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Gérard Filoche : et le PS s’effiloche toujours…

Filoche Capture Decran

Gérard Filoche : et le PS s’effiloche toujours…

Armand Launay ♦
Enseignant en philosophie.

NOTE : Accusé d’antisémitisme et exclu du PS après un tweet qu’il juge être une «connerie», Gérard Filoche a relayé une pétition de soutien à lui-même et a donc contre-attaqué. La pétition de soutien à l’homme politique a été mise en ligne le 29 novembre, avec pour titre : «L’honneur d’un militant». «La pétition a été lancée par la fondation Copernic (un think-tank de gauche)», a expliqué Gérard Filoche au Lab d’Europe 1. Selon ce média, le nom de domaine renvoyant à la pétition, a lui été déposé sous le nom de Gérard Filoche lui-même, nouvelle maladresse à notre avis. Parmi les personnalités ayant signé cette pétition, persuadées que Gérard Filoche subit là un mauvais procès, on trouve notamment des Insoumis (LFI) tels que François Ruffin, député, ou Danielle Simonnet, conseillère de Paris. Si Gérard Filoche a reçu le soutien de l’humoriste Guy Bedos, c’est que ce dernier, autrefois proche du Parti Communiste n’a jamais caché son attirance pour l’aile gauche du PS comme Arnaud Montebourg lors des primaires socialistes. Dans la soirée du 30 novembre, la pétition avait été signée par plus de 5 200 personnes. Mais l’article qui suit de notre collaborateur Armand Launay a lui le mérite de replacer l’exclusion de Gérard Filoche dans son vrai contexte : la fin du Parti Socialiste. Par ailleurs, on apprend qu’un meeting de soutien à Gérard Filloche sera organisé à Paris le 8 décembre. ML

Scandale, dans les médias nationaux, Gérard Filoche a publié temporairement un tweet antimacroniste et jugé antisémite. C’était le 17 novembre. Mais qui est visé ? L’antisémitisme ou ce socialiste de gauche connu pour son franc parler et son attachement au monde ouvrier, salarié, populaire ?

En cause, un montage photographique se voulant caricature. On y lit un slogan “En marche vers le chaos mondial” devant un Emmanuel Macron faisant de ses bras le V de la victoire. Le président porte un brassard comme celui des nazi naguère mais où le svastika est remplacé par le dollar américain. Derrière le président, se trouvent trois personnages de l’ombre, en filigrane : le PDG d’Altice, Patrick Drahi, le banquier Jacob Rothschild et l’ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali. En arrière plan, se trouvent les couleurs des drapeaux américain et israélien.
En cause itou, le commentaire de Gérard Filoche, désignant Emmanuel Macron : « Un sale type, les Français vont le savoir tous ensemble bientôt. »

Un antisémitisme réel ?

Le photomontage semble être antisémite car, derrière le président Macron, se trouvent trois personnages aux origines juives. L’un d’eux est, notamment citoyen israélien (Patrick Drahi). La référence au nazisme semble tenir lieu d’accusation de totalitarisme qui domine le monde par et pour l’argent. On est proche des théories complotistes et l’on s’étonne même qu’il n’y ait pas de symbole maçonnique. Cela ne mange pas de pain. Mais le commentaire de Gérard Filoche se veut anti-Macron. Il semble retenir de ce montage le rôle du capitalisme international comme soutien, origine et destinataire du président Macron.

Quelle image se faire de Gérard Filoche ?

Soit Gérard Filoche a été syndicaliste, inspecteur du travail, militant communiste puis socialiste. Il s’est opposé sans concession, depuis 2014, aux réformes lourdes du Code du travail. Il s’est opposé à certains de ses “camarades” socialistes du gouvernement et durant les primaires de la gauche ayant précédé les élections présidentielles de cette année. Un personnage politiquement et médiatiquement dérangeant.

Soit Gérard Filoche est un personnage de la fachosphère depuis le 17 novembre 2017 et fait ici son coming-out.

Quelle interprétation semble plus cohérente ? La première.

Quelle interprétation semble plus efficace pour se débarrasser ou réduire au silence Gérard Filoche ? La seconde.

