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L’armée philippine entraînée par l’Australie et équipée par la Russie ?

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L’armée philippine entraînée par l’Australie et équipée par la Russie ?

Michel Lhomme, philosophe, politologue 

C’est l’Australie qui va entraîner l’armée philippine au combat asymétrique en milieu urbain alors que Manille a mis cinq mois à écraser un soulèvement djihadiste dans la ville méridionale de Marawi.

L’annonce en a été faite officiellement ce mardi. Canberra avait en réalité épaulé les Philippins dans cette bataille qui a officiellement pris fin lundi contre des combattants se réclamant du groupe État islamique, en déployant notamment deux avions de surveillance AP-3C et en participant à la collecte et l’analyse d’informations.

L’Australie a accumulé de l’expérience dans le combat contre le groupe EI en Syrie et en Irak. La ministre australienne de la Défense, Marise Payne, a jugé crucial que les Philippins aient le savoir faire pour éviter un retour des combattants islamistes. Elle a précisé que l’Australie enverrait immédiatement des équipes pour former les Philippins aux techniques de contre-terrorisme en milieu urbain. Rappelons que des centaines de djihadistes ayant prêté allégeance au groupe EI avaient pris le 23 mai le contrôle de secteurs entiers de Marawi, utilisant des civils comme boucliers humains. En cinq mois, 920 combattants djihadistes ont été tués, ainsi que 165 militaires et 47 civils, selon le gouvernement. Plus de 400.000 personnes ont fui la ville, dont certains quartiers ne sont plus qu’un champ de ruines après avoir été pilonnés quasi quotidiennement par des frappes aériennes. Le ministre philippin de la Défense Delfin Lorenzana, a annoncé lundi à la presse la fin des opérations, en marge d’une rencontre sur les questions régionales de sécurité à Clark, dans le nord des Philippines.

Par ailleurs, La Russie a annoncé mardi un accord pour vendre des armements aux Philippines, manifestant aussi par là la volonté du président Rodrigo Duterte de ne plus mettre ses œufs dans le même panier. Le président philippin s’est rapproché en effet ces dernières années de Vladimir Poutine dans un contexte de relations tumultueuses avec son allié traditionnel américain.

Cette semaine, un accord de coopération militaire et technique entre les deux pays a été signé à Clark, dans le nord des Philippines, dans le cadre d’une visite du ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou et la Russie n’a pas manqué de déclarer qu’elle considère Manille comme un partenaire important et prometteur dans l’Asie du Sud-est et dans la région de l’Asie-Pacifique en général. Il s’agissait d’ailleurs de la première visite d’un ministre russe de la Défense aux Philippines. Il s’agit pour l’instant de recevoir des lance-grenades russes RPG-7B pour acheter plus tard des hélicoptères, des véhicules blindés, des navires de patrouille et des sous-marins, selon une responsable du Service fédéral russe pour la coopération militaire et technique, citée par l’agence Interfax.

Pendant des dizaines d’années, ce sont les États-Unis qui ont joué le rôle de protecteur principal des Philippines, auxquelles ils sont liés par un traité de défense mutuel. Mais depuis son arrivée au pouvoir fin juin 2016, Rodrigo Duterte s’est employé à modifier radicalement la politique étrangère de son pays pour le tourner vers la Chine et la Russie au détriment de Washington, son allié traditionnel.

Fin septembre, M. Duterte avait cependant changé de ton vis-à-vis des Etats-Unis, en chantant des louanges pour l’aide qu’ils apportent à Manille dans la lutte contre les djihadistes, et avait promis une relation amicale avec Washington qui passe par exemple par l’Australie.

Duterte vient d’ailleurs d’annoncer de nouveaux exercices militaires conjoints avec les États-Unis.

Illustration : l’Australie  incitée à entrer en guerre.Le porte-avion USS Carl Vinson en Mer de Chine méridionale.

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