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La nouvelle politique militaire des États-Unis – attention – danger !

US Danger

La nouvelle politique militaire des États-Unis – attention – danger !

Robert Bibeau ♦

Qu’y a-t-il de nouveau dans la politique militaire et nucléaire américaine rendue publique par le Pentagone le vendredi 2 février dernier ? (1)

Un accroissement des dépenses militaires américaines, du « Déjà vu ».
Le développement de nouvelles armes nucléaires tactiques de faible capacité et de portée limitée.
La menace d’utiliser ces armes nucléaires létales contre un État non nucléarisé.
La menace d’utiliser ces armes létales le premier (et non plus en riposte à une attaque nucléaire) et contre n’importe quel pays où qu’il se trouve sur la planète.

Quels pays sont visés par le gouvernement américain par cette nouvelle politique belliqueuse ?

La Russie en tant que fournisseur d’énergie et bras armés de la superpuissance économique et financière chinoise, son alliée .
La Chine en tant que première puissance concurrente de l’Amérique économique – financière – boursière et militaire.
La Corée du Nord en tant qu’allié et terrain de confrontation par procuration entre les deux géants se battant pour l’hégémonie mondiale.
L’Iran en tant que fournisseur d’hydrocarbure à la Chine et en tant qu’État récalcitrant tenant tête aux visées hégémoniques américaines. Ainsi l’Iran refuse de faire du dollar américain la seule devise de son commerce international.
L’Union européenne alliée des États-Unis qui reçoit cet ultimatum « Vous êtes avec nous dans cette aventure belliqueuse nucléarisée ou vous êtes contre nous ! » Or, les États européens risquent d’être à nouveau sur la ligne de front comme lors des deux guerres mondiales précédentes et il n’est pas du tout certain que le Grand capital européen mondialisé souhaite jouer la tête de Turc à une troisième reprise.
Tous les pays du monde grands et petits, alliés ou ennemis des États-Unis, que le Pentagone menace ainsi de représailles nucléaires s’ils osent résister à son hégémonie délétère.
Le peuple américain lui-même, si jamais en réaction à sa misère grandissante il osait résister et se soulever contre ses geôliers.

Pourquoi cette nouvelle politique militaire est-elle dévoilée à ce moment-ci ? Que cherchent aujourd’hui les États-Unis ?

L’establishment financier américain, et un groupe important de généraux, sont aux abois, car ils sont conscients de l’effondrement économique de l’Amérique. Le dollar est menacé et à travers lui l’ensemble de l’échafaudage bancal de l’économie américaine. L’endettement est ahurissant, le déficit commercial titanesque et récurrent, le chômage réel est effarant et la pauvreté s’épand, les tensions sociales palpables et la société précarisée est sur le point d’éclater. Notre webmagazine publie une série d’articles décrivant la misère qui se répand http://www.les7duquebec.com/?s=effondrement
Comme nous le disons depuis une année, Donald Trump n’est pas un isolationniste, mais un mondialiste. Les États-Unis renégocient présentement tous ses traités commerciaux avec ses partenaires et concurrents immédiats. Les forfanteries de Donald l’épouvantail ne visent qu’à conditionner les gouvernements concurrents.
Cette annonce publique largement médiatisée d’une nouvelle politique belliqueuse, vise à intimider les bourgeoisies du monde entier afin qu’elles s’inclinent, conservent le dollar comme principale devise du commerce international, et se soumettent aux dictats commerciaux étatsuniens (exemple pour le Canada dans l’ALENA, qu’il renonce à la gestion de l’offre, etc.)

Quelles peuvent être les conséquences de cette nouvelle politique militaire et nucléaire ?

Cette annonce ne peut qu’encourager le camp adverse, Chine – Russie – Iran notamment, à se rapprocher et à se lancer dans une course aux armements, qui ne peut qu’être un gaspillage de ressources ce qui accentuera les problèmes économiques qu’engendrent toujours ces dépenses improductives (déficit budgétaire en hausse, endettement croissant, déplacement des investissements mondiaux de la sphère sociale vers la sphère militaire improductive, grève générale de protestation, etc.)

Cette annonce a déjà eu l’effet d’encourager le réarmement des pays européens qui pour certains viennent d’annoncer la croissance de leur budget militaire. Sans compter que l’Alliance atlantique (OTAN) sera fragilisée suite à cette mise en demeure américaine aux chancelleries européennes qui ne sont plus dans la situation désespérée du Plan Marshall. L’Union européenne est de facto la première puissance économique et commerciale mondiale. Elle risque de se le rappeler et de se crisper face à un allié de plus en plus spoliateur (sic).

De nombreux pays déjà nucléarisés, et d’autres pas encore nucléarisés seront poussés à s’équiper d’armes nucléaires de manière à se protéger dans l’éventualité d’un chantage américain à la nucléarisation d’une agression.

Bref, comme nous le disons depuis un certain temps, par cette politique le monde se rapproche dangereusement d’une troisième guerre mondiale – en dépit des plumitifs pacifistes utopistes .

Les États-Unis peuvent-ils atteindre leurs objectifs stratégiques par cette nouvelle politique militaire et nucléaire ?

Aucunement. Cette politique de menace nucléaire est la suite logique de la politique de menace militaire que les États-Unis appliquent depuis la naissance de cette puissance au XVIIIe siècle. Il ne faut pas oublier que ce pays impérialiste est en guerre perpétuelle sur un continent ou sur un autre depuis son apparition. Les États-Unis n’ont pratiquement jamais été en paix. Certains pensaient qu’ayant été rossé via leurs mercenaires djihadistes stipendiés en Irak et en Syrie, le Pentagone aurait compris et aurait retiré son contingent de soutien aux pseudo islamistes de l’EI. L’administration américaine vient d’annoncer que ses troupes occuperont la Syrie un temps indéfini, comme en Afghanistan ou pourtant leurs soldats d’occupation sont confinés à un petit périmètre dans Kaboul, justifiant les tueries des talibans.