Dévorer le petit chaperon rouge

Le Parti socialiste, qui a entamé une procédure d’exclusion de Gérard Filoche, montre qu’il est plus attaché à une publication temporaire, indigne, plutôt qu’aux décennies d’engagement de Gérard Filoche pour le monde du travail. Le PS, qui aurait pourtant besoin de tribuns comme ceux de la France insoumise, démontre qu’il n’a pas de volonté combative contre le capitalisme et la finance de Macron et ce malgré la sévère cure d’amincissement subie cette année avec le départ des macronistes.

Peut-on s’exprimer si le moindre écart est réprimé ?

Curieuse situation, tout de même, que de vouloir punir tout écart, même le premier. En voulant exclure Gérard Filoche, le PS l’assimile, sans débat, aux antisémites de tous poils. Curieuse conception du débat et de l’amende honorable. L’erreur peut être dans une publication hâtive. Mais la peine qui semble réservée à Gérard Filoche semble aller au-delà. Il s’agit de faire taire la gauche de ce qui reste du PS.

Pourtant, il est possible de dire qu’Emmnauel Macron fait de la France une alliée des États-Unis d’Amérique et d’Israël. C’est le cas. Le photomontage aurait même pu ajouter l’Arabie Saoudite et d’autres pays pas toujours très humanistes. Quelle est la grande erreur du photomontage retweeté par Gérard Filoche ? Désigner trois personnes pour leur origine juive. Le pouvoir de la finance va pourtant bien au-delà de ces trois personnes, de la judéité et de Macron. Est-il besoin d’imaginer un complot pour constater que le pouvoir existe à Wall street, que le pouvoir se négocie entre les chefs d’États et que, de cette manière, Israël et l’Arabie Saoudite se liguent contre l’Iran et ses alliés yéménites ou syriens ?

Le PS est bien malade qui croit préserver sa réputation en déclarant exclure Gérard Filoche alors qu’on ne l’entend pas dénoncer les méfaits réels de la finance et des politiques à son service.

  1. Robert41
    Robert4115 décembre 2017

    On ne peut qu’être d’accord avec votre analyse. Dans cette énième complainte de la police de la pensée cynique ; voilà t-il pas que le lignard Filochard, est pris en trophée, dans les rets de la convention. On parle déjà de l’Abbaye …, avec ces terribles tayauts incorruptibles dit-on et pourfendeurs du corps social dans le geste, la parole et l’action. Pauvre Filochard, tu as beau de plaindre du bandeau noir perturbateur de ton créateur Pellos, tu es fait comme un rat. Tes amis sont devenus des sus à l’ennemi, car vois-tu le seul Juif qu’il t’était permis de dénoncer c’était Jésus dit le Christ. Lui au moins, il comprend ta bêtise et il pardonne ton imparfait. Ce qui n’a rien à voir avec l’hystérie idéologique de notre monde laïcard, malade comme le chien Idéfix, d’une schizophrénie contagieuse. Bah oui, tu as fait … ein großer Fehler ! – Comme un remake, la charrette t’attend comme en septembre 1792 ; ils vont certainement te condamner, car il est plus facile d’écrire sur le mur des cons qui reste-lui magistralement impuni ; que de dénoncer des vérités qui font ruminer les cerveaux des petits blancs. As-tu compris comme dirait Jean-François, Zygel ?

  2. John Wayne
    John Wayne16 décembre 2017

    Pauvre type ce Filoche , et la Presse qui le faisait blablater sans arrêt , et lui qui acceptait !!! Quel niveau en France ….!!

  3. LHOMME
    LHOMME23 décembre 2017

    Confirmation : Un peu plus de 45 ans après la scission du Parti radical et la création, le 4 octobre 1972, du Mouvement des Radicaux de Gauche et en 1973, du Parti radical valoisien ces derniers ont décidé, le 9 décembre, jour anniversaire de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, de faire l’union, en créant le Mouvement Radical-social, libéral. Le Mouvement radical-social (MRS), libéral aura deux coprésidents : Les anciens ministres Sylvia Pinel, députée du Tarn-et-Garonne, présidente du PRG, et Laurent Hénart, maire de Nancy, président du Parti radical valoisien. Mme Nathalie Delattre, sénatrice (RDSE) de la Gironde, secrétaire générale du Parti radical valoisien, et M. Guillaume Lacroix, premier vice-président du PRG, étant également membres de la direction. ML.

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