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Catalogne : quand la guerre civile se termine en bruits de casseroles

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Catalogne : quand la guerre civile se termine en bruits de casseroles

Michel Lhomme ♦
philosophe, politologue 

Le bal des dégonflés continue en Catalogne mais cette fois-ci, il risque d’y avoir quelques perdants.

Dans un discours menaçant prononcé  au Congrès , le premier ministre espagnol Mariano Rajoy (Parti populaire, PP) avait déclaré qu’après le discours surréaliste du premier ministre catalan Carles Puigdemont sur le référendum du 1er octobre, il se préparait à appliquer l’Article 155 de la constitution espagnole, celui-ci permettant à Madrid de suspendre l’autonomie catalane et de prendre directement le contrôle des finances et de son administration.

Mercredi, des officiers de l’armée avaient informé El País qu’ils se préparaient à aller plus loin c’est-à-dire à mettre en application l’article 156 (l’état de siège) et rentrer en Catalogne pour écraser toute opposition qui pourrait venir des sections des Mossos d’Esquadra, les 18.000 policiers régionaux catalans, ou de civils partisans du nationalisme catalan. Les catalans et la gauche mondialiste parlèrent alors de la planification d’une répression de masse digne des plus belles heures du franquisme !

Mercredi matin, c’était en tout cas au tour de Rajoy de faire une brève déclaration d’une minute à peine pour exiger que Puigdemont clarifie s’il avait finalement dit oui ou non et vraiment déclaré l’indépendance de la Catalogne. Dans une lettre envoyée à Barcelone, Rajoy affirmait qu’il exigeait cette clarification afin de préparer la mise en application de l’Article 155. Le secrétaire général du PSOE, Pedro Sánchez soutient en toute hypocrisie les positions de Rajoy et on envisage donc en Espagne la formation d’un gouvernement d’union sacrée (PP-PSOE) pour une ré-écriture  de la constitution espagnole dans le sens de ce qu’il faut bien appeler une aberration pour la Catalogne à savoir et ce sont les propres termes de Rajoy une identité catalane « métissée », un nouvel ovni politique.

De son côté, le gouvernement catalan est pris entre le marteau et l’enclume puisque la CUP (extrême gauche indépendantiste) a menacé l’Espagne de « quelque chose de terrible » si l’indépendance de la Catalogne n’est pas proclamée. La porte-parole du parti anti-système Nuria Gibert a déclaré en conférence de presse après une réunion de son Bureau Politique : « nous considérons comme impossible le dialogue et exigeons une réponse ferme et claire de Puigdemont à Rajoy fidèle aux résultats du référendum du 1er octobre : la proclamation de l’Indépendance de la Catalogne ».

Elle se dit en effet convaincue que les Catalans se mobiliseront pour défendre le nouvel État alors que la Ministre de la Défense espagnole, María Dolores de Cospedal, a donné l’ordre à l’armée espagnole d’être prête à intervenir. Ceci étant 65.000 personnes avaient encore défilé jeudi à Barcelone en faveur non pas de l’indépendance mais de l’unité du pays et ce, lors de la fête nationale espagnole.

Les indépendantistes dans leur extrémisme n’auraient-ils pas dès lors déjà perdu la légitimité populaire tandis qu’un blocus économique commence à affecter sérieusement les échanges économiques de la région ? Certes les séparatistes disent l’avoir remporté avec 90% des voix le 1er octobre mais n’étant pas autorisé, le référendum n’a compté qu’une participation de 43%. Les finances de la Catalogne sont déjà sous la tutelle de Madrid depuis la semaine dernière et de nombreuses entreprises, inquiètes de l’insécurité juridique, ont déménagé leurs sièges sociaux hors de la région.

Et puis finalement, ils l’ont fait lundi 16 octobre à savoir incarcérer les deux Jordi comme on les appelle  : Jordu Cuixart et Jordi Sanchez, les dirigeants de Omnium Cultural et de l’ANC, les deux principaux chefs ultras de la rébellion catalane sauf que le gouvernement espagnol n’a pas encore osé arrêter Puigdemont, le vrai responsable comme Junqueras et Forcadell qui sont pourtant les principaux artisans de la sécession. Dans ce jeu de la poule mouillée, on commençait encore à ne s’en prendre qu’aux subalternes, aux petits adjudants, grande tradition espagnole.

Les idéalistes auraient sans doute cru que l’arrestation des “Jordi” allait entraîner l’émeute dans Barcelone la rouge mais il n’y eut que quelques bruits de casseroles. C’est vraiment bien peu pour pouvoir rêver ce soir d’une Guerre Civile en Espagne !

  1. RAMON
    RAMON2 novembre 2017

    Il y a trop longtemps que la Catalogne est imbriquée dans l’Espagne culturellement et génétiquement pour que sa population constitue « un peuple autonome »on entend trop de flamenco et on mange trop de paella passé la frontière de la Junquera ;la danse et musique sardane ne font pas recette à part relent folklorique dans des récitals nostalgiques et encore moins que les bagads du festival de Lorient la guitare andalouse depuis longtemps à supplanté le flutiaux des bergers pyrénéens le catalan langue maintenu artificiellement par une école partisane ne dépasse pas les limites internationales de Perpignan et les enfants de la bourgeoisie catalane étudient dans des écoles privées en Castillan pour les études supérieures !
    L’hispanité assoupie , évidente et incrédule à la chimère vient d’etre réveillée et ne rendormira
    pas de si tot “Catalan un orgullo Espanol un honor “clamaient les milliers manifestants Catalans anti indépendantistes à Barcelone l’autre jour !

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