Le budget de la « défense » des États-Unis est le plus important dans le monde, et ce depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et pourtant, depuis leur défaite au Vietnam (1973) les États-Unis n’ont pratiquement jamais gagné une guerre et ne parviennent qu’à tuer des civils en grand nombre et à s’enliser. Plus ils injectent d’argent dans l’armement moins ces dépenses sont efficientes. Le problème de l’armée américaine ce n’est pas son armement insuffisant, ce sont les soldats américains qui n’ont plus le cœur à se sacrifier pour les potentats de Wall Street.

Bref, cette nouvelle politique nucléaire est le fruit de l’escalade du désespoir de la part de l’establishment financier américain qui constate l’effondrement éminent de son système économique et financier décadent et ne peut faire autrement que de résister à son essoufflement.
Malgré les sacrifices que la classe capitaliste américaine impose au prolétariat américain, et mondial, l’économie de l’Amérique n’est pas concurrentielle et s’effondre alors que de nouveaux prétendants à l’hégémonie, économique d’abord, politique et militaire ensuite (Chine et ses alliés VS Union européenne) s’avancent pour les écarter.

Conclusions

Les États-Unis d’Amérique se retrouvent dans la situation ou se trouvait l’Empire britannique après la Seconde Guerre mondiale. L’Empire, sur lequel le soleil ne se couchait jamais, avait deux choix face à la concurrence de son allié américain : résister et le confronter, entraînant le monde dans une nouvelle guerre d’Apocalypse ; ou encore, plier, se ranger, négocier une position privilégiée dans l’économie mondiale post-britannique, ce qui donna la City. Malheureusement, contrairement aux Britanniques, il est peu probable que le Grand capital étatsunien se résigne à cette éventualité.

Source : agora vox

  1. « Les États-Unis veulent se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance en réponse notamment au réarmement de la Russie, selon la nouvelle « posture nucléaire » publiée vendredi par le Pentagone. Ces nouvelles armes, qui font craindre aux experts une relance de la prolifération et un risque plus élevé de conflits nucléaires, représentent une « réponse à l’expansion des capacités [nucléaires] de la Russie », a indiqué à la presse Greg Weaver, responsable des capacités stratégiques à l’État-major américain. »
  1. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard21 février 2018

    Excellent article… inquiétant à souhait

    Je me permets toutefois de faire remarquer à l’excellent auteur que, peut-être en 1919-20 (et encore !), l’Empire britannique aurait pu disputer l’Imperium aux USA (c’était inutile, la population US étant retombée dans son isolationnisme), mais qu’en 1945, l’état de faiblesse de la Grande-Bretagne et l’éloignement grandissant des Dominions ne faisait plus de la City et de ses pantins des Communes et de la Chambre des Lords qu’une puissance de 3e ordre… les Mémoires de Lord Moran sont farcis des pleurs et des gémissements de W. Spencer-Churchill à ce propos
    Dès 1947, la GB est obligée de brader son fleuron : l’Empire des Indes

    Donc article sensationnel… sauf l’exemple pris en conclusion. Nul en Occident ne pouvait en 45 sq. rivaliser avec les USA
    De nos jours, il faudrait une Europe Unie des Nations (et non pas des Économies) pour tenir tête aux requins de Wall Street et aux sénateurs vautrés devant le veau d’or, comme le sont les marionnettes de Londres, Paris, Berlin, Rome, Madrid, etc… jusqu’en Ukraine
    Je crois que nous pouvons tous – du moins les Européens de souche à esprit européen – tomber d’accord sur ce point.

  2. Montenay
    Montenay23 février 2018

    Il est tout à fait dommage que l’idéologie de l’auteur fausse l’analyse d’un problème aussi important

  3. Robert41
    Robert4123 février 2018

    Les États-unis n’auront jamais 1000 ans d’âge … Cette boutade, vaut bien un avis personnel à votre éclairante assertion, sur l’éventualité d’un troisième conflit mondial. Mais, il existe déjà mon cher Monsieur ! – Il s’appelle : – Asservissement politique, ingérences militaires, terrorisme islamique, occupations arbitraires, invasions migratoires, etc … Tout ce vocabulaire désigne ce que vous dénoncez. Dans votre billet, il me semble qu’il y a supercherie américaine. Car entre-nous, il y a longtemps qu’ils ont miniaturisé ces armes fatales. Face à la Russie de Poutine remarquable dans le muscle et l’action, notre ami Donald n’a pas le choix que d’alimenter sa first-class dans la supériorité technologique. Demain, en fin aujourd’hui quand-même, le combat sera essentiellement urbain et terriblement meurtrier. Même avec des protections de warrior, l’homme moderne n’est pas fait pour ce chaos provoqué. Ce qui est paradoxale avec notre modernité, où normalement l’homme est censé être instruit, éduqué et responsable ; c’est l’inaptitude humaine à recouvrer la raison et respecter la légitimité de chaque peuple. On ne veut ni de tour de Babel, ni de marché global, ni de gouvernement mondial. C’est clair mais cela n’est jamais entendu par nos dirigeants politiques ; alors commençons pas virer électoralement cette fumisterie politique qui s’engraisse à bon compte !

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