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Suffisante Catalogne pleine d’insuffisances . Jusqu’où ira le bluff catalan ?

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Suffisante Catalogne pleine d’insuffisances . Jusqu’où ira le bluff catalan ?

Gustin Sintaud ♦

Aujourd’hui, l’extravagante fuite très léninienne  de Carles Puigdemont, accompagné de certains de ses ministres, ne serait-elle pas d’une intelligence rouée ? Le chef suprême de l’irréelle république catalane, pseudo-libérée de la tutelle de l’État Espagnol, a-t-il, par cette dérobade, stoppé le rêve séparatiste catalan, ou plutôt jusqu’à quand ?

Pour éviter une poursuite judiciaire pour sédition et rébellion à son encontre et échapper, de sa retraite belge, à un légal procès pour ses délictueux agissements, le madré meneur de toute cette agitation, préfère se soustraire à ses responsabilités : pas fou le stratège à l’aspect minable d’un petit bureaucrate sans relief !

catalogna-carte_reconquiCertes, il n’a rien du tribun persuasif, ni d’un charismatique meneur d’hommes, mais ne nous trompons pas, le rusé est un fieffé manipulateur ! De sa quiète retraite, ce fade personnage poursuit méthodiquement son combat occulte et cherche à peaufiner une stature de révolutionnaire vertueux, quand il affirme n’agir ainsi qu’en toute bonne foi pour vouloir absolument éviter d’éventuelles suites violentes au processus qu’il a généré et amené, jusqu’ici sans grand risque, à ce point de grave rupture.

On pourrait le lui reprocher, si ce n’était qu’astucieux prétexte, de l’énoncer trop tardivement, après n’avoir cessé de jeter de l’huile sur le brasier qu’il a consciencieusement allumé et minutieusement attisé. Comment s’est-il drapé dans un accoutrement de pure et noble démocrate ! Fort de ce trouble bon droit, il va même jusqu’à affirmer perfidement son accord pour les élections proposées pour le 21 Décembre 2017 par l’exécutif madrilène dont il promet même d’admettre la sentence populaire ; mais, par ailleurs, il continue de se retrancher derrière l’incontournable résultat très contestable du référendum du 1er octobre qu’il avait organisé fort litigieusement de son propre chef. De là- bas, bien tranquille le drôle , il sera toujours prêt à parler et agir, soit pour en profiter si cela le conforte, soit pour en contester la validité : à l’abri, il se tient en vaillante réserve.

Mais pour bien percevoir l’esprit de cet agenceur tortueux, il suffit, pour ne point se laisser trop abuser par son doux machiavélisme, d’ausculter les tenants du système qu’il a patiemment suggéré et dont il use, depuis le début, pour pouvoir animer le problème catalan si déstabilisant.

On s’est efforcé, sous sa baguette de chef d’orchestre, de créer un fausse réalité car totalement dépourvue de solides fondations ; pour compenser cette légèreté remarquable, il faut mentir effrontément, tricher sans le moindre soupçon de probité : la catalogne chérie par une bande de militants peut scrupuleux, comment aurait-elle sa vérité encensée ? Sur quoi s’est -on appuyé pour la stipuler ? Qu’en est-il vraiment de cette histoire revendiquée, de ce peuple catalan ayant la prétention au droit de disposer de lui-même, et de cette nation si mise en avant ? Que savoir aussi sur cette langue catalane comme exclusive et suffisante spécificité ?

Les derniers bonshommes cathares, pourchassés dans le royaume de France, avaient le réflexe de se réfugier au-delà des Pyrénées. Ils y trouvaient accueil sympathique, amitiés protectrices auprès d’une population « cousine » par sa façon de vivre, de semblable mentalité, et surtout dont-ils partageaient totalement le moyen oral de communication usuelle, le même dialecte de langue d’oc.

Ce langage commun était un dérivé de la koïné d’oc du XIIIe siècle ; il s’utilisait quasi uniformément depuis le territoire qui devint l’espace catalan français par le traité des Pyrénées de 1659, et surtout le nord-est de la péninsule ibérique jusqu’à Elche, comme l’atteste toujours le dialecte patoisant valencien.

