Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Jérusalem : la mère de toutes les batailles. Irresponsabilité de Trump ou plan saoudien ?

Jerusalem Madaba Map

Jérusalem : la mère de toutes les batailles. Irresponsabilité de Trump ou plan saoudien ?

Jean Bonnevey ♦
Journaliste.

«  La mère de toutes les batailles » est une expression de l’ancien président Saddam Hussein. Expression fleurie, poétique dans le langage arabe si loin de la réalité et du rationnel.

Des expressions du même type ont été employées après la décision de Donald Trump de considérer, par un déplacement annoncé d’ambassade, Jérusalem comme la capitale de l’État hébreu. Mais pour le moment, l’enfer ne s’est pas déclenché.

Il n’en reste pas moins que l’avenir de Jérusalem va prendre une importance de plus en plus grande dans le cadre de la guerre pour la domination des terres musulmanes que se livrent chiites et sunnites.

Car rien n’est réglé, ni la date du déplacement de fait, ni son lieu, ni le statut final de la ville. Trump a fait plaisir à Netanyahu c’est sûr. Mais il l’aurait fait avec le feu vert de son allié arabe, l’Arabie saoudite et de son nouvel homme fort, le prince héritier Mohammed ben Salmane. Le geste irréfléchi de Trump serait inclus dans une stratégie elle, bien pensée.

Pour Riyad l’ennemi principal n’est pas Israël mais l’Iran, l’Iran ennemi principal également du pouvoir sioniste.

Il y a donc une alliance entre la Mecque de l’islam et la Jérusalem des juifs aux dépends des palestiniens.

Ce n’est pas sans danger. Un régime se présentant comme le protecteur des lieux saints de l’islam donne l’impression d’être prêt de sacrifier le troisième lieu saint.

Cela transforme Téhéran en dernier rempart des Palestiniens et de la Jérusalem arabe.

Jérusalem devient un objectif de la guerre chiite sunnite.

Elle redevient la mère de toutes les batailles.

Elle l’a été du temps de l’État biblique si souvent conquise du Perse au Romain.

Elle l’a été lors de la conquête arabe, puis de la conquête turque. Elle l’a été du temps des croisades puis des dominations turques et coloniales.

Elle le redevient depuis la renaissance d’un État juif sur des terres devenues musulmanes.

La guerre israélo arabe est passée par Al qods, l’humiliation arabe vis-à-vis de l’État sioniste aussi.

L’alliance contre l’Iran remet Jérusalem au cœur des tensions internationales avec un risque de montée de la haine religieuse entre Juifs et Musulmans, les chrétiens eux, restant spectateurs de l’avenir de la ville de Jésus.

Illustration : Carte de Madaba de Jérusalem du sixième siècle
  1. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard11 décembre 2017

    Et si votre information, à force d’être partielle, était partiale ?
    1 – Jérusalem n’a jamais intéressé les chiites, à la différence des sunnites
    2 – La Russie du grand Poutine a reconnu, avec une intelligence politique remarquable, Jérusalem-Ouest comme capitale de l’État hébreu, réservant les droits du futur État palestinien à prendre pour capitale Jérusalem-Est
    C’est effectivement la solution rationnelle
    Trump est-il idiot & incompétent ou un grand bonhomme ? On va le savoir grâce à cette occasion :
    Ou bien, il prend fait et cause pour le seul Israël et c’est un politicien US traditionnel, donc minable et sûrement pas un stratège de la politique
    Ou bien, il s’aligne sur la position de Poutine et l’on peut espérer que les deux hyper-puissances militaires vont calmer les fous furieux régionaux

  2. Yves Montenay
    Yves Montenay13 décembre 2017

    ???? Je croyais que Jérusalem n’était pas spécialement sainte pour les chiites.

Répondre