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Les médias célèbrent la France qu’ils haïssent. D’Ormesson-Hallyday : esprit français et petits blancs

Ormesson Halliday

Les médias célèbrent la France qu’ils haïssent. D’Ormesson-Hallyday : esprit français et petits blancs

Jean Ansar ♦
Journaliste .

L’adulation médiatique de Johnny Hallyday et de Jean d’Ormesson montrent que l’idéologie médiatique est malgré tout soumise à la course à l’audience. Leur seule politique au bout du compte est de faire du fric.

Ils adorent donc à titre posthume ce qu’ils ont brulé hier.

C’est plus vrai de Johnny que de D’Ormesson. Ce dernier incarnait un esprit français aristocratique mais sans mépris du peuple. Il savait cependant ce qu’il se devait. Homme de droite, mais pliant devant les modes, il avait camouflé derrière de la bienveillance une certaine distance. La caste des journaleux militants ne l’aimait pas.

Pour Johnny Hallyday, c’était encore pire. Il était brocardé, ridiculisé car pas assez intello pour les incultes de rédaction. Ils ont maintenant tous quelque chose de Johnny bien sûr, les représentants hypocrites d’une médiacratie pleurnicharde et récupératrice de cadavres.

C’était l’idole des jeunes, mais certainement pas de leurs jeunes. Les jeunes de Johnny qui ont les 70 balais aujourd’hui, ce sont ceux de la France du baby boom et du rock. C’est une France blanche, ouvrière qui est aujourd’hui la France délaissée au profit de la préférence immigrée. Il y a des jeunes qui sont encore aujourd’hui des fans de Johnny mais ce ne sont pas les «  djeunes » médiatiques.

Johnny c’est le rock de Presley, son idole, à la française. Un rock quasiment identitaire, mais ouvert. Plus Français que Johnny le belge tu meurs.
Presley a souvent été accusé d’avoir voulu imposer un rock sudiste contre le jazz ou le blues. C’est faux, il a chanté le gospel et le jazz, il s’en est inspiré, mais il ne s’y est pas fondu. Il est resté un blanc qui a chanté l’hymne des confédérés comme personne. Johnny lui aussi aimait le jazz et le blues. Il adorait la musique noire américaine mais il chantait pour la France ouvrière des années 60 qui va le suivre jusqu’à la fin.  La coexistence et le respect de l’autre ce n’est pas le métissage.

Cette France, elle a déferlé sur les Champs-Elysées, prouvant qu’elle existe encore même si aucun média ne lui prête attention, sauf le temps court des hommages.

Elle est émouvante, populaire, déclassée parfois. C’est celle qui aime lever le coude dans les bistrots avec le jambon beurre. Elle fume, elle est gauloise dans tous les sens du terme.

On aura noté tout de même que dans l’église de la Madeleine il y avait une autre France. Celle des politiques et du spectacle, celle du vivre avec les autres et qui n’ont rien compris au vivre avec les siens.

Mais ces autres ou sont-ils ? Ce n’est pas la France de la diversité qui a submergé les Champs-Elysées, c’est la France française, la France des beaufs diraient ceux qui la célèbrent et la flagornent le temps d’une cérémonie.

Johnny, c’est la gloire des beaufs et d’Ormesson la joyeuse mélancolie des sangs bleus. Deux visages complémentaires d’une France qui disparaît ou que l’on voudrait voir disparaître. Elle est nombreuse, le sang coule encore dans ses veines, elle sait être digne dans la douleur vraie qui n’est pas la compassion dévoyée.

Il y a encore dans notre peuple qui ne lit plus d’Ormesson mais qui le respecte, quelque chose de Johnny.

Noir c’est noir, pas totalement finalement.

  1. Rémy Valat
    Rémy Valat10 décembre 2017

    Et le virtuose Mozart a fini dans une fosse commune… C’était excessif; tout comme un hommage national à un évadé fiscal… Paix néanmoins à l’âme de l’homme du train…

  2. Robert41
    Robert4110 décembre 2017

    Ces deux personnalités médiatiques, récemment disparues, sont peut être les derniers marqueurs, de ce que notre société actuelle est capable de saluer. Celle de l’Esprit pour l’un et celle du cœur pour l’autre. L’une, s’est s’enorgueillie, du mot juste, du verbe écorcheur, de l’adjectif opportun ; mais aussi de la phrase qui donne un sens heureux ou pas. – N’est-pas magicien qui veut : – N’est-ce pas Jean ? – Ton bel habit de Lumières, s’est terminé dans le pré-carré d’invalides statiques et silencieux. Tout le contraire de celui qui parle au cœur des humbles et des vivants. Ceux-ci aiment l’espuma du houblon, le bruit du pot américain, le cuir patiné d’une image virile, le chant qui libère et l’Homme qui a vu l’homme. C’est ce monde débordant d’émotion, vivant de l’amertume de la vie, communiant avec l’un des siens, entre sans grade et sans classe mais respectable au premier Chef, parmi ce que ce monde de mauvais sang est capable de produire. Oui, Jean et Jean-Philippe, vous êtes semblables mais différents car pour l’un l’esprit, va s’arrêter et pour l’autre le cœur continuera à battre la cadence.

  3. Aurélie
    Aurélie10 décembre 2017

    C’est comme lors du passage du Tour de France : aucune “chance” sur le bord d3s routes…

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