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RTE ne nous dit pas tout !

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RTE ne nous dit pas tout !

Michel Gay ♦

Lors de la pointe de consommation d’électricité en France le 27 février 2018, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) ne nous a pas tout dit.

RTE a omis de dire qu’EDF avait prolongé l’exploitation de deux réacteurs nucléaires (Gravelines 6 et Tricastin 4) pendant une semaine pour pouvoir faire face à l’augmentation de la consommation prévue pendant la vague de froid du “Moscou – Paris”. Leur arrêt était prévu le 24 février pour renouvellement du combustible.

RTE ne nous a pas dit que près d’un gigawatt (GW) de consommation industrielle avait dû être “effacé” lors de la pointe de consommation du 27 février, selon un tract de la CFE-CGC du 28 février.

RTE ne nous a pas dit que, par chance, il y a avait un peu de vent dans cette situation anticyclonique froide et que les éoliennes ont pu fournir “par hasard” 3 GW non programmables (sur près de 14 GW de puissance installée…) à la pointe du soir le 27 février à 19h30.

RTE ne nous a pas dit que les panneaux solaires n’ont été d’aucun secours pour répondre au besoin de consommation à ce moment là (19h30).

RTE ne nous a pas dit que nos importations d’électricité ont atteint 9,5 GW le 28 février (sur 12 GW possibles) et que tous les moyens disponibles “pilotables” (nucléaire, hydraulique, fioul, gaz, bioénergies et charbon) étaient quasiment à leur maximum.

Enfin, RTE passe sous silence que le déficit des moyens de production sûrs, programmables et pilotables pour assurer notre autonomie de production d’électricité dépasse les 10 GW.

Rappel : les éoliennes produisent quand il y a du vent, et le solaire ne produit que de jour, et faiblement en hiver (moins de 2,5 GW à midi le 28 février sur près de 8 GW installés).

Pendant ce temps, les exportations de Gazprom vers l’Europe ont augmenté de plus de 30% en trois ans, selon le groupe qui couvre plus du tiers de la consommation du continent européen.

RTE est un grand cachotier.

Mais que font les organismes chargés de contrôler le bon fonctionnement global du système électrique comme, par exemple, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) qui a pour mission d’élaborer et de mettre en œuvre la politique relative à l’énergie, aux matières premières énergétiques, ainsi qu’à la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique ?

On ne nous dirait pas tout ?

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