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Paris JO 2024 : l’essentiel c’est de participer ?

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Paris JO 2024 : l’essentiel c’est de participer ?

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

La délégation du comité de candidature Paris 2024 avec Anne Hidalgo (maire de Paris), Valérie Pécresse (Présidente de la région Ile de France) et Laura Flessel ( Ministre des Sports) s’était rendue à Lima au Pérou où le Comité international olympique (CIO) avait annoncé le 13 septembre sa décision quant à l’attribution, sans aucun suspense, des Jeux olympiques de 2024 pour la capitale française.

L’étape se veut avant tout symbolique puisque même l’ordre des Jeux pour 2024 ou 2028 n’était plus une surprise, Los Angeles ayant demandé du temps au Comité olympique. Au Swiss hotel de Lima, où Paris avait installé sa base, on ne fit donc que fêter une fausse victoire puisqu’acquise d’avance.  « On ne va pas bouder notre plaisir, c’est énorme de se dire qu’on va vivre des Jeux Olympiques à Paris», avait souligné la maire de Paris Anne Hidalgo.

Cette attribution liménienne était une drôle d’attribution puisqu’il n’y eut ni vote, ni suspense et même pas d’enveloppe à ouvrir pour découvrir le nom du vainqueur. Mais on le sait,  plus personne ne croit  aux farces électorales. Pouvait-on vraiment se vautrer dans l’ivresse olympique comme le fit  Valérie Pécresse, la Présidente de région qui rêve  d’être une candidate présidentielle ?

A vaincre sans péril on triomphe aussi sans gloire

Ne devrait-on pas réfléchir  aux défections successives de Rome, Boston, Hambourg, Budapest sans parler des Jeux d’Hiver 2022 avec l’abandon analogue de quatre candidatures, Oslo, Stockholm, Lviv et Cracovie. Ces nations là auraient-elles l’esprit moins sportif que Paris ou seraient-elles au contraire plus réalistes et plus prudentes dans le contexte d’incertitude économique actuel ?

En fait, toutes ces villes ont fait leur compte pour 2022 ou 2024 et ont vite compris qu’elles ne se relèveraient jamais de la facture des jeux et que pire, en les organisant, elles courraient à leur propre ruine. Partout où les Jeux ont été organisés, les budgets prévisionnels ont été systématiquement dépassés, voire multipliés par trois ou quatre. A Londres, en 2012, l’addition est montée de 4,8 milliards à 11 milliards d’euros et ceux d’hiver de Sotchi en Russie, en 2014 de 8,8 milliards à la somme record de 36 milliards d’euros ! Les JO avaient coûté plus de 32 milliards d’euros pour l’édition 2008 à Pékin. Même résultat à Montréal en 1976 où le budget prévu a été multiplié par huit et a endetté la ville pour les trente années suivantes; à Athènes en 2004, les Grecs payant encore aujourd’hui dans une crise sans précédent le solde de l’ardoise olympique . Jamais dans l’histoire de l’organisation des Jeux, les retombées économiques n’ont compensé un coût qui d’années en années a fini par atteindre des sommets.

Pourquoi Paris fera-il donc exception ?

Que ce soit la maire Anne Hidalgo ou les responsables du Comité de candidature français, on nous répète que la France aurait construit un projet modeste et que les grandes installations étant déjà là, Paris serait à l’abri de tout dérapage financier. On a donc promis de ne pas dépasser l’enveloppe prévisionnelle de 6,6 milliards d’euros.

Jo-2Ce serait du jamais vu sachant qu’en plus, la France a, en la matière, la dépense facile et dans les marchés publics des pratiques de dessous de table plus que douteuses. Personne  ne peut croire un instant au réalisme de tels chiffres connaissant en plus l’état déplorable des transports collectifs de la capitale et surtout la donne sécuritaire. Pour Anne Hidalgo, maire de Notre-Drame de Paris, organiser les Jeux dans la capitale 100 ans après ceux de 1924 va permettre  d’accélérer les mesures et le projet de la ville sur lequel elle aurait été élue, citant l’amélioration de l’accessibilité du métro pour les personnes à mobilité réduite ! Répondant à certaines critiques sur l’endettement de sa ville, l’élue souligne aussi sans rire que Paris « est une des villes les moins endettées. La gestion de la ville de Paris est saine. » (sic).

