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Italie : la farce des autonomies vénitiennes et lombardes

Heraldique Lombardie Venetie

Italie : la farce des autonomies vénitiennes et lombardes

Gabrielle Adinolfi, correspondant italien de Métamag ♦

Contrairement à la Catalogne, le scrutin italien était autorisé par Rome et les résultats sont écrasants : la Vénétie et la Lombardie ont largement voté «oui» à davantage d’autonomie. 98% pour les premiers, 95% pour les seconds, selon des chiffres quasi-définitifs.
La participation est estimée à respectivement 57% et 40%. Il s’agit donc bien d’une nouvelle poussée régionaliste en Europe bien que les organisateurs du scrutin assurent rester pleinement dans le cadre de l’unité italienne. Gabrielle Adinolfi notre correspondant italien tient à nous préciser les choses . ML

Que nous montrent les référendums en Catalogne, en Vénétie et en Lombardie ?

Que le système État-nation des derniers siècles est en crise.

Que la Mondialisation opère deux mouvements égaux et opposés: l’un conduit à l’internationalisation de pouvoirs forts, l’autre au redéploiement des petits pouvoirs locaux.

Qu’il n’y a pas de réponse satisfaisante à tout cela qui ne repose pas sur une logique impériale.

Pourquoi une logique impériale? 

Parce qu’elle est la seule à avoir une vision transcendante qui permet de ressentir une profonde unité commune, et à posséder une structure en mosaïque qui exalte toutes ses carreaux sans les concurrencer entre eux.

Parce qu’elle est la seule à garantir une dimension continentale lui permettant d’avoir le pouvoir nécessaire pour sauvegarder et renforcer toutes les ethnies européennes.

Sans cela, ces référendums non reconnus montrent toutes les limites des réponses autonomistes et séparatistes qui sont basées sur une vague mémoire de l’identité ethnique qui est toutefois élargie à des masses d’immigrants pourvu qu’ils parlent, par exemple catalan, et dont le principal levier en réalité est celui d’une réforme fiscale avantageuse.

Si d’un coté nous assistons à la résistance des centralisateurs qui ne semblent pas se rendre compte de la réduction du pouvoir et de l’autorité de l’État-nation dans l’âge des satellites, il y a de l’autre côté des revendications seulement égoïstes, individualistes et atomisés.

Pour le moment, tout ceci n’est qu’une farce pathétique.

Illustration : Royaume de Lombardie-VénétieEcartelé : 1 et 4, de Milan-Visconti, pour la Lombardie; 2 et 3, de Venise, pour la Vénétie; sur-le-tout tiercé de pal de Habsbourg, d’Autriche et de Lorraine.
  1. Robert
    Robert26 octobre 2017

    Certains restent dubitatifs, d’autres plus critiques à ces revendications d’autonomies en saillies dans leur propre État-Nation. Ces entités en ont marre d’être sujet d’un système en déliquescence ou en faillite ; faut dire aussi que la perfide Albion a donné le ton avec sa posture du contraire. En refusant le rang commun des contraintes européennes, pour une liberté existentielle, la vieille lady a rejeté la mise sous tutelle allemande. Alors, quoi de plus normal que de revendiquer son territoire, sa culture et l’exercice d’une politique locale, libérée d’un centralisme dispendieux voir absurde dans les contraintes économiques et sociales qu’il fait appliquer sur le terrain. Et puis, quoi de plus sain que de voir fleurir ces convictions d’indépendance, face à un État-sujet qui, comme les trois singes, ne sait plus voir, plus entendre et plus dire avec raison ! Peut-on blâmer cet entre-soi indépendantiste alors que nous refusons de voir cette communauté d’argent de l’usure qui n’est pas une farce elle et qui mène par le bout du nez les états-nations européens. Alors indépendance ou pas ?

    • Jean Guiart
      Jean Guiart27 octobre 2017

      Curieusement, la mère Michel avait prévu tout ça

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