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Fin de la reconquista par la prise de Grenade en 1492. Le dernier bastion musulman d’Andalousie tombe aux mains des Espagnols. Malgré cette victoire, la lutte et la guerre continueront entre chrétiens et musulmans à l’intérieur même du royaume d’Espagne

Le parlé courant aujourd’hui, plus en Catalogne espagnole que Française, est toujours assez proche de ce dialecte d’oc médiéval, même s’il s’est quelque peu distancé de l’actuel occitan moyen, comme l’a toujours affirmé feu le Professeur Robert Laffon grand spécialiste de la langue occitane, animateur charismatique de l’IEO (Institut d’Etudes Occitanes), et expert reconnu de tous le dialectes et patois d’oc. Ce langage sert toujours, plus ou moins harmonieusement, dans les échanges quotidiens, avec le Français en Pyrénées orientales et Cerdagne en territoire Français, et avec le Castillan en catalogne hispanique et un peu plus au sud.
L’usage de ce moyen de communication vernaculaire semble l’argument le moins contestable pour être brandi comme l’élément le plus manifeste d’une unité catalane. Est-il suffisant pour donner tout son sens et sa crédibilité à une nation à par entière ? Depuis quand la réalité linguistique serait-elle seule déterminante pour signifier une nation ? Bien d’autres paramètres, qui doivent lui être associés, semblent tout aussi indispensables : une probante spécifique culture doit tout autant se partager, comme il faut qu’une histoire reconnue comme constituante puisse animer la juste volonté nationale d’une population.

Cette Catalogne qui exige bruyamment et véhémentement son indépendance pour s’extraire de l’Espagne et en divorcer constitutionnellement , ne veut plus se contenter de la large autonomie qu’elle acquit en 1979, comme la lui avait consenti la constitution Espagnole d’après Franquisme de 1978. Celle-ci lui abandonnait toute latitude pour décider et gérer son éducation, sa santé publique, son économie, une large part de son administration, jusqu’à lui permettre une police régionale propre.
La Catalogne de Puigdemont affirme donc son idée de nation catalane, accomplie pour prétendre à l’indépendance pleine et entière, en commençant par se référer à la constitution de l’Espagne, en ce qu’elle précise que l’État espagnol intègre la « nation catalane ». Que dire de cette argutie qui utilise abusivement à son avantage un terme utile lors de la rédaction d’un ensemble, alors qu’elle ne veut rien reconnaître du tout dont elle le tire ?

Cette discutable prétention de pseudo-nation par ses instigateurs n’en n’est pas à un paradoxe près : leur Catalogne séparatiste, indépendantiste ne se proclame et ne se reconnaît que selon des dispositions espagnoles. Ainsi se satisfait-elle pour son territoire propre des quatre seules provinces administratives que l’État espagnol lui a concédées : celles de Barcelone, de Gérone, de Lérida, et Tarragone …., exit tout ou partie du Levant, malgré toute son ancienneté catalane et son parlé valencien …

De même, comme il ne suffit pas de clamer l’existence d’une histoire catalane efficiente pour lui accorder une plus notable ancienne réalité que sa récente historicité référentielle ; et le délégué pour la catalogne en France a beau assurer les « dix siècles de l’histoire de la catalogne » sur LCI, le 19.10.2017, il ne fait qu’agiter une contre vérité comme assertion non contestable.
Après avoir fait partie de la province ibérique de l’Empire romain, sans statut particulier, elle servit de marche francque jusqu’au IXe siècle, toujours sans notable particularité. Son territoire actuel fut ensuite conquis et occupé par les Wisigoths, puis elle devint dépendante, comme presque toute la superficie de la péninsule ibérique, des envahisseurs arabo-maures, servant alors surtout de base arrière pour raids et razzias de ces Mahométans sur le sud de l’ex Galo-romania.

Ce n’est qu’en 1137, après le début de la Reconquista qu’elle fut annexée au royaume d’Aragon où elle se fondit, alors qu’une part faisait partie de celui de Majorque de 1276 à 1344. Le traité de Pyrénées de 1659 amputa la zone de parlé catalan de son espace transpyrénéen que le roi d’Espagne céda au royaume de France.

Comme tous les corridors géographiques pratiques pour passages, souvent axes faciles pour invasions successives, la catalogne n’exista jamais réellement comme ensemble politique ni entité spécifique ; elle ne fut qu’un territoire peu précisément défini, diversement occupé et gouverné, rarement unitairement.

Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que la partie ibérique catalane, après un remarquable essor économique, aurait pris conscience de sa nouvelle dimension. Elle put entrevoir de réelles intéressantes possibilités qui, associées à de réelles caractéristiques linguistiques et ethniques, ont certainement engendré des balbutiements de prétentions d’autonomie et d’aspirations à plus de liberté. Celles-ci se seraient déjà manifestées durant l’intrusion armée française de Louis XIV en « 1756 ».

Dès lors, étape par étape, la velléité de se prendre librement en charge se développa systématiquement, tout d’abord en privilégiant le catalan comme aspect linguistique déterminant, c’était sa revendication première. Toutes ses manigances impérieuses parvinrent à l’obtenir comme langue officielle en 1967 ; elle avait été revendiquée fortement mais vainement, tant auprès de la république du Frente popular, alors que catalogne et Barcelone se révélaient des centres actifs républicano-anarchistes, que sous la moins condescendante autarcie franquiste si vilipendée : ces deux types totalement différents de gouvernances tout autant unionistes espagnoles, avaient pressenti avec détestation, sous ces futiles revendications, une toute autre détermination de sécession, bien plus profonde, viscéralement destabilisatrice.

 

catalogne - langues

Par- delà tous ces subterfuges pour obtenir tout en excitant et gagnant une population en mal de reconnaissance, et particulièrement inquiétée par les secousses espagnoles d’un crise économique et financière mondiale sauvage, les instigateurs veulent exacerber les revendications primaires en argumentant avec insistance sur la réussite économique et financière exceptionnelle de leur Catalogne, utilisée abusivement par une Espagne centraliste plus nécessiteuse. Ce type de propos incendiaires en un si morose climat général qui ne connaît que balbutiante et très incertaine reprise de sortie de crise, ne permet guère de rêver autrement qu’à travers la bien facile émancipation proposée. Pour cette population habilement aiguillonnée de la sorte, il ne peut plus être question de nationalisme espagnol, et moins encore d’une nécessaire solidarité.

Il est vrai qu’avec son agriculture variée de belle performance, une industrie moderne efficace, une croissance économique appréciable, à plus de trois points, une infrastructure auto-routière, routière, et ferroviaire bien modernisée, des ports de pointe, un niveau de vie moyen à l’égal de ceux des nations européennes les plus dynamiques, bien supérieur à celui de tout le reste de l’Espagne, la population de Catalogne, ne retient rien d’autre que ces atouts, si bien qu’ainsi obnubilée, elle ne peut ni percevoir ni comprendre tous les avantages et bénéfices que sa Catalogne, intégrée à l’Espagne, et grâce à celle-ci, à l’Union européenne, tire de son actuelle situation.

Que l’on se défie, avec raison des États-nations pour un avenir plus performant de l’Europe politique, que l’on ait aussi bon droit de rêver d’une Europe fédérale des régions comme plus vraie, plus juste et plus forte des réalités populaires qui la composeraient, dans tous les cas, ces options s’attachent à une commune démarche identitaire ; cela ne se constate pas du tout dans l’agitation catalane actuelle, sinon peu franchement, ou bien fourbement.

Dans son très utilitaire attachement au respect démocratiste à la mode de la bien pensance, surtout pour faire apprécier le score en faveur de l’indépendance comme seul acceptable objectif, l’ayant droit à un bulletin de vote dans l’urne référendaire s’est défini en personne majeure oeuvrant en sol catalan. Ce qui signifie que les penseurs de la future république catalane n’ont cure de véritable identité toute catalane, puisque leur citoyen de plein droit futur serait quelles que soient ses origines nationales ou ethniques, quelle que puisse être sa langue parlée, sa suffisante connaissance du catalan, son ancienneté participative dans le champ culturel purement catalan… C’est exactement conforme à la nouvelle tendance moralisatrice de juger politiquement incorrect concevoir quelque vérité fondatrice à la notion d’identité populaire stricte ; il faut assurément lui préférer un virtualité de faits sans rappel de racine ou âme particulière !

