cours de la journée), voire voter avec un faux numéro d’identité. L’association séparatiste Òmnium cultural avait demandé dès le 27 septembre, dans un document envoyé à des citoyens catalans, de détruire les bulletins de vote une fois recomptés par les collèges électoraux, ce qui est tout de même un curieux procédé. Dans la matinée, face aux multiples problèmes informatiques qui se posaient, le président de la Généralité, Carles Puigdemont, a offert la possibilité aux citoyens de voter dans le bureau de leur choix, ce qui contrevient là aussi à tous les usages démocratiques et à la transparence d’un scrutin.

    De nombreuses autres irrégularités ont été constatées dans le cadre de ce scrutin et la liste que j’en présente ci-dessous ne saurait évidemment être exhaustive :

    les urnes choisies par le gouvernement régional catalan (Govern) sont opaques et cela faisait craindre le pire ;
    une chaîne de télévision espagnole a justement montré l’une de ces urnes opportunément pleine alors que le bureau de vote qui l’accueillait n’avait pas encore ouvert au public ;
    des citoyens pouvaient voter en pleine rue, dans une pagaille totale, sans que les listes électorales trafiquées de la Généralité ne soient émargées ;
    des annonces délirantes lors du dépouillement des voix, avec des communes comme Palol de Rebardit, peuplée de moins de 450 habitants, dans lesquelles ont voté 1 002 personnes (soit 213 % de participation), etc.

    Dans ce contexte, comment donner du crédit aux résultats issus de ce référendum illégal, illégitime et largement contestable ? Comment faire confiance aux autorités catalanes qui, avant la proclamation de ces résultats illusoires, a déjà affirmé vouloir proclamer unilatéralement l’indépendance de la région ? Ces résultats annoncés par la Généralité de Catalogne montrent somme toute une participation assez faible de 42 % du corps électoral (lequel corps a été défini et obtenu par les autorités régionales dans une absence totale de transparence) et 90 % de « oui » à l’indépendance – soit 2,2 millions de personnes (contre 2,3 millions lors de la consultation du 9 novembre 2014). 38 % du corps électoral a donc validé l’indépendance – une petite minorité. Rappelons que, selon les données de la Généralité, 96 % des bureaux de vote étaient restés ouverts et que les électeurs inscrits dans les 4 % restants pouvaient aller voter dans un autre bureau de leur choix sans réel contrôle SOURCES “ACTUALITES ESPAGNOLES”WORD PRESS.
    lLA SEULE SOLUTION REFORMER LA CONSTITUTION ESPAGNOLE ET ORGANISER UN REFERENDUM REGIONAL LEGAL ET CONTROLER ;

  2. Roger
    Roger20 octobre 2017

    Qu est ce que ça veut dire Catalan ? attachement linguistique ,,culturel,ethnique, danser la sardane ,boire au porron;OK ça existe mais idem pour les habitants implantés venus de tout le reste de l’Espagne depuis des générations immigrés de l’intérieur pour contribuer à sa richesse;
    Moi en France dans n’importe qu’elle région je suis chez moi,il est trop tard pour faire du régionalisme
    étroit dans un monde qui se globalise ;il faut composer avec les autres qui parlent la méme langue
    il faut partager et etre généreux dans la limite du possible matériel et culturel du voisinage historique ;
    c’est pour celà qu’il faut controler ses frontiéres à temps pour la Catalogne il est trop tard ! les Espagnols sont rentrés depuis des siécles il faut composer avec eux !

  3. MANUEL
    MANUEL21 octobre 2017

    Comparaison n’est pas raison; mais prenons exemple de France/ Algérie (Dépt Français en 1961)tout d’abord 1 référendum de toute la Nation (8 Janvier 61) pour changer le statut puis un autre (de la seule métropole)pour approuver où non « l’autodétermination « (8 Avril 62) puis enfin une consultation locale pour où contre l’Indépendance (1 Juillet 62) bien sur soumis à controverse en France mais ce fut le parcours suivi ! Traduisez le pour la Catalogne après changement indispensable de la constitution Espagnole (adoptée par tous après le Franquisme )pour permettre l’autodétermination d’une région !
    Vous n’en sortirez pas ;c’est le seul moyen pacifique et démocratique pour sortir de l’ornière et éviter
    une guerre civile éffective où rampante qui commencera à la frontiére du Perthus

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