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L’Orchestre Philharmonique de Vienne. L’Opéra de Monte-Carlo au Grimaldi Forum

Orchestre Philharmonique De Vienne1 ©2018 Alain Hanel OMC 3

L’Orchestre Philharmonique de Vienne. L’Opéra de Monte-Carlo au Grimaldi Forum

Christian Jarniat ♦

Dans la saison lyrique monégasque était inclus un concert symphonique exceptionnel : celui de l’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Gustavo Dudamel.

©Alain Hanel

Pour le grand public, cet orchestre est celui qui, selon une tradition immuable, exécute chaque année le concert retransmis en fin de matinée du premier janvier à la télévision intitulé « Concert du nouvel an à Vienne », lequel a lieu dans la magnifique salle du Musikverein. Tous les chefs les plus prestigieux se sont pliés à cette tradition inaugurée par Clemens Krouss en 1939 et poursuivie ensuite par Willi Boskovsky pendant 24 ans. Parmi ces chefs citons Herbert Von Karajan, Claudio Abbado, Carlos Kleiber, Georges Prêtre, Lorin Maazel, etc., la baguette ayant été confiée, pour le dernier concert, à Riccardo Muti. Mais la télévision, malgré la qualité de la captation, renvoie une image réductrice et étriquée des qualités de cette phalange et rien ne vaut évidemment la vision et l’écoute directe dans une salle. Celle choisie par l’Opéra de Monte-Carlo était le Grimaldi Forum, non seulement pour que le maximum de spectateurs puissent assister à cet événement, mais encore pour qu’un plateau assez vaste puisse accueillir une formation qui compte environ 130 musiciens. Au programme le premier mouvement « Adagio » de « La Symphonie n° 10 » de Gustav Mahler qui permet notamment d’apprécier la sonorité diaphane des cordes, et de confirmer, si besoin était, que chaque musicien de cet orchestre est un véritable virtuose et semble jouer sur des instruments dont la sonorité est sans commune mesure avec ce que l’on peut entendre par ailleurs. Magnifiques sont aussi les nuances et les contrastes qui vont des murmures pianissimi de ces cordes jusqu’aux forte dans une dynamique exceptionnelle.

Tout ceci se confirme ensuite dans « La Symphonie fantastique » d’Hector Berlioz. Les cinq parties de cette fresque, qui dure plus d’une heure (et ici on a aucune impression ni de temps, ni de lourdeur), viennent démontrer, par la puissance, la vélocité étourdissante, la beauté des timbres, le lyrisme exacerbé que nous sommes en présence incontestable du plus grand orchestre du monde avec lequel seul l’Orchestre Philharmonique de Berlin peut rivaliser.

©Alain HanelIl est vrai qu’au pupitre Gustavo Dudamel mobilise ses troupes. Ce chef vénézuélien de 37 ans, actuel directeur musical du Los Angeles Philharmonic, est en passe de devenir l’un des grands maestros de sa génération (au passage rappelons qu’il était, lui aussi, à la baguette pour le concert du nouvel an en 2017). Dirigeant avec autant de maîtrise que de brio et sans partition les deux œuvres au programme, sa précision, son élégance, sa fougue permettent de galvaniser des instrumentistes qui donnent ainsi, mais comme toujours, le meilleur d’eux-mêmes. Evidemment, le triomphe attendu se concrétise par les longs applaudissements d’une salle debout qui manifeste son enthousiasme à l’issue de ce concert.

Attendu comme marquant cet événement s’est révélé grandiose.

Illustration : Grimaldi Forum ©Alain Hanel

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