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Des gènes influencent-ils l’orientation sexuelle ?

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Des gènes influencent-ils l’orientation sexuelle ?

MONDE EN BREF : Des scientifiques auraient décelé deux gènes qui auraient une influence sur l’orientation sexuelle.

Jusqu’alors peu fructueuse, la recherche d’un marqueur génétique déterminant l’homosexualité –ou non– d’un individu pourrait bien connaître un tournant. Publiée la semaine dernière, une étude américaine évoque la découverte de deux gènes spécifiques qui pourraient potentiellement jouer un rôle dans le développement de l’orientation sexuelle. Pour aboutir à cette conclusion, une équipe de chercheurs de la NorthShore University a comparé des extraits d’ADN de 1.231 hétérosexuels et de 1.077 homosexuels «d’origine européenne».

Les hommes observés ont été divisés en deux groupes distincts formés sur la base de leur identité sexuelle, mais également de leur score à l’Échelle de Kinsey. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une échelle inventée par Alfred Kinsey, pionnier de la sexologie scientifique connu pour ses travaux sur le comportement sexuel des femmes et des hommes. Graduée de zéro à six – zéro correspondant à une hétérosexualité «totale», et 6 à une homosexualité «totale», incluant une large palette de nuances au milieu –, l’échelle évalue l’orientation sexuelle supposée d’un sujet à partir d’expériences et de réactions psychologiques.

En analysant le génome de tous les participants, les scientifiques sont parvenus à repérer deux gènes qui semblent différer en fonction de l’orientation sexuelle, décrypte New Scientist. L’un sur le chromosome 13, l’autre sur le chromosome 14. Le premier pourrait être concluant, explique Vice, car s’exprimant au sein de l’hypothalamus, une structure profonde du cerveau qui varierait en taille selon l’orientation sexuelle d’un homme. Le gène identifié sur le chromosome 14, quant à lui, s’exprime surtout au niveau de la thyroïde. Sa présence fait écho à une étude précédente, qui avait établi un possible lien entre dysfonctionnements thyroïdiens et homosexualité masculine. Les auteurs de l’études eux-mêmes le reconnaissent: «Ces liens potentiels demeurent spéculatifs». Car l’échantillon n’est composé que d’hommes européens et sa taille est considérée comme relativement petite en matière d’analyses génétiques. Pour être réellement crédible, estime le journaliste Justin Lehmiller, les résultats devront être observés sur des échantillons plus variés et plus importants. Surtout, la présence de gènes inclinant davantage vers l’homosexualité ne veut pas dire que la personne sera effectivement gay. D’autres facteurs viennent se mêler.

Reste aujourd’hui à mesurer l’effet réel de cette découverte sur l’orientation sexuelle. Transmission génétique (inné) ou sexualité construite et influencée par des éléments environnementaux (acquis)? Les experts, à l’image de l’opinion publique, demeurent divisés. En 2010, des chercheurs de l’université de Liège affirmaient qu’«on naît homosexuel», et qu’être gay ne relevait en rien d’un choix ou d’une «déviance psychologique». D’autres évoquent un savant mélange entre «naître» et «devenir» gay. ML.

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