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Le soleil et ses cultes chez les indo-européens : Conférence le vendredi 23 février à Paris

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Le soleil et ses cultes chez les indo-européens : Conférence le vendredi 23 février à Paris

CARTOUCHES MÉTAPOLITIQUES : “Le soleil et ses cultes chez les peuples indo-européens des origines à nos jour”, conférence-projection de Jean-Christophe Mathelin, Président de Solaria.

Il ne faut pas entendre “culte solaire” au sens restreint d’une astrolâtrie primitive limitée, mais d’une acception plus vaste, lumineuse, ordonnant autour d’elle un ensemble de conceptions religieuses, dans lesquelles le Soleil a un caractère central, mais non exclusif, et surtout symbolique.
Le Soleil est un symbole universel, ce qui explique qu’on puisse trouver des éléments solaires dans la plupart des religions. Mais le culte solaire n’a été prépondérant que chez certains peuples: anciens Indo-européens, anciens Égyptiens, Incas, Aztèques, Japonais.

Chaque peuple a envisagé le Soleil selon sa culture: on doit donc parler des cultes solaires.

À travers le domaine indo-européen, on constate un fond commun auquel se superposent des variation locales. Les preuves de l’importance du Soleil chez les anciens Indo-européens sont fournies par la linguistique et l’histoire des religions. L’archéologie permet de fixer l’apparition des cultes solaires au Paléolithique supérieur (—15000, orientation des grottes ornées comme Lascaux). Ils se développent au Néolithique (—7000, gravures rupestres, mégalithes), en corrélation avec l’avènement de l’agriculture. L’observation du Soleil conduit à l’établissement des premiers calendriers fiables. Concomitamment prennent naissance des mythes solaires de la fécondité-fertilité, également en relation avec le monde des morts.

À l’âge du Bronze (2500 à 800 av. E. C.) les cultes solaires atteignent leur apogée, en liaison cette fois avec le travail du métal. La mythologie du Soleil s’enrichit (char, barque, monarque solaires…), ainsi que les rites (incinération des défunts, hymnes…).

Avec l’âge du Fer, début de l’Antiquité), on assiste à l’anthropomorphisation des divinités solaires (Grèce), qui prennent une forme achevée avec Apollon (rayonnement de l’apollinisme delphique au VIème siècle av. E. C.).

Mais c’est à travers l’empire romain que le Dieu-Soleil connaît ses plus grands succès. D’abord avec les mystères de Mithra, qui atteignent leur apogée au IIIème siècle E. C. Puis avec Sol Invictus (culte syncrétique regroupant ceux de Sol-Apollon-Mithra), officialisé par Aurélien en 274, il se subordonne tout le panthéon (hénothéisme).

La théologie solaire représente alors un des sommets de la pensée païenne (traité “Sur Hélios-Roi” de l’empereur Julien, 362). Mais cet épanouissement est contrarié par l’expansion du christianisme (reconnu par Constantin en 313), puis stoppé par l’interdiction du paganisme (Théodose, 392).
La période mérovingienne voit un renouveau des cultes solaires, consécutif à une repaganisation partielle de la Gaule, mais sans lendemain, du fait du triomphe définitif de l’Église. C’est alors chez les peuples scandinaves, baltes et slaves que survit la tradition solaire, de même que dans le domaine indo-européen non atteint par le christianisme (Perse, Inde).
L’Europe du Moyen-Âge démonise les cultes solaires, mais ne peut empêcher certaines résurgences spontanées, et en fin de compte, en récupère différents aspects. De plus, des éléments solaires issus de l’hermétisme survivent par plusieurs voies: confréries de bâtisseurs, alchimie, hérésies (Manichéens, Cathares).
Avec la Renaissance, l’Europe des lettrés, des savants, des artistes, redécouvre l’Antiquité. La théorie de Copernic (l’héliocentrisme, 1543) relance l’intérêt pour les cultes solaires, mais il s’agit désormais plus d’une démarche humaniste, voire politique (Louis XIV) que religieuse.
Au XXème siècle, les cultes solaires survivent de manière souvent inconsciente à travers le folklore et l’art populaire, mais des écrivains (D.H. Lawrence), des poètes (Anna de Noailles), des artistes (Lurçat) ou des spiritualistes (Aïvanhov) y font sciemment référence.
Nos sociétés matérialistes ont ravalé le Soleil au rang d’objet, de marchandise. Réduit à “une sphère de feu sans âme” (Schiller), le Grand Soleil ne nous parle plus.
Mais il n’est pas illégitime de penser que “le seul culte qui fut scientifique et raisonnable” (Renan), pourrait jouer un rôle dans la spiritualité du IIIème millénaire.

Une conférence détaillée avec projection de diapositives sera donnée le vendredi 23 février à 17h au François Coppée, 1 boulevard du Montparnasse 75006, Métro Duroc. Renseignements et Inscription obligatoire au 0628594840

6 euros 50 de consommation obligatoire pour tous + droit d’entrée 10 euros (sauf pour les membres du Cercle E. Renan, gratuit).Possibilité de diner sur place ensuite.

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