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Jean d’Ormesson, la gloire des aristocrates. Un Français racé au milieu des décombres

Jean Dormesson

Jean d’Ormesson, la gloire des aristocrates. Un Français racé au milieu des décombres

Jean Ansar ♦
Journaliste

Jean d’Ormesson, c’est peut-être le seul Français qui aurait été à sa place dans l’univers aristocratique de Dontown abbey.

Jean d’Ormesson plaçait le style et la classe au-dessus des idéologies.

Un immense écrivain de droite qui était devenu médiatiquement compatible et c’est en cela qu’il n’aura jamais été un Jean Raspail. Sa voix était au fil des ans trop feutrée pour réveiller une France dont il accompagnait avec sa classe sociale la lente dégénérescence.

Mais si on l’avait bien écouté.

« J’exécrais Sartre. Je l’ai toujours détesté. Cet homme «de gauche» qui disait «l’enfer c’est les autres», non mais quoi?! Il disait aussi «dans les cinq ou six ans qui viennent, l’URSS va dépasser les États-Unis», puis affirmait: «Le vrai dictateur, c’est de Gaulle et non Staline.» Un visionnaire! »

« J’avais lu, jeune, “Arsène Lupin”, “Les Thibault” de Roger Martin du Gard, “Les Hommes de bonne volonté” de Jules Romains, “Augustin ou Le maître est là”, de Joseph Malègue, et Brasillach, en particulier “Notre avant-guerre”, qui est un livre magnifique, et qui m’a donné envie de faire Normale, comme lui. J’ai beaucoup d’admiration pour Brasillach. On ne lui pardonne rien alors qu’on pardonne tout à Céline. C’était pourtant un très grand écrivain.

Il faut relire “La Nuit de Tolède” dans “Comme le temps passe”, c’est épatant! Tout cela m’a donc mené vers Normale, mais je n’avais aucune vocation. Ce que je voulais, c’était ne rien faire. « 

La sincérité d’un aristocrate sans complexe.

Il reconnait qu’être de droite condamne parfois à la discrimination intellectuelle.

« Pour un Michel Déon reconnu, combien de grands écrivains comme Jean Raspail ont été vilipendés? Il est intéressant de constater que celui qu’on a sauvé, Céline, n’était pas de droite. On sait bien, d’ailleurs, que l’antisémitisme n’est pas le monopole de la droite. »

Sur une île déserte, il aurait emporté l’Iliade et l’odyssée, les mille et une nuits et la bible.

Mais cet universalisme est un universalisme des civilisations diverses qui s’enrichissent les unes les autres de pensées non réductibles à un magma commun.

On peut aimer Ulysse et Sindab sans vouloir les embarquer sur la même galère condamnée au naufrage.

 

  1. Belmas
    Belmas6 décembre 2017

    Complice de l’invasion comme les autres!

  2. Tonton Cristobal
    Tonton Cristobal6 décembre 2017

    Oui vous évoquez son bon côté… mais il y a l’autre, celui de cette “droite” haïssable qui nous a mené de Chirac en Sarkozy Macron, Macron !!! des aristo comme d’Ormesson, “à la lanterne”!

  3. Robert41
    Robert416 décembre 2017

    Monsieur avait l’âme d’un papillon. Toujours, ce besoin d’être lumineux, sous les rais médiatiques du persiflage et inlassablement butineur de pré-carré. Angoissé comme les Possédants, il avait toujours quelque chose à dire. Il cherchait à repousser, la finalité du temporaire ; du suivant … De son vivant, enfant gâté de la Pléiade ; ce bout-en-train de l’esprit, à l’œil complice, savait capter son auditoire, le plus souvent décalé de ses aspirations personnelles, avec son inimitable faciès allégorique et cette voix de confession. On aurait aimé, comme tant de ces anonymes écrivains et conteurs rendus séléniens par l’obscurité de l’arbitraire ; voir souffrir cette particule bourguignonne pour avoir le meilleur ; ce que nous n’avons pas eu.

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