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Mayotte en attendant la ministre. Barrages, méga manifestation et gaffe du vice-recteur

Mayotte Paysage

Mayotte en attendant la ministre. Barrages, méga manifestation et gaffe du vice-recteur

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue.

Nathalie Costantini, hollandiste invétérée, socialiste convaincue a atteint la célébrité et restera certainement sous forme de photocopie dans le matériel de travaux dirigés des cours d’administration publique ou de l’école d’administration.

En plein mouvement social dont tout le monde s’accorde qu’il ne cesse de se durcir et qu’il est plus que légitime, elle s’est en effet fendue d’une lettre à son personnel qui constitue le parfait modèle de ce qu’il ne faut surtout pas faire, jamais faire, lettre provocatrice dont le dernier paragraphe en est d’ailleurs un aveu explicite : « S’il n’est pas dans notre intention d’apparaître provocateur…. ». Autrement dit, lapsus  « nous l’avons pensé… ».

Résultat des courses, ce lundi tous les syndicats se retrouvent vent debout contre une administration incapable de mettre à jour régulièrement son site internet, de fournir en temps voulu un calendrier scolaire (prenez donc l’exemple sur la Réunion), laissant démunis et sans formation les contractuels qu’elle recrute. En effet, les responsables actuels du vice-rectorat de Mayotte, dont le directeur de cabinet,  sont en grande partie responsables du pourrissement actuel de la situation, de l’absence de prise en compte rapide de la situation qui a amené au dérapage actuel et à l’élaboration  d’un nouveau concept administratif dans l’éducation nationale utilisé normalement en cas d’alerte rouge cyclonique «  un “principe de proximité géographique”, qui concernerait les élèves comme les enseignants. C’est en effet administrativement nouveau mais cela donne la réelle dimension de la crise qui frappe le territoire : une crise de type cyclonique, crise sécuritaire qui frapperait tout le le territoire et interdirait de fait de lancer dans les rues personnels et élèves sans qu’ils ne prennent de gros risques !

Car il y a bien maintenant dérapage

La Ministre des Outre-Mer a décidé de passer outre toutes les conventions dont celle non des moindres en démocratie du devoir de réserve électoral pour se rendre aujourd’hui à Mayotte. Elle est arrivée avec un aéroport vide pour l’accueillir et donc sans les traditionnels colliers de fleurs car l’armée en avait préalablement totalement bloqué les accès. Fait inhabituel  deux barrages ont été érigés sur l’îlot de Petite-Terre siège de l’aéroport international au petit matin pour l’empêcher de prendre la barge et de rejoindre Mamoudzou. Sur les barrages, que dit-on ? « Elle nous a mal parlé, qu’elle reparte !  », « On veut Macron ou Collomb  ». Le député Mansour Kamardine qui travaille pour l’élection de son neveu dans la première circonscription (népotisme familial sous le couvert des Républicains) appelle à une manifestation géante (50 000 personnes) place de la République. Il peut les avoir.

La situation n’a donc pas évolué à Mayotte

Bien au contraire. Un climat de rébellion anti-État, anti-France est même en train de s’installer. Il n’y a pas d’éducation possible lorsque la violence règne mais il n’y a que l’éducation aussi pour répondre à la violence. Il faudrait déclarer tout le département zone REP+ pour le second degré, doubler les effectifs de surveillance, cesser le laxisme sécuritaire, réparer les radars, contrôler par corvettes le lagon, avoir une position des plus fermes face à la corruption et la mauvaise foi de l’Union des Comores.

Illustration : paysages de Mayotte.

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