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L’héritage de Johnny : un petit parfum de Lolita en suspens

Johnny Laeticia

L’héritage de Johnny : un petit parfum de Lolita en suspens

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue.

Après Line Renaud, Jean Reno, ou Eddy Mitchell, c’était au tour, ce week-end, de Brigitte Bardot de s’exprimer sur la polémique née du testament de Johnny Hallyday . Puis Sylvie Vartan a pris la parole saluée le lendemain par un revenant Michel Polnareff.

En pleine déconfiture et à défaut d’attentats et de scrutins électoraux , la presse table sur les affaires de Johnny pour se trouver des lecteurs. Mais là encore fait-elle vraiment son travail ? S’est-elle vraiment demandée pourquoi Laeticia a fait mettre les sociétés musicales de Johnny aux noms de sa grand-mère et de son père ? Nous évoquons ici les trois sociétés : “Mamour SARL”, “Artistes et Promotion” et “Pimiento Music”, toutes gérées par la grand-mère paternelle de Laeticia, Elyette Boudou, 82 ans, que Johnny Hallyday surnommait Mamie Rock.

Las des critiques à l’égard de Laeticia, l’écrivain et éditorialiste Patrick Besson a pris la plume dans Le Point pour défendre la veuve du rockeur tandis que Christine Angot s’est, elle, rangée du côté des laissés pour compte.  Voilà où s’emporte le débat littéraire français sur les affres post-mortem d’un rocker milliardaire. Réputé pour ses billets, Patrick Besson s’en prend violemment – quel courage ! – à « la France des médias, du show-biz et des réseaux sociaux ». Face à la haine qui déferlerait sur la famille, le romancier ne se ridiculise-t-il pas en haussant le ton et en soulignant à quel point toute cette histoire pourrait être traumatisante pour Jade et Joy, âgées respectivement de 13 et 9 ans, « enfermées » dans leur villa de St-Barthélémy. Besson ose écrire : « Elles, que le rockeur et son épouse avaient ramenées en France pour faire leur bonheur seront bientôt traitées de voleuses dans la cour de l’école » et il en appelle carrément les Français « aux valeurs de la République » afin qu’ « ils rangent la guillotine qu’ils ont dans la tête » (sic). On appelle cela le nouveau militantisme : le militantisme people.

A en croire Le Parisien, un accrochage aurait eu lieu entre David Hallyday et le père de Laeticia le jour des obsèques de Johnny, à St Barth. Il l’aurait menacé, toujours à en croire nos confrères, sur la succession du rockeur. « Le jour de l’enterrement, plusieurs témoins ont entendu André Boudou, le père de Laeticia  menacer David sur la succession », écrivent nos confrères.

De son côté, le procureur de Paris, François Molins a pris la parole pour mettre en garde ce lundi 26 février contre les dangers d’un « tribunal médiatique » à propos du mouvement de libération de la parole des victimes d’abus sexuels dans le sillage de l’affaire Weinstein. Le magistrat commentait le fait que le nombre de plaintes pour harcèlement et agression sexuelle a augmenté de 20 à 30 % à Paris à l’automne à la suite de la campagne #balancetonporc et #metoo, avec un pic de 154 plaintes pour le seul mois d’octobre. Mais dans cet entretien, ce qui a retenu l’attention, c’est que pour lui, l’âge de consentement sexuel devrait être fixé à 13 ans. « Il y aurait ainsi une cohérence avec l’ordonnance de 1945 sur la protection des mineurs : 13 ans, c’est l’âge à partir duquel on est accessible à des sanctions pénales. Ce serait le seuil du discernement, en quelque sorte », fait valoir François Molins.

En novembre, Emmanuel Macron s’est prononcé à titre personnel pour 15 ans. Un projet de loi sur la question a été annoncé après la polémique créée par le cas d’un homme de 28 ans poursuivi en justice pour “atteinte sexuelle” et non pour viol, car sa victime de 11 ans était considérée comme consentante.

Johnny semble avoir appris, lui, toute sa vie et jusque dans sa tombe avec cet héritage polémique que le silence des jolies nymphettes avait un prix et pas forcément celui d’une Lolita en édition de poche.

Illustration : Johnny Hallyday et Laeticia Hallyday, Auteur Georges Biard, 2009, via Wikimedia Commons.
  1. RAMON
    RAMON28 février 2018

    Pas de problème la loi française devrait s’appliquer pour les biens matériels et droits d’auteur et d’interprétation déposés en France pour le reste aux USA où ailleurs ?

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