Catalogne

Carles Puigdemont

Dans ce cas catalan, on se prévaut d’identitarisme revendicatif seulement pour donner force à une contestation courbe, alors qu’on se moque profondément de sa propre identité. Alors suffira-t-il de préférer le symbole de l’âne catalan, à afficher ostensiblement, à celui du torro bravo espagnol, pour être reconnu comme pur Catalan séparatiste, que l’on soit tout autre, même noir ou marron… (on avait déjà, par autoritaire décision de l’exécutif et du législatif catalans, pour se couper résolument du culturel hautement espagnol, interdit la corrida dans toutes les places de tous le villages et de toutes les villes catalanes, et ainsi sanctionné comme ignoble collaborateur le séculaire et vivant aficion catalan!) . Dans cette très spécieuse dynamique, il est gentiment envisageable d’imaginer une perceptive républicaine où pourraient être proscrits flamenco et sévillanes pour n’être tolérées que sardanes !

Regretté Salvador Dali, marquis Grand d’Espagne, tout aussi illustre et fier catalan, peintre génial célébrateur tant de l’Espagne que de votre Catalogne natale, vous qui gisez sous votre dalle mortuaire de votre musée voulu par vous à Figueres, tout proche de votre chère résidence de Purto Llegat sur le cabo Creus, vous devez vous insurger dans votre fosse, en constatant tout ce remue-ménage , et ces grotesques manifestations d’un pseudo-peuple catalan indépendantiste, agitations absurdes , dangereuses revendications, telles celles du CUP. ce petit parti ultra d’extrème gauche. Il est à penser que votre collègue illustre peintre, Pablo Picasso, lui le contestataire espagnol intransigeant, ne comprendrait rien non plus à cette démarche insensée de sécession. En définitive, ne doit-on retenir, qu’à partir d’une indéniable originalité catalane dans le royaume espagnol, l’idée de l’existence d’un peuple catalan homogène, absolument déterminé à promouvoir l’idéologie minoritaire de politiques rouées et de groupes de pression intéressés et cupides, est fallacieuse !

Mais quand bien même tous les vrais Catalans soutiendraient le retors Puigdemont et sa clique hétéroclite mais décidée à gérer une Catalogne indépendante et républicaine, et auraient voté en faveur de son indépendance, la seule volonté populaire n’a jamais attesté seule d’une nation, sauf dans l’inepte conception du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », qui brilla pour accompagner les décolonisations ! Ici n’ont plus, point de génération spontanée acceptable, n’en déplaise au grand prestidigitateur et vrai apprenti sorcier, Carles Puigdemeont, comme à ses intraitables collaborateurs, entre autres les deux Jordi : Sanchez et Cuixart, qui ont précédé en prison espagnole, le vice- président du gouvernement de la Généralitat de Catalogne et tous ses ministres restés en Espagne, à l’inverse du fourbe enfui à l’étranger, qui préfère, à l’ombre carcérale, la lumière médiatique dont-il sait utiliser toutes les possibilités.

Puigdemont sait parfaitement qu’encore ni l’Espagne ni l’Europe ne peuvent le suivre, avec le plus petit soupçon d’intérêt ou de complaisance. Sa tentative de démolition programmée déstabilise un trop fragile équilibre devenu quasi-naturel et vital ; tout autant le succès de sa démarche bousculerait un quiétude difficilement acquise entre véritables et stables Etats-Nations d’Europe, pacification bien déréglée déjà par les régionalismes libérés dans les Balkans lors de l’implosion de l’ex-Yougoslavie, et sapée particulièrement avec l’insensée reconnaissance du Kosovo.

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Une Espagne unie

Aucune identité régionale même bien réelle, forte, pleine ne supporte agréablement le carcan d’un État-nation trop centralisateur, mais Basques de part et d’autre de la frontière franco-espagnole, Corses, Bretons même les plus bretonnants, Ecossais, Flamands de Belgique, Lombards et Vénitians de la ligue du nord en Italie…. ne peuvent s’extraire de l’actuel système politique européen, peu confortable pour eux et bien d’autres, fort critiquable somme toute, sans ébranler dangereusement l’ensemble. Presque toute l’Europe l’a clairement signifié en soutenant l’intraitable réaction de Mariano Rajoy qui venait de recevoir en outre l ‘approbation de ses opposants : P.S.O.E. , Podémos, Ciudadamos.

