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Mayotte : vers l’embrasement du 101ème département français

Mayotte Le Plus Jeune Département De France

Mayotte : vers l’embrasement du 101ème département français

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue.

Depuis quelques jours, l’actualité est particulièrement bousculée à Mayotte

La population est exaspérée par l’insécurité et la délinquance et, pour l’opération île morte de ce mardi 27 février, le préfet a demandé et obtenu le renfort de 75 gendarmes mobiles supplémentaires. Dès l’aube, un dispositif policier impressionnant quadrillait le chef lieu Mamoudzou afin d’éviter les débordements et les échauffourées de ces derniers jours. On se retrouve donc avec un curieux paradoxe : l’État envoie des renforts policiers contre une manifestation et une grève générale qui elles  les réclament pour protéger ses gamins qui vont à l’école !

Les organisations syndicales ainsi que le collectif de Mayotte ont décidé de se fendre ce mardi soir d’une lettre et d’une motion destinée au gouvernement français  envoyées directement au président de la république. Les grévistes réclament l’égalité des droits et demande à l’État d’assurer ses fonctions régaliennes. Ils commencent ainsi: « Cela fait plus d’une semaine que la population de Mayotte manifeste pour des revendications plus que jamais légitimes : la sécurité au sein du 101ème département ».

Plusieurs élus dont le sénateur Abdallah Hassani arrivé tout juste de métropole ont rejoint les rangs des manifestants.  Ils ont mené toute la matinée le cortège des manifestants. Ils ont pris la direction de l’amphidrome qui relie le chef-lieu à Petite-Terre pour aller à la rencontre des gendarmes qui bloquaient le passage avec leurs camions. La situation sur place, tendue,a fait craindre de nouveaux débordements mais une négociation avec les forces de l’ordre a eu lieue. En réalité, face à la pression des élus , les gendarmes ont reçu l’ordre de libérer la route afin de laisser la manifestation prendre forme. Selon les premiers décomptes, entre 2 500 et 3 000 personnes ont  composé le cortège, les bus en grève ayant été cherché en « brousse » les bouénis, les mères de famille mahoraises. La manifestation est un succès incontestable. Elle soulève donc plusieurs questions sur la poursuite du mouvement mais surtout la suite que le gouvernement  compte officiellement y apporter.

Par la voie du préfet, on a appris que Mayotte serait mise avec la Guyane en zone de sécurité prioritaire

Il y a quelques jours, les autorités se vantaient d’une baisse de 9 % de la délinquance sur l’île,  omettant bien sûr de rappeler d’autres chiffres à savoir :
– de 1998 à 2007, 474 % d’actes de délinquance supplémentaire.
– De 2007 à 2012 : 700 % supplémentaires.
– De 2012 à 2017 : 600 %.

En vingt-ans, on totalise ainsi le chiffre record de 2000 % d’augmentation d’actes de délinquance divers. Avec ce nombre si extraordinaire,on se demande comment l’État régalien, depuis de nombreuses années et quels que soient les gouvernements, n’a pas réagi. Comme en métropole, les citoyens sont dissuadés de porter plainte et comme partout ailleurs, les délinquants interpellés se retrouvent le lendemain dans les rues des villages parce qu’ils sont mineurs ou que l’on n’a plus aucun endroit pour les mettre, les prisons étant déjà pleines. De qui se moque-t-on alors ?

Reste l’autre question : si l’État n’est pas capable d’assurer la sécurité intérieure la plus élémentaire pourquoi ne se donne-t-il pas les moyens de se défendre à l’extérieur et ainsi de stopper l’immigration clandestine ? La semaine dernière trois kwassas d’une trentaine de personnes ont été stoppées par la police des frontières. Trois passeurs ont été arrêtés et reconduits à la frontière avec une interdiction d’entrer sur le territoire. Cette opération n’est en fait que de la routine comme l’est aussi la contrebande de nuit entre Anjouan et les Comores avec de drôles de villages de « mécaniciens illégaux » vivant des démantèlements de scooters, motos ou voitures volées sur Mamoudzou réacheminés de nuit en pièces détachées aux Comores, un kwassa ne repartant jamais à vide, vieux principe de la marine « marchande ».

