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Mayotte : Mélenchon, un discours délirant en pied-noir de la déportation

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Mayotte : Mélenchon, un discours délirant en pied-noir de la déportation

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue.

Avec l’aide de nos correspondants sur place.

Les barrages routiers tenus par des citoyens manifestant contre l’insécurité ne faiblissent pas malgré les orages et les pluies torrentielles. Nous sommes dorénavant en plein bras de fer.

Les femmes mahoraises loin de la journée des femmes.

Le gouvernement exige une reprise normale lundi, jour de la rentrée scolaire arguant de l’envoi de 170 gendarmes supplémentaires. Mais ces gendarmes semblent avoir une double mission : la sécurisation, ou la levée des barrages mardi. Un autre bataillon est envoyé pour être opérationnel mardi. Les barrages ont été initiés par une intersyndicale contre l’insécurité qui ne semble pas tout à fait contrôler sa base, excédée par l’insécurité qui continue pendant le mouvement puisque des agressions et des cambriolages se poursuivent à la tombée de la nuit. Les barrages entravent une grande partie de la circulation de l’île, et se situent aux neuf points-clés de l’île du au nord, au centre et au sud.

Le chef-lieu sera-t-il encerclé lundi ?

Les manifestants envisagent maintenant “l’encerclement de Mamoudzou” pour lundi, jour de rentrée scolaire, alors que le vice-recteur insiste sur la garantie d’une sécurisation des transports scolaires. Sur les barrages , les femmes dansent et chantent de manière traditionnelle « Ça va chauffer ! Ça va chauffer!  ». C’était le cas hier au carrefour de Chirongui. A ce même carrefour, l’intervention de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale le 8 mars 2018, fut transmis en intégralité, discours quelque peu délirant où le responsable de la France Insoumise, a défendu le texte de la convention France-Comores, réclamé un milliard et demi pour Mayotte et, en rappelant son passé de pied-noir, demandé à ce que 4000 mineurs isolés soient déplacés, retirés du territoire mahorais et envoyés en métropole dans des familles d’accueil !

Jean-Luc Mélenchon, qui espère gagner de nouveaux députés lors des deux prochaines législatives partielles de Guyane et de l’île au Parfum, se voit   en fer de lance d’une opposition “populaire”, pire en pied-noir de la rébellion. Ce 8 mars 2018 dans le cadre du débat sur une convention entre la France et l’Union des Comores pour une entraide judiciaire en matière pénale, le président du groupe « La France insoumise » a expliqué que Mayotte était sous le choc d’une immigration massive qu’elle ne pouvait assumer seule.

Il a proposé que la métropole prenne sa part en accueillant les 4 000 à 5 000 mineurs isolés et en détresse  actuellement à Mayotte. Jean-Luc Mélenchon a expliqué que l’île avait besoin d’un plan d’investissement de 1,8 milliards d’euros pour assurer le nécessaire vital notamment en matière de logement, d’accès à l’eau potable, d’éducation, de transport. Ce discours lyrique ne contient en réalité rien de réaliste sauf à vouloir se présenter comme le batman des Comores, le Bob Dénard comorien de l’humanitaire.

Avec Jean-Luc Mélenchon, l’immigration ne relèverait plus d’un choix personnel mais on forcerait les jeunes comoriens, les quatre mille mineurs isolés à une immigration en France métropolitaine, pour soulager Mayotte, déplaçant tout juste le problème en l’aggravant par le déracinement, en oubliant en plus une métropole qui déjà n’en peut plus de l’immigration.

Le problème sera juste déplacé et aggravé avec le déracinement.

Il  va de soi que, dans un tel scénario, une fois qu’ils auront été déplacés en métropole, on pleurera pour le regroupement familial de leurs parents, de leurs frères, de leurs sœurs, de toute la fratrie. Les considérations humanistes peuvent-elles vraiment faire une politique nationale ?
Le gouvernement savait que Mayotte allait craquer et prend peut-être, en ce moment, la mesure que l’heure est venue. Le premier ministre Édouard Philippe a ainsi “mis sur la table” jeudi devant les sénateurs la question du statut de la maternité de Mayotte, la plus grande de France et d’Europe en nombre de naissances, essentiellement des clandestins. Répondant à une question du sénateur LREM de Mayotte, Thani Mohamed Soilihi sur la situation éruptive que connaît l’île depuis plus de trois semaines, le Premier ministre a souligné que l’explosion démographique de l’île, “sous l’effet de l’augmentation du solde naturel et lié à l’immigration clandestine, est absolument considérable et n’a aucun équivalent“.

La maternité compte “plus de 10.000 naissances par an, c’est deux fois plus que la plus grande maternité parisienne“, a-t-il rappelé avant de s’interroger : “Est-ce qu’on s’autorise à travailler sur un nouveau statut de cette maternité ? Est-ce qu’on réfléchit aux transformations qu’il faudrait apporter en matière de droit et d’accès la nationalité à cet endroit ? je mets tous sur la table“, a-t-il déclaré.

A noter  qu’un collectif de Mahorais de Bretagne organise ce week-end une manifestation, dans le but de soutenir le département de Mayotte et que la communauté comorienne de Marseille suit avec une très grande attention tout ce qui pourrait être décidé concernant le droit du sol à Mayotte en étant prête à réagir de suite dans la rue.

Le discours de Mélenchon sur Mayotte parce qu’il vaut son pesant d’or.

 

  1. Av
    Av9 mars 2018

    L’auteur ne connaît pas le sens du mot “isolé”, cela donne beaucoup de crédibilité à l’article…

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