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Le survivalisme sous la question

Survivalisme Bible

Le survivalisme sous la question

Gustin Saintaud ♦
Universitaire.

On parle de plus en plus de survivalisme. Si le phénomène semble entraîner une constante augmentation de candidats, et passionner un bon nombre d’adeptes convaincus, le moins qui se remarque c’est que cette engouement populaire ne doive point attendre d’écho de la mode bien pensante décrétée par la clique moralisatrice gouvernante de la pensée, pour qui le principe populaire, la volonté du plus grand nombre de prétendus égaux de la plèbe, ne feront jamais ni force de loi, ni même référence quelconque, en la très honorée « démocrasseuse ».

Il est nécessaire et indispensable d’obtenir, auprès de cette coterie, académie totalitaire, une certification en recevabilité, qu’elle est la seule à pouvoir accorder, selon ses normes très particulières de la liberté de penser, d’agir et de vivre. Elle n’est donc point prête à donner son imprimatur à cette bizarre démarche survivaliste, qu’elle conteste selon ses critères moraux partisans très arrêtés : la pire des infamies de cette tendance survivaliste à se projeter, en se garantissant au mieux par- delà tous les risques à venir, serait que sa philosophie imaginée au début du siècle dernier, aurait été théorisée, dans les années soixante, par un adepte de l’idéologie néonazie. Voilà le pire anathème lancé, et tout ce qui s’y réfère n’est que sulfureux, renvoyé à jamais, dans l’odieux impensable, l’insoutenable ! Pourquoi donc daigner s’y pencher un minimum minimorum puisque cela est déclaré définitivement irrecevable ? Ce n’est que « complotisme » qui en transpire, comme l’affirme le sociologue Bertrand Vidal, chercheur à Montpellier III, qui condescend pourtant à étudier l’infâme depuis 2012.

Le survivalisme ne serait donc au mieux, pour tout sociologue convenable se conformant complaisamment au ton du politiquement correct, qu’une vision très négative et profondément malsaine de l’avenir. Selon lui, la monstruosité survivaliste véhicule l’idée totalement folle qu’il faut, avant tout, compter sur soi-même, sans attendre quelque secours de quelque structure ou organisation mandatée pour cela : elles sont pourtant toutes aussi inutiles, incapables et impotentes pour pouvoir sécuriser et venir en aide, nous en convenons. Et pourquoi donc encore cette pensée saugrenue de prôner, comme première axiomatique d’éducation nécessaire, en vue d’affermir, corps et caractères, et de fortifier détermination et volonté, le retour à la simplicité de la nature ?

Rendez-vous compte, ces inadaptés prétendent devoir se nourrir sainement du juste produit d’une terre respectée, de ne s’abreuver que d’eau pure non traitée, à économiser, de cueillir et de chasser ! C’est à n’en plus douter d’un vicieux à se projeter comme un super et ultra écologisme, mais résolument identitariste, insolemment non végétarien, se moquant des Droits de l’Homme, et encore plus de ceux des animaux, sans la moindre vergogne !

Serait-il, de nos jours, pensable qu’un survivaliste soit vêtu autrement que du brun de si terrible et funeste mémoire ? C’est, par contre, de blanc écru qu’étaient imaginés accoutrés les post-soixante-huitards du Larzac, des Cévennes ou des Basses- Alpes, avec leurs cheveux longs et crasseux, au milieu de leurs cheptels caprins, dans leur rejet forcené de la société de consommation, dans leur délire contre l’embrigadement consumériste, les incitant déjà au retour à la terre et à la nature ! Et n’était-ce point de rose cuisse de nymphe émue, vaporeux, un tantinet translucide, dont on aimait à peine couvrir la nudité des adeptes de la beat generation (les beatniks), souvent « kiffés » et si impudiques, dans un semblable rejet de toute l’effroyable modernité ambiante, depuis les U.S.A jusqu’à Kapmandou, dans les années cinquante ! Comment nos zélés et irréductibles censeurs expliqueraient-ils ces différents systèmes de poids et mesures utilisés dans leur vindicte pour de bien identiques fulgurances ?

Et bien oui ! En ce début de vingt-et-unième siècle, nous n’avons ni la liberté, ni le droit de craindre pour notre avenir sans nous voir classés parmi les bêtes immondes : on nous affirme que le survivalisme s’est bien masochistement gavé d’informations anxiogènes pour le stupide jeu de se faire peur, et pire, de propager cette ridicule hantise.

