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La cassure de la dynamique européenne

La Violence Et Le Sacré Inquisition

La cassure de la dynamique européenne

Bernard Plouvier ♦
Auteur, essayiste

la-violence-et-le-sacréDans son best-seller “La violence et le sacré”, René Girard assomme son lecteur d’entrée de jeu par une phrase : « Vivre en société, c’est échapper à la violence ». On comprend que le  philosophe ait voulu signifier que la vie organisée en cités ait eu pour but de lutter contre le déchaînement des éléments et la voracité des prédateurs.

Cette protection, qui ne peut jamais être complète, offre l’immense désavantage, si l’organisation administrative (l’État) est faible ou partiale, d’exposer les membres de la société aux furieux partisans d’un dogme. Qu’il soit de nature religieuse ou politique ne fait rien à l’affaire : tous deux sont de même essence, puisque pontifes et militants veulent faire le bien de l’humanité souffrante, les uns dans un mythique paradis, les autres sur Terre, ce qui est un programme  jamais atteint.

L’étude de l’histoire permet d’affirmer que, dès qu’ils sont en position de dominance, ces esthètes de la rédemption sociale commencent toujours par faire de la vie un Enfer : intolérance dans l’expression de la pensée, tortures physiques et mentales pour les déviants, meurtre paradoxal (c’est-à-dire procurant paradoxalement au tueur l’impression d’avoir fait une bonne action). Or, force est de reconnaître que tout progrès est inséparable d’une dose de violence. C’est l’une des très rares constantes de l’histoire.

Pour prendre, une fois n’est pas coutume, un exemple qui peut fâcher beaucoup de monde : la colonisation de tous les continents par l’Européen s’est imposée par la violence. En contrepartie, l’Européen a offert une civilisation scientifique et technique incomparablement supérieure à ce qui existait dans les Amériques, en Afrique, en Océanie et dans toutes les zones d’Asie. En outre, l’homme blanc a interdit les sacrifices humains et, à partir du milieu du XIXe siècle, aboli l’esclavage, si commun en terres d’islam et en Afrique noire, dans les Indes et en Mélanésie. Que les puritains anglo-saxons l’ait poursuivi aux USA jusqu’en 1863-65 témoigne simplement de leur hypocrisie profonde de mauvais chrétiens !

La seconde citation introduit une notion non plus de dynamisme conquérant, mais d’adaptation politique, économique et sociale à la concurrence exogène. « Les contemporains n’ont que très rarement une exacte conscience de la décadence morale ou politique de leur époque, du moins tant que cette décadence n’envahit pas le domaine de l’économie et de l’emploi ». L’application qui vient immédiatement à l’esprit d’un sexagénaire est la transformation sociale radicale née durant la seconde moitié des années 1960 .

Tant que l’inflation (monstrueuse à compter du premier choc pétrolier de 1973), puis le chômage n’ont pas frappé durement les populations de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, d’Italie (moins en Allemagne, du fait d’un patronat plus dynamique et nationaliste que partout ailleurs), la licence sexuelle, la grossièreté dans les relations humaines, le laisser-aller vestimentaire ne faisaient que choquer les traditionnalistes : tout le monde voulait « être dans le vent » (ou « in »).

Les peuples européens, « modernes et tolérants », se sont retrouvés envahis, monstrueusement appauvris culturellement, avant de l’être aux plans industriel, agricole et même commercial (sauf en techniques de pointe, rigoureusement fermées à la masse des sous-doués). Au bout de deux décennies de XXIe siècle, où en est la dynamique européenne ? Les États européens sont à la traîne des maîtres de l’économie globale. Ces États sont devenus le terrain de jeux fort explosifs des sectateurs d’allah.

De conquérants, de civilisateurs, les Européens sont passés à l’état de pions tellement interchangeables que les maîtres du jeu sont en train de vendre leur continent à des conquérants aptes à consommer de façon vorace. C’est la nouvelle dynamique, celle des prédateurs peu doués, mais facilement manipulables par des slogans primaires.

De la dynamique, continuelle depuis 25 siècles, l’Européen est passé à l’état de décadence… en attendant un nouveau cycle, où une jeunesse européenne dure, puissamment outillée et dotée d’un moral de conquérant, montrera au monde ce qu’est réellement la culture européenne.

Illustration : Le supplice de Anneken Hendriks, brûlée à Amsterdam en 1571.
  1. Creoff
    Creoff18 novembre 2017

    Il faudra alors qu’on puisse énoncer les différences, les comportements individuels qui font le différence pour une société. Pour le moment, toute pensée de ce type est immédiatement pourfendue au titre de racisme, ou phobie pénalement répréhensible Exit le débat. On a juste le droit de parler des différences des autres – tous sauf les européens- qui ont a priori toutes les vertus d’enrichissement culturel.
    Enoncer les différences qui font un peuple “des lumières” n’est pas simple dans ce contexte, pas plus que d’énoncer les différences théologiques qui font la différence entre l’ISLAM et la Chrétienté en termes de développement social.
    Tant qu’on ne pourra pas citer en quelques phrases ce qui fait la différence, comme pour un baril de lessive…les occidentaux n’avanceront pas, car leurs prédateurs savent – eux- comment user de la langue pour les manipuler.

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