Pour Emmanuel Macron, il s’agit  d’un calcul électoral  pour doper une éventuelle réélection en 2022. « Les valeurs que représente l’Olympisme, ce sont nos valeurs. Elles sont menacées, remises en cause par beaucoup aujourd’hui . C’est le meilleur moment pour les défendre, ces valeurs d’ouverture, de tolérance, de justice, de respect de l’environnement » avait-il déclaré en juillet 2017.

Si l’on en croit une étude récente, le budget prévisionnel  de Paris 2024 pourrait être rapidement dépassé et tourner autour de 18 milliards d’euros de coût global. Le dépassement ici calculé est celui des coûts hors-infrastructures c’est-à-dire la sécurité, les aléas de construction inévitables, les incidents.  A Lima trois acteurs majeurs devaient être satisfaits. La ville de Paris comme organisatrice des Jeux de 2024, Los Angeles pour 2028, et enfin le CIO, qui espère surtout redorer son blason.

Mais à Lima, ce fut la grande fête pour la délégation française, la grande fête du sport, celle qui va faire bouger positivement les jeunes de banlieue pendant sept ans, les stimuler un temps par le spectacle des stades qui nourrira les publicitaires et autres annonceurs, qui écoulera les produits dérivés des marques.

JO Paris 2024 Le film technique de la candidature de Paris 2024

 

 

 

  1. michel
    michel26 octobre 2017

    Un premier scandale sur ces JO de Paris 2024 vient d’être révélé par le blog Mediapart. La délégation française qui s’était rendue à Lima était composée de 320 personnes (celle de Los Angeles était de 30 personnes) et il aurait donc fallu louer un Boeing ayant la capacité d’accueillir plus de 300 passagers. Une fois arrivés à Lima, ces 320 personnes ont toutes été logées dans des hôtels 5 étoiles, et c’est de leur chambre luxueuse qu’elles ont assisté à l’annonce du « choix » du comité olympique. Mais outre leurs notes de frais, on a aussi appris qu’au moment précis où Paris a cessé d’être ville candidate pour passer au statut de ville olympique, ces 320 personnes ont été licenciées de la Société pour la candidature pour pouvoir toucher de copieuses indemnités de licenciement. Elles ont ensuite été aussitôt réembauchées dans la nouvelle société « Paris ville Olympique ».Toute l’opération de Lima aurait couté au total 1, 5 millions d’euros. Quand on écrivait que les Français dans ce genre d’opérations sont réputés pour avoir la main généreuse, on ne se trompait pas.

  2. Robert
    Robert28 octobre 2017

    Les Jeux olympiques n’ont plus de sens. L’esprit olympien a été dévoyé par le dopage, par l’accaparement d’athlètes de pays pauvres comme le pratique l’Occident, par les lobbys commerciaux et surtout par la politique de pouvoirs dominants qui ostracisent la représentation sportive d’autres pays non alignés. Ce n’est plus une rencontre de l’autre, à armes égales sur le champ d’une épreuve, mais une communication à caractère commerciale et politique. Il suffit qu’un athlète brille d’un exploit, pour voir apparaître le profit politique et sa leçon universelle d’une hybridation salutaire. Tant pis pour le pays d’origine volé de sa victoire, l’essentiel c’est que le monde occidentale poursuive son œcuménisme politique de la division pour régner. Un monde à l’envers en faites qui détruit la raison et le questionnement pour une dictature à caractère satanique. Dans ce concept sociétal, on est même surpris de voir afficher encore les pavillons et les hymnes des États participants puisque tous les athlètes sont citoyens du monde … ! Alors pourquoi cette redondance de médailles ? – D’autant que le vainqueur de l’épreuve laissera toujours dans les esprits, le doute d’un dopage. A quoi bon alors dépenser une somme considérable d’argent public, sans en demander l’avis au Peuple receveur quand-même légitime d’adouber une telle dépense ? Enfin, selon-moi, il serait bon que les hymnes et drapeaux nationaux soient remplacés par le pavillon et l’hymne Olympien car dans cette histoire d’hommes c’est l’esprit olympien qui est le plus important et non cette redondance de médailles volées par tricheries.

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