Rien, vraiment rien, à l’horizon, n’ombre nos si radieux lendemains, surtout pas le très sympathique terrorisme djihadiste qui ne doit surtout pas servir de faux prétexte pour générer ce type de comportement défaitiste et alarmiste ! Et pour ne point sombrer, comme ces débiles survivalistes rejoignons hardiment la courageuse et suffisante morgue des « je suis Charlie », dans ces successives réactions de rue, après hécatombes, afin que si peu d’adversité nous angoisse en nous mettant à genoux, comme agneaux à l’Aid, prêts au divin sacrifice !

Ce n’est pourtant pas rien si tout le monde ne cesse de pérorer en se lamentant sur l’avenir apocalyptique de la planète Terre : réchauffement général en accélération, dérèglement climatique cataclysmique déjà sensible, avec inexorable montée du niveau des océans, après fonte cauchemardesque des calottes polaires, et la réduction létale de l’indispensable biodiversité, mais encore la galopante démographie mondiale, avec rapide surpopulation à prévoir comme détonateur de massives migrations et de déflagrations belliqueuses, jusqu’à l’épuisement programmé des ressources vitales … Vraiment ces fous de survivalistes, comme jeteurs d’alarme, n’ont aucune inquiétude sensée à avoir pour se comporter aussi absurdement !

Qu’ils s’ingénient loufoquement à stoker des provisions, qu’ils s’inventent des stratégies de survie totalement déraisonnables, passe encore, mais sous ces douces manies bien ridicules, ne cachent-ils pas le sombre fond de la réalité du survivalisme ?
On les a démasqués, ils ne peuvent donc pas se faire passer pour de gentils écolos, du genre écomaniaques gauchisants, les seuls tolérés ; ils parlent entre eux d’être prêts à s’opposer énergiquement à toute nuisible invasion, violente ou insidieuse, et même à être aptes à pouvoir intervenir dans une prévisible guerre civile !

Ces fondus de survivalisme critiquent en permanence l’intouchable technologie, pourtant ils ne cessent de s’appuyer sur cette détestable motrice de progrès et de modernisme, pour optimiser leur prétendue capacité de survie ; voilà encore ce que nos brillants sociologues adoubés ont su mettre en lumière, pour que tel paradoxe soit preuve, s’il en est encore besoin, de duplicité, de fausseté et de dangerosité survivalistes. Ainsi quand ces « frappadingues » révèlent foncièrement leur anti-progressisme, on ne peut que les classer parmi les « post-modernes », classement encore infamant, mais justifié, puisqu’ils recourent sans complexe à la modernité combinée à son rejet….

En cela n’est pas encore leur pire tare, quand on sait, et ils ne s’en cachent même pas qu’ils affectionnent les armes et qu’ils en détiennent, pour les aider prétendument à survivre en toutes circonstances ! Méfiance exigée, avant condamnation sans circonstances atténuantes, car, avec ce que l’on s’est efforcé de révéler et de prouver, les armes, pour ces fadas, ne peuvent pas faire partie de leur seule symbolique, comme a pu inconsidérément le laisser échapper Bertrand Vidal en réponse aux questions de Nicolas Zarrouk dans Midi Libre du 27.11.2017 : les survivalistes font assurément partie des gens tarés, comme aux U.S.A pour qui la nécessité des armes à feu à disposition donne le droit à des massacres aveugles …

Encore un exemple du mauvais esprit de la bien pensance totalitaire qui dicte ce qu’il faut tolérer ou absolument bannir, déconsidérer, ce qu’il est admis de penser et de vivre. Elle ne se prive point de noircir outrancièrement tout ce qu’elle met à l’index.

C’est le règne absolu du partial, de la solennelle mauvaise foi très moralisante d’une idéologie de l’intolérance que subissent le survivalistes, aux nombreuses raisons suffisantes, évidentes, si déterminantes pour que la véhémence calomnieuse les assassine autant.

 

  1. ERIC BASILLAIS
    ERIC BASILLAIS7 janvier 2018

    Excellent style persifflant la censure “révolutionnaire”…

  2. walter kurtz
    walter kurtz10 janvier 2018

    je vous invite sincèrement à vous informer mieux sur le phénomène du survivalisme en France.
    au plaisir de vous lire de nouveau,
    bien cordialement,

  3. walter kurtz
    walter kurtz10 janvier 2018

    cette image stylée à l’américaine commence heureusement à s’estomper….
    un français n’est pas un americain, rien de péjoratif c’est juste un constat.

    j’ai bien aimé votre exposé

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