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Au Mexique, le spectacle électoral a commencé

Mexique Trump No

Au Mexique, le spectacle électoral a commencé

Auran Derien ♦
Universitaire.

Il y aura des élections au Mexique en juillet de cette année. Même si la date est éloignée, de l’autre côté de la frontière nord, l’empire impérialiste a frappé les trois coups pour commencer le spectacle.

Christopher Way – FBI

Mike Pompeo – CIA

Les directeurs du FBI (Christopher Wray), de la CIA (Mike Pompeo), des services d’intelligence : national, militaire, géospacial, se sont présentées devant le Sénat américain pour expliquer ce qu’elles anticipent concernant le Mexique. Leur point de départ considère que l’opposition au parti du Président Peña Nieto a quelques chances d’être élue pour trois raisons : les scandales permanents de corruption qui caractérisent les hommes  installés au pouvoir ; la criminalité endémique dont chacun sait qu’elle est inhérente au paradigme globalitaire, car les trafiquants ne voient plus que des marchandises là où l’on considérait des êtres humains ; une pauvreté organisée puisque que le peu de croissance est raflé par les tenants de la criminalité en col blanc. Les États-unis ont expliqué cela dans un document intitulé “ Evaluación global de Amenazas de la Comunidad de Inteligencia de Estados Unidos” présenté le 13 février au Comité du Sénat chargé des services secrêts par un dénommé Dan Coates, directeur de la partie “nationale”.

En juillet il y aura à la fois l’élection d’un  Président et les législatives. Comme dans d’autres pays d’Amérique hispanique, les jeunes générations ont accès aux réseaux sociaux et manifestent plus qu’avant leur désir de voir les responsables   actuels aux postes de responsabilité rendre des comptes. Il convient donc de manipuler et de censurer. Le message a été clairement transmis.

Des enquêtes traditionnelles dévaluées

Dan Coates 

Le premier effet de la publication “Evaluación global de Amenazas de la Comunidad de Inteligencia de Estados Unidos” est de favoriser les enquêtes  en faveur du pouvoir mexicain actuel qui leur est totalement acquis. La crédibilité des agences d’enquêtes d’opinion est très limitée. Chacun a appris qu’il fallait se méfier des enquêteurs. Les intentions de vote sont traitées par les candidats à l’élection de manière très frivole avant même que la campagne officielle n’ait débuté. L’un proclame que son avance sur ses concurrents est définitive. L’autre affirme qu’il est hautement compétent pour gouverner, ce qui lui assure une position privilégiée. Un troisième a débuté une pré-campagne d’unification des membres de son parti. Il reste aussi les “indépendants” dont on ne sait encore comment ils organiseront leur prosélytisme.

Des hommes honnêtes demandent un peu de propreté

Un groupe d’une cinquantaine de personnalités a déjà publié un communiqué pour demander à l’Institut National Electoral (INE) ainsi qu’au Tribunal Électoral Fédéral de se comporter avec décence et respectabilité car les irrégularités se commettent avant, pendant et après les élections. Ce groupe souhaite que soient rendues publiques les dépenses des partis et des candidats, sanctionnées les campagnes illégales, suivies et prohibées les tentatives d’achat de votes, sécurisé le choix des mexicains non résidents. Il est probable que cela n’aura pas grande conséquence.

Vous qui votez sans rien voir

Peña Nieto : un bilan catastrophique

Au Mexique, la génération la plus nombreuse est née à partir de 1980. Elle est attirée par les nouvelles technologies sans avoir pris conscience de l’aliénation qui suinte des écrans, ni comprendre que toutes les informations qu’elle laisse filtrer par internet et les réseaux sociaux seront utilisées contre elle. Un candidat doit être attractif et le contenu de son programme n’a aucune importance une fois que l’artillerie lourde des centres de données fournit les profils qui sont appréciés, les images et les coutumes qu’il est fondamental d’afficher, les idéaux à proclamer quoi qu’ils soient niés à la fin.

Le marketing et la communication digitale  contrôlés par le pouvoir  qui excelle à transformer toute chose en en film merveilleux où le candidat de leur choix se retrouvera le plus proche des jeunes générations. Clamer “ je vous ai compris” pour ramper finalement devant les soviets de la finance et les congrégations multinationales va occuper les mois qui viennent et quelque soit le futur président de Mexico nous savons qu’il sera un de leurs affidés.

Les occidentaux ont accepté, sans lutter, qu’un cartel légal d’organisations” criminelles” accumule des volumes de données. Le rabaissement du langage au niveau pré-logique, la gestuelle éliminant la pensée, les slogans pré-scientifiques ont débarqué au Mexique comme partout ailleurs désormais.

Le spectacle du vide, l’apologie du néant, la gestion pour le compte d’ inconnus, voilà la trilogie dangereuse pour nos communautés que l’on a pas fini d’imposer.

 

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