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Incongruités antillaises : billet d’humeur de Gustin Saintaud

Carte France D Outre Mer 1

Incongruités antillaises : billet d’humeur de Gustin Saintaud

Gustin Saintaud ♦
Universitaire.

Ce seraient de petits bouts d’une France, en illusion d’une grandeur perdue, pour actuelle présomptueuse position mondiale !

Ces confettis insulaires, flottant sur un océan exotique, parés d’une histoire exagérément remarquable

Ces confettis insulaires, flottant sur un océan exotique, se sont parés d’une histoire exagérément remarquable : si un Européen, un peu par pur hasard, les a découverts au terme du quinzième siècle, bientôt des colonisateurs, accourus de la vieille Europe, les ont dépeuplés de leurs indigènes arawaks et caraïbes, avant d’y établir une émigration allogène massive d’esclaves africains exploitables pour compenser l’éradication des Amérindiens, et fournir le gros besoin des neuves plantations de cannes à sucre, coton, tabac et cacao.

Résultante infernale d’un multi-métissage, les populations de ces micro-territoires se croient européanisées, tout en se réclamant d’une particulière étonnante originalité, à leur dire, digne d’intérêt pour mériter une autonomie de gestion, tout en exigeant la continuité de la perfusion économico-financière d’une métropole honnie comme « odieusement colonisatrice ». Nombreux locaux espèrent et réclament une rapide indépendance, dans une grossière opacité, tant est manifeste leur avidité.

De nègres, de mulâtres plus ou moins foncés, de blancs- pays souvent bien gâchés, seuls créoles stricto-sensu, de quelques indiens actifs ayant fait souche et ayant disséminé des « bata-indiens », et de purs métisses, cette population n’hésite guère à se proclamer peuple intrinsèque, et clame que son patois composite est langue à part entière, nourrie de français torturé par le temps et l’éloignement, d’un mélange de résidus de divers dialectes africains, et d’une américanisation linguistique prisée, rajoutée par effet de mode ; elle cultive amoureusement quelques reliefs et recréations lexicaux caraïbes pour plus de profondeur. Ces rajouts sont agités par d’excessifs et véhéments pseudo-linguistes locaux, très fiers d’offrir ainsi une construction plus scientifisée avec substrat, strat et superstrat ; ils ont la prétention de révéler en cela toute une prétendue philologie, nécessaire, si valorisante à une digne langue.

Le président de la République, Raymond POINCARÉ et le général MANGIN passent en revue un régiment de tirailleurs sénégalais à Fismes dans la Marne

Si ces départements ultra-marins ont su participer à des séquences notables de l’histoire nationale de la France, avec chairs à canons d’incorporés pour sauver la patrie bousculée, avec drapeaux tricolores flottant fièrement sur les hampes des bâtiments publiques, agités ici par vents alizées , et avec chant de très patriotiques Marseillaises lors de toutes manifestations officielles, de commémorations solennelles, généralement ils s’offusquent toujours d’un prétendu état de colonisation perdurant dont la nation, dont-ils s’estiment encore composantes obligées, les affligerait.

Quelle n’est point leur outrecuidance d’affirmer qu’en tout, cette France égoïste leur doit énormément de sa puissance, qu’elle leur est redevable en tout, surtout des méfaits de cet esclavage lucratif issu de l’odieux commerce triangulaire bien juteux, achevé depuis trois siècles, mais qu’ils ne cessent de ressasser pour exiger contrition et compensations !

Pour eux, ces obligations, en aides constantes de la métropole, ne suffisent pas en dédouanement nécessaire pour rester de bons Français ; elles se doivent éternelles rédemptions, ineffaçable gratitude, quand bien même un éventuel affranchissement adviendrait.

Qu’on n’ose point faire remarquer tout ce que ces micro-particules, en électrons libres par rapport à l’unité nationale, ont coûté au pays, ce que l’État français si contesté à fait et fait pour eux, ce qu’il dépense abusivement sans cesse, en pure perte, on déclenche alors la litanie des réussites sportives de leurs natifs pour brillance de l’image international de cette minable France, sans l’éclat de leurs médailles olympiques, de leurs titres mondiaux et européens de champions, de leurs louables places et performances en compétitions importantes ! Ce sont bien les seules réussites qu’ils puissent ainsi brandir ; mais n’est jamais évoqué ce que ces succès doivent à la situation, aux réalisations structurelles offertes, aux dispositions administratives, et à l’encadrement performant dont ils profitent si généreusement.