De la délinquance mahoraise, nous en connaissons effectivement l’origine : l’immigration clandestine et la jeunesse

En effet, depuis les années 90, l’immigration n’est plus celle de pères de famille venus travailler dans le bâtiment sur l’île pour envoyer  leur salaire aux familles restées sur place. Cette immigration est surtout aujourd’hui celle de jeunes souvent mineurs isolés. En arrivant illégalement à Mayotte, ils pensent qu’ils pourront étudier , obtenir des diplômes mais souvent dès qu’ils arrivent, ils déchantent car ils se retrouvent dans des établissements surchargés, qu’ils ne comprennent tout simplement pas la langue qu’on leur enseigne puisqu’on n’a pas songé  à déroger aux programmes officiels, à généraliser par exemple le FLE (le français en langue étrangère appliquée) ou à envisager des classes spécialisées, ce qui impliquerait il est vrai de recenser de fait les « illégaux » en tant que primo-arrivants. Ainsi, l’annonce du préfet d’une zone de sécurité prioritaire n’est viable que si Mayotte et tout son territoire est déclarée pour la rentrée 2018 en zone REP +, zone d’enseignement prioritaire, d’urgence absolue en matière éducative.

Depuis quelques jours, la sécurité du service d’immigration de la préfecture a été renforcée avec des grilles et des sas de sécurité, des garde-mobiles aux portes mais il est resté ouvert. Il n’est sans doute pas question pour l’État de fermer, ne serait-ce que quelques jours, un des seuls services les plus lucratifs du département.

En effet, on connaît pour Mayotte le prix de l’obtention des papiers : environ 900 euros. A Mayotte, en effet depuis quelque temps, les services débordés ne s’embarrassent plus trop avec les formalités. Il suffit de payer et de verser la petite somme rondelette tout de même pour un Malgache ou un Anjouanais. Est-ce pour cela que la maternité a déjà plus d’accouchements en ce début d’année qu’en 2017. A l’hôpital de Mamoudzou, les gynécologues ne travaillent plus qu’en gardes et il n’y a plus de vacations de consultations. C’est donc pour les médecins des gardes de 24 h d’où ils sortent fatigués, ne faisant que dormir avant de retourner au travail pendant que la directrice de l’hôpital public assume les insuffisances des services.

Mayotte, c’est aussi cela : on y évite le plus possible l’hôpital et ses queues aux urgences  tandis que  le personnel médical s’empresse de dissuader les Mahorais de s’y présenter pour les envoyer dans la médecine privée. L’hôpital public devient ainsi celui des clandestins, cercle vicieux de l’assistanat humanitaire généralisé mais aussi des doubles ordonnances pour Anjouan ou Madagascar aux frais de la sécurité sociale.

  1. LHOMME
    LHOMME28 février 2018

    DERNIERE MINUTE :
    Depuis ce matin, mercredi 28 février, plusieurs barrages ont été dressés dans le nord, le centre et le sud de l’île. Certains à l’aide d’arbres et d’encombrants posés en travers de la route comme à Koungou, Sada ou encore Longoni. À Chirongui au carrefour Ngouezi, le barrage est tenu par des grévistes qui envisagent par ailleurs de mener d’autres actions dans la journée. Il est donc impossible du Sud de se rendre à Mamoudzou. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer a évoqué ce matin à la télévision la situation à Mayotte et a annoncé sa venue sur le territoire après les élections législatives partielles dans la première circonscription qui auront lieu du 18 au 25 mars prochain. Ces élections ont été annulées en raison de soupçons de fraude électorale de l’ex-député macroniste (LREM) Ramlati Ali mise en examen pour fraude électorale, fameuse député qui a siégé en foulard traditionnel dans l’hémicycle et qui se représente pourtant face à sept autres candidats. Ces élections partielles augurent mal d’une solution de déblocage de l’île avant fin mars et la fin du second tour. Le collectif et l’intersyndicale à l’origine de la grève générale, ont fait savoir aujourd’hui par le biais d’un communiqué que la grève était générale et illimitée pour deux motifs principaux : « la protestation contre l’insécurité permanente et généralisée sur l’ensemble du Département de Mayotte  et celle contre les violences perpétrées au sein et à proximité immédiate des établissements scolaires de l’île ». Face à ces méfaits qui empoisonnent la quotidien de la population française de Mayotte, le gouvernement reste dans son mutisme, demandant des renforts de gendarmerie contre les manifestants, veillant à ce que le service « commercial » de régularisation de l’immigration clandestine fonctionne normalement et se refusant pour l’Education à déclarer tout le département en zone d’éducation prioritaire renforcée (REP+). Le mouvement risque donc de continuer et de se radicaliser. Les élus font le profil bas et commencent tout juste après un silence coupable et une incompétence notoire (ce sont eux qui sont responsables du ramassage scolaire) à prendre la mesure de l’exaspération populaire de la base. Ce sera donc au gouvernement et aux élus de prendre maintenant leur responsabilité pour ramener la paix sur le territoire et la sérénité du département français. ML

  2. sirius
    sirius1 mars 2018

    Qui a commis la folie de faire de cette ile un département ?
    La seule solution stopper l’immigration et encourager la limitation des naissances .

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