En jouant avec le feu, Puigdemont a bien déstabilisé l’économie catalane, si flambante il y a peu ; elle commence même à vaciller sérieusement avec le risque de sortie du confort d’avant l’idée d’indépendance et de sécession. S’il espère encore, malgré cet avertissement, arriver à ses fins tortueuses ce sera la preuve du nihilisme à peine et mal dissimulé de la folle programmation de son passage en force, énorme coup de bluff comme au poker menteur avec peuple, histoire et nation catalans totalement préfabriqués et ne servant qu’à dissimuler autres objectifs et prétentions moins avouables.
Même si l’on peut croire, avec le politologue Fernendo Vallespin que : « Puigdemont joue plus à capter l’attention médiatique qu’à échapper à la justice », on le suivra encore plus quant il écrit : « c’est une guerre médiatique, le récit de la Généralitat à été d’essayer de présenter l’État espagnol comme un état oppresseur. », afin de tout circonscrire de l’honnêteté des partisans de l’indépendance catalane à tout prix.

« L’ingénuité » de Puigdemont, selon l’ex-ministre des entreprises du gouvernement catalan, Santi Villa cacherait-elle un manque « d’intelligence politique » de ce prince de luminosité tamisée . En cela, il est permis d’en douter !

Illustration : Batalla del Puig por Marzal de Sas (1410-20).

 

 

  1. Benoit
    Benoit9 novembre 2017

    Que d’inepties et d’aberrations dans ce texte !
    Il n’y a rien de pire que de transformer l’histoire pour appuyer ces idées.
    Et puis quel dommage d’écrire un texte avec un si beau langage pour balancer en plein milieu que les wisigoths ont chassés les francs ! on croirait rêver…

    Commençons par le commencement.
    Dans l’antiquité, la Catalogne actuelle est peuplée par les ibères. A la difference du reste de la péninsule ibérique peuplée par des celtibères et de “l’occitanie” peuplée par des aquitains. La frontière entre Ibères et aquitains se trouvent d’ailleurs dans les Corbières ! qui délimitent le Languedoc de la Catalogne.

    Ensuite effectivement, viendront les romains, puis les wisigoths. Catalogne signifiant d’ailleurs “Terre des Goths”. La Catalogne était effectivement un foyer de peuplement wisigothique, on y trouve coté français comme coté espagnol, de nombreuses tombes wisigothes, mais également une architecture Roman-Wisigothique unique en Europe. La langue catalane, tout comme l’occitan (et non ce n’est pas la meme langue) se développera avec le latin vulgaire du IIème siècle puis avec les restes d’ibères (aquitains pour l’occitan) et l’apport wisigoth.

    Quant à la théorie comme quoi le catalan est une langue d’oc, c’est une théorie créée par de petits occitanistes qui jalousent l’identité voisine catalane. Il y’a effectivement des similitudes de part la proximité et le latin apporté par les romains, mais cela s’arrête là. Non seulement on ne dit pas “Oc” pour dire “oui” en catalan, mais “Si” mais prenons par exemple un simple “merci beaucoup” qui nous donneras un “Merce Pla” en occitan et un “Moltes Gracies” en catalan.

    Continuons avec l’histoire, laquelle vous avez apparemment simplement survolez avec l’aide de cartes googles.

    La Catalogne, alors wisigothique deviendra franque et deviendra la marche d’Espagne. Certe. Seulement, voila que Charlemagne, pour remercier les comtes locaux de leur lutte contre les maures, donnera l’indépendance au comté du Roussillon ! oui l’indépendance à ce tout petit territoire ! (et également à l’Andorre, pays de langue catalane).

    Le comte du Roussillon, deviendra ensuite Comte de Barcelone, puis Roi d’Aragon (et non l’inverse!) on parlera de Couronne Catalano-aragonnaise. La langue du royaume est le catalan, ses usages sont catalans, et sa vie est catalane. On y trouvera d’ailleurs une des premières constitutions du monde européen (au XIIIème siècle) écrite forcément, en langue catalane, et surtout, des nobles et des ecclésiastiques soucieux de progrès sociaux, dès le moyen age, afin de distribuer le plus possible la paix et le pouvoir au peuple.
    Il y’a des éléctions, une assemblée qui se tient régulièrement dans les différentes villes du royaume (Perpignan, Barcelone, Gérone, etc…). On y voit aussi l’apparition de la paix du pape, proclamée à Toulouges (qui s’étendra à toute l’Europe), qui proscrit la guerre plusieurs jours de la semaine, afin d’en finir avec la destruction des récoltes et des famines, et également l’accés à la propriété privé pour les paysans. Oui les paysans catalans cultivaient leurs terres, et non celles de leur seigneur.

