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L’obsession de détruire: l’exemple de l’Amérique hispanique

Amerique Hispanique

L’obsession de détruire: l’exemple de l’Amérique hispanique

MONDE EN BREF :  Chacun sait que la global-invasion fonctionne grâce à la création monétaire ex nihilo que des fonctionnaires en col blanc ont monopolisée. Les véritables élites l’ont bien compris qui, de la Russie à la Chine agissent pour repousser le dollar et le ramener à sa fonction minoritaire de monnaie .

Il est essentiel de comprendre que l’évolution du XXIème siècle pousse notre monde en faveur d’un monde multipolaire où la diversité des raisons de vivre, des intérêts de groupes, exercent une pression en faveur du pouvoir russe, indien, iranien, etc. En Amérique Hispanique, il y eut des frémissements au Brésil avec les Présidents Lula da Silva puis Dilma Rousseff mais on a vu revenir les financiers de Wall Street et Londres en la personne de Michel Temer. En ce moment on voit la destruction programmée de l’Argentine par Mauricio Macri.

Les tenants de la global-invasion bénéficient d’une absence palpable de modèles socio-politiques alternatifs bien charpentés. La logique mercantile  se rencontre dans tous les pays, parmi tous les peuples, de sorte que les oligarchies occidentales obtiennent régulièrement quelques succès en aidant et promouvant des hommes politiques sans qualités. Les efforts de l’Amérique hispanique pour organiser ses populations selon des principes communautaires trébuchent sur le principe du “toujours plus”.

Force est de constater que les pays d’Amérique hispanique n’ont jamais su résister à la corruption et que l’affirmation d’une opposition au capitalisme yankee fut toujours un discours de façade.

Un cas paradigmatique : l’Equateur

L’ancien Président Vincente Correa a laissé la place à Lenin Moreno, qui fut un temps son vice-président. Moreno s’est présenté comme le successeur  de Correa, affrontant un adversaire qui incarnait la finance bancaire et les intérêts des groupes étrangés. Les forces de la global-invasion organisèrent de pseudo “protestations populaires” contre Lenin Moreno, avant et après son élection interprétée par les médias  comme le résultat d’une fraude. La victoire de Mauricio Moreno fit apparaître clairement que les populations apprécient la Révolution citoyenne qu’initia Correa.

Mais quelques jours plus tard, les doutes concernant la conduite du nouveau Président émergèrent. Le gouvernement commença à entrer en relation avec les dirigeants de l’opposition. La conséquence fut la livraison de l’entreprise publique d’électricité, les dialogues juteux avec le pouvoir bancaire local auquel fut cédé le système expérimental de monnaie électronique. Le pays régresse à l’obscurantisme des années d’après la première guerre mondiale, lorsque le pouvoir bancaire dominait tout.

Le Président Moreno a repris la méthode utilisée et enseignée. Aussi a-t-il qualifié les réalisations de son prédécesseur comme une collection de farces : dette agressive, absence de prévision, dépenses excessives et modèle économique inadéquat. Le régime antérieur aurait été intolérant, aurait pratiqué la confrontation et la persécution et Correa aurait été corrompu…On observe ici le même scénario que celui qui a été appliqué au Brésil contre Dilma Rouseff et Lula. Le procureur général pousse le mimétisme jusqu’à demander la prison pour l’ancien vice-président Gall.

L’Équateur n’est qu’un exemple. Les États-Unies ne cessent de renforcer leurs bases militaires sur le continent, ainsi que leurs capacités d’action à distance, comme ils le font en Europe. Ils ont réalisé, il y a peu, un exercice conjoint avec les armées du Brésil, de Colombie et du Pérou.Reconstruire peut ne plus être possible. Souhaitons aux populations d’Amérique hispanique de disposer de réserves en hommes de qualité pour reconstruire un monde vivable, tâche toujours à recommencer comme l’enseigne le mythe de Sisyphe.

Auran Derien,universitaire.

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