Tous ces bémols ne viennent point pour minimiser ces splendides et nombreux exploits, ni pour dévaloriser les magnifiques sportifs antillais, mais seulement remettre curseurs à leur vraie place, en ne négligeant pas ces paramètres essentiels pour bien comprendre, en toute probité, les objectifs atteints.

Il faut rendre justement aux Antillais ce qui vient des Antillais, mais seulement cela ! Il n’y a vraiment aucun devoir particulier à ce que prodigue France leur soit tributaire comme vache à lait, à jamais redevable.

Il n’est point politiquement correct d’afficher le juste bilan déficitaire de ces appendices territoriaux lointains, parfois trop oubliés, et surtout de vouloir étaler le dispendieux coût chiffré de leur particularité, avec leurs endémiques incapacités, leurs insolentes lacunes, leurs prétentions fabuleuses, en des tableaux et diagrammes évocateurs. A leur seul crédit est à noter leur attractif climat tropical insulaire et leurs eaux tièdes accueillantes, ignorant les strictes saisons européennes, pour des vacanciers venant y goûter « l’été en plein hiver ». Même les légendaires produits de la canne ne sont plus, aujourd’hui, qu’oiseuses évocations : leur sucre est devenu moins exclusif et moins rentable, leurs rhums, si peu appréciés ailleurs, sont moins commandés par tous ceux qui, par tradition, ne privilégient ni ti-punchs, ni punchs divers, ni planteurs fruités.

Dans les départements antillais français, on attend les mannes de cette France bien vilipendée, et pourquoi pas d’une Europe si étrangère mais potentiellement bienveillante ; on sait rejeter leur coercitive organisation, l’arsenal législatif et administratif qu’on contourne ou détourne impunément, ne l’utilisant qu’en usage à profit.

En définitive, qu’on-t-ils de réellement français, et en quoi la France doit-elle s’astreindre à les conserver en cet état, si détestable selon eux ?
Serait-ce pour culpabilisation colonisatrice d’avoir offert notre civilisation évoluée à des gens négatifs, et d’avoir développé si bien ces territoires déficients, qu’il faut poursuivre de tirer constamment ce super lourd boulet ?

Pourquoi ne pas résolument entrevoir une totale indépendance à la britannique, et offrir à ce « peuple » si impatient de voler de ses propres ailes, de s’assumer complètement en nous montrant ses prétendues capacités et potentialités ?

Même si ce n’est encore qu’une minorité de Guadeloupéens et de Martiniquais qui revendiquent , par l’indépendance, de se séparer de la France, et de se gérer comme État à part entière, l’effervescence grignote de plus en plus, et s’augmentent les convaincus de la négritude et de la créolitude, envieux d’un total affranchissement ; ces dignes velléités, auxquelles nous ne pouvons que souscrire, s’entachent de certaine mollesse dès lors que les soutiens comme les nôtres objectent la fin de toute aide, le tarissement de toutes les subventions multiples ; mais aussi l’arrêt définitif de maintes dispositions réglementaires à leur avantage spécifique. Ainsi n’hésitait pas à l’avouer feu Monsieur Jean Barfleur, précédent maire guadeloupéen de la commune de Port Louis, parmi les premiers et plus actifs indépendantistes de Guadeloupe, quand il se plaignait que le RMI avait bien calmé l’essor de l’indépendantisme que lui, parmi d’autres, instrumentalisait et alimentait, alors.

L’État français ne devrait pas attendre plus longtemps que, bon an mal an, les revendications outrancières des Antillais, jusqu’alors de nationalité française, le submergent et lui imposent une séparation astucieusement négociée et fort coûteuse. Il devrait, sans plus attendre, décider impérieusement de couper franchement le cordon ombilical de liens si peu fiables et très spécieux.

 

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