    Les rois catalans continueront de s’étendre ensuite vers Valence. Ou on parle aujourd’hui catalan (valencien) non pas à cause des romains, mais parce que la couronne catalane envoie des catalans pour peupler cette terre habitée par les maures depuis des siècles. Ensuite les Baléares, la Sardaigne, la Sicile, Naples, et ils vont jusqu’a Athènes ou ils fondent le duché de Néopatrie.
    Ensuite, la couronne catalane se développe dans toute la méditerranée, on y compte plus de comptoirs catalans que ceux que les anglais avaient dans le monde entier durant leur grande époque. La mer méditerranée est meme surnommée “le Lac Catalan” à cette époque.

    Ce sera comme celà durant de nombreux siècles.

    Il y’aura également la parenthèse du royaume de Mallorca, qui n’est pas une “création artificielle catalane” comme certains veulent le faire croire, mais simplement l’apparition d’un royaume due au partage salique, encore en vigueur dans la noblesse et hérité des lois francs-saliennes. Les fils se partagent donc les possessions du Roi d’Aragon, mais finiront par se réunir à nouveau, non sans mal.

    Après le mariage avec la Castille (on ne parle pas d’Espagne mais des Espagnes) les lois catalanes resteront en vigueur. Mais la jalousie des castillans comencent à se faire sentir. On interdit l’arrivée de bateaux des amériques dans les ports catalans, on distribue les licenses commerciales aux génois et non aux catalans (alors que les catalans font théoriquement partie de l’Espagne!) et ont montent les bourgeois catalans contre le peuple et la noblesse catalane. Petit à petit, la Castille fera son trou, jusqu’a l’explosion de 1640, où la guerre éclate entre espagnols et catalans puis français. Les espagnols raseront le principat (la catalogne espagnole) et les napolitains et français s’occuperont du Roussillon.

    Nous voila ensuite en 1659, date du partage fatidique, contraire aux lois catalanes (dans les constitutions catalanes, les comtés étaient indivisibles du Principat)
    Malgré tout, ce traité (que la république française se permet de ne plus respecter alors qu’il donne le Roussillon à la France…) se verra doté d’un article qui garanti la libre circulation des catalans entre le nord et sud, la liberté de commercer (pas de taxes entre les pyrénnées) et également la préservation des lois catalanes, tant coté français qu’espagnol.

    En effet, à Perpignan, les lois catalanes (et sa démocratie) seront en vigueur jusqu’a l’arrivée de la très dictatoriale république françaises, s’octroie le droit de ne plus respecter le traité des pyrénées (mais garde quand meme le Roussillon évidemment !) et ferme donc la frontière, interdit le catalan, et met fin aux lois et au parlement catalan en vigueur. Avant 1790 à Perpignan, les femmes votaient pour élire les dirigeants !!! La république met fin à tout ça…. D’ailleurs la Guerre du Roussillon eclatera peu après, et on comprend pourquoi les catalans “français” aideront en grande pompe les armées espagnoles.

    Coté espagnol, il faut attendre seulement 1714 et la chute de Barcelone, prise par les bourbons pour voir la fin des lois catalanes. C’est cette date là qui marque réellement le début de la lutte entre Barcelone et Madrid. Depuis celà n’a jamais cessé, un bon castillan doit taper sur un catalan, et cette règle est régulièrement remise au gout du jour.

    Il en va de soit que les catalans, tant coté français qu’espagnol, ont une culture bien à eux. Sardane, Castellers et j’en passe. Il suffit d’aller y faire un tour pour s’en rendre compte.

    Pour en finir avec tout ça, il faudrait préciser dans votre articles, que la parti populaire, actuellement au pouvoir en Espagne, a été élu grace à son programme anti catalan ! ce qui est une honte dans un “pays européen”. En effet, le PP a été élu en promettant d’annuler l’autonomie élargie de la Catalogne, et de retirer le statut de “nation” que l’Espagne ET la France avait reconnu en 2006.
    Dans ces conditions, la Catalogne est vouée à reprendre son indépendance, qu’elle attend depuis toujours, et qui est loin d’être un désir artificielle comme l’on veut le faire croire.

    Le divorce est acté, il ne manque plus qu’a le consommer.

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