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France : touche pas mon joint

Addictions

France : touche pas mon joint

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue

En dépit des avertissements émis par les médecins ou les enseignants, l’usage des drogues illicites continuent de se généraliser en France et ce, pour les plus jeunes

De nombreux adolescents fument aujourd’hui  leur joint. Qu’un jeune ne « fume » pas à l’école est presque devenu une surprise. Or, personne n’en parle sauf. En fait, l’abus des stupéfiants est aujourd’hui hors de contrôle et des jeunes passent aussi le plus aisément possible du joint au chimique. Ce sujet est le grand tabou de la société française : aucun politicien, éducateur ou autorité médicale ne le met franchement sur la table.

On sait que les Français sont aujourd’hui stressés et consomment à l’américaine une énorme quantité de pilules. C’est donc depuis quelques années une attitude culturelle entière, une culture addictive qui s’est formée envers les médicaments et les psychotropes, être stone étant le moyen aujourd’hui d’« aller » bien au travail, de supporter à peu près en manifestant une empathie lascive pour la réalité multiculturelle et la décadence.

On assiste donc à la désensibilisation complète sur la question des addictions et la normalisation des comportements de fumeurs de marijuana au point qu’il n’est pas rare de sentir couramment certaines odeurs sur les trottoirs aux abords des établissements scolaires ou sur les marchés, comme si finalement la drogue n’était qu’un commerce après tout normal.

Mais regardons un peu nos voisins. Actuellement, les États-Unis sont au milieu de ce qu’ils ont appelé la « guerre contre la drogue ». Cela s’est passé dans un premier temps par la mise en œuvre des politiques de tolérance zéro pour les infractions relatives aux drogues puis la barrière a sauté et de nombreux états ont dépénalisé aujourd’hui la marijuana. Le résultat est pourtant probant avec aujourd’hui une reprise spectaculaire de la consommation d’héroïne dans la classe moyenne américaine, en gros chez les jeunes blancs.

En France, on n’enferme plus pour une barre de shit puisqu’on les consomme en prison. Le problème est lui aussi soigneusement écarté et occulté des discussions mais on sait que les prisons françaises ne propagent pas seulement l’islamisme, elles propagent aussi une culture de la drogue aujourd’hui en plein essor en France. Fumer un joint et même sniffer de la coke est devenu monnaie courante dans nos prisons. La généralisation des addictions – et le fanatisme religieux, musulman et évangélique, est aussi une forme d’addiction – se répand ainsi de tous les côtés de la société et à moins que des changements fondamentaux n’interviennent au niveau sociétal – et on ne voit pas comment à moins d’un recours à une révolution conservatrice – l’épidémie  est susceptible d’empirer.

La situation américaine nous interpelle

Les États-Unis font  face actuellement à une véritable épidémie de consommation de stupéfiants. En 2015, 52 000 personnes y sont mortes d’overdose et en 2016, le chiffre a dépassé les 60 000 soit, des chiffres largement supérieurs à ceux des accidentés de la route ou liés à l’usage des armes à feu. C’est essentiellement la consommation d’opiacés par pilules, héroïne ou des substituts comme le crack ou la chimique qui sont en cause.

De fait, la crise aux États-Unis est si grave que le Président américain Donald Trump est intervenu sur la question le 26 octobre dans un discours tenu avec son épouse Mélanie. Il y déclaré que le sujet de la drogue était aux Etats-Unis comme « une urgence de santé publique » . Il faut savoir que la consommation de drogue frappe surtout aux Etats-Unis les taux de mortalité des Américains blancs, d’âge moyen et des classes moyennes et non pas les minorités ethniques où cette consommation est en baisse en raison du travail éducatif et moral entrepris par les communautés religieuses, adventistes et évangélistes dans ces milieux.

 

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