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Énergies marines : le surf de l’impossible

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Énergies marines : le surf de l’impossible

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Les éoliennes ‘‘offshore” sont le naufrage du bon sens . Elles sont indispensables mais pas chez soi.

Ainsi, le parc d’éolien en mer qui était prévu au large de la Cֱôte d’Opale a-t-il été suspendu sur ordre du préfet des Hauts-de-France après décision de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, sous prétexte que « les conditions favorables ne sont pas réunies à ce stade ».

Par contre, les énergies vertes, les éoliennes ou les panneaux solaires ne suffisent pas aux ayatollahs écologistes du changement climatique. Ils s’imaginent  pouvoir surfer sur la vague et passer au bleu. Comment ? Grâce à des centrales électriques miniatures, de simples boules de plastique flottantes qui seraient chargées d’exploiter les mouvements incessants des vagues pour produire une électricité sans polluer.

Fumeuses hypothèses mais là encore projets scientifiques surréalistes financés à tour de bras. On saisit l’idée saugrenue : 5 % de l’électricité produite dans le monde est propre c’est-à-dire issue de sources renouvelables comme le vent ou le soleil. Or qu’avons-nous devant nous au Touquet comme à Mamoudzou : la mer, l’immense mer que chantait Trenet ? Or à la différence du vent et du soleil, la mer elle ne fait pas de pause ! Elle est en mouvement en permanence comme l’avait si bien remarqué Héraclite d’Ephèse pour en déduire sa philosophie du devenir et là où il y a du mouvement, il y a de l’énergie c’est-à-dire pour nos grands cerveaux de l’électricité ! Passons donc de l’énergie verte à l’énergie bleue et ramons, ramons ! Ainsi au large de Paimpol et de l’île de Bréhat, on est en train d’installer une hydrolienne qui turbine au courant marin et non au vent. La société qui fabrique ces hydroliennes prévoit d’en installer sept d’ici quelques années pour fournir une énergie colossale : 14 mégawatts en moyenne.

Mais allons plus loin  et surfons carrément sur les vagues. Cela fait des années que des ingénieurs cherchent  à dompter les vagues dont la ressource là encore en théorie serait inépuisable. Ils inventent ainsi toutes sortes de turbines, gros engins qu’on installerait à la surface des océans dans un des milieux les plus inamicaux du monde (demandez aux Polynésiens des Australes et des atolls du Pacifique qui faute de cargos disponibles ne sont plus ravitaillés depuis quelques mois !) avec ses tempêtes, la corrosion des métaux par l’eau de mer, les requins qui mangent les câbles.

Il y a déjà une usine de production d’électricité utilisant les vagues installée près du rivage à Mutriku au Pays Basque espagnol au Nord de l’Espagne : 200 Mwh en un an ! Il y a un autre projet danois en cours le Wave Dragon qui consisterait à construire des plateformes (bétonner le rivage encore !) en pente où viendraient déferler les vagues dont on récupérerait l’énergie. De fait, dans tous ces projets est apparu un gros bémol : pour qu’ils soient efficaces, il faut des vagues suffisamment grosses mais pas trop. Bref, l’énergie bleue est aussi intermittente car irrégulière sans compter que l’eau salée érode tout. Quiconque entretient un bateau sait bien ce qui lui en coûte en carénage régulier. Mais on a fabrique quand même des tourelles flottantes qu’il faut cesse réparer disséminées en haute mer jusqu’à et c’est la dernière trouvaille : la conception de nano-générateurs qui fournirait de l’énergie grâce à de la triboélectricité.

L’idée vient de Zhong Lin Wang, un chercheur de l’Institut de technologie de Géorgie aux États-Unis et son idée originale est tout simplement d’installer un grand filet en tissu à la surface des océans afin d’y récupérer cette fois de l’électricité par frottement des vagues ! Le filet est composé de boules en plastique de la taille d’une mandarine, une boule faite de nylon et de kapton qui en se frottant par l’effet des vagues produira donc de l’électricité bleue qu’on récupèrera par deux électrodes. Le système fonctionne : Zhong l’a démontré en laboratoire et il ne nécessiterait pas de pièces mécaniques et donc pas de maintenance. Sauf que chaque sphère ne produirait que 10 milliwatts chacune et qu’il faudrait de plus les relier forcément à une centrale électrique sur terre mais Zhong ne se dégonfle pas : il s’agira tout bonnement de recouvrir la totalité des océans d’un immense filet raccordé à des centrales installées tout au long des côtes par des millions de câbles.

Dans La maison électrique, un des courts-métrages de Buster Keaton, un ingénieur agronome est recruté par erreur pour électrifier la maison du doyen d’Université. Il crée gadgets sur gadgets plus loufoques les uns que les autres mais on est au cinéma muet assis pour rire. Ici c’est du sérieux, le sérieux écologique des énergies alternatives qui n’a même pas pensé avant à calmer la mer ou à faire passer les bateaux. Energie des courants de marée, énergie des vagues, énergie du vent. En fait, il y a bien une énergie bleue et c’est l’énergie bleue nucléaire de fusion.

Illustration : la Bretagne, futur leader mondial des énergies marines.

 

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