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Le Pérou avant les Incas, une grande exposition au Quai Branly

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Le Pérou avant les Incas, une grande exposition au Quai Branly

CULTURE EN BREF : L’archéologue péruvien, ancien directeur du musée Huacas de Moche au Pérou,  Santiago Uceda est décédé le 14 janvier 2018. Il avait été le commissaire de l’exposition Le Pérou avant les Incas, actuellement visible au Musée du Quai Branly jusqu’au 1er avril. L’exposition devient comme un hommage à son travail.

Les Incas au Pérou ne furent en réalité qu’une culture décadente précédée des Cupisnique, des Mochica, des Chimú, de la culture Lambayeque ou Chavin. Ces grandes cultures pré-incaiques sont la plupart du temps méconnues du grand public : elles n’ont pas la puissance évocatrice des Incas, elles n’ont pas attiré Tintin le reporter belge. Pourtant, ces cultures anciennes du Pérou ont porté les germes du plus vaste empire paien et solaire que le monde ait peut-être connu. Parmi ces sociétés anciennes, les Mochicas (ou Moché) – sans doute l’une des premières à avoir construit une structure étatique – ont posé, il y a plus de 1500 ans, les bases de la civilisation préhispanique. S’appuyant sur les récentes avancées archéologiques réalisées dans la région – sur les sites des Huacas près de Trujillo ou des tombes royales de Sipán notamment –, l’exposition du Quai Branly se propose d’étudier l’origine et  l’organisation du pouvoir dans ces sociétés anciennes.

C’est donc dans son projet une exposition éminemment politique

Parmi les dieux célestes, les rois, les élites et seigneurs urbains, les guerriers et prêtres ou prêtresses, qui détenait réellement le pouvoir et qu’est-ce finalement que gouverner ? Comment l’autorité se manifestait-elle ? À travers près de 300 pièces dont des céramiques uniques, une enquête archéologique sur la succession des systèmes politiques nous est ainsi présentée. Cette exposition est présentée en partenariat avec le ministère de la Culture du Pérou.

Et pendant qu’à Paris, on se délecte des œuvres archéologiques exposées, un camion semi-remorque a fait fausse route et endommagé les célèbres lignes de Nazca, tracées au sud du Pérou il y a plus de 2.000 ans, représentant animaux et plantes et visibles uniquement du ciel. Le véhicule était entré le 27 janvier sur ce site classé au patrimoine mondial de l’humanité en dépit des nombreux panneaux de signalisation en interdisant l’accès, endommageant la superficie de la plaine, dont trois géoglyphes. Le chauffeur sera présenté à la justice. “Le camion a laissé de profondes traces sur 100 mètres environ“, selon le communiqué du Ministère de la Culture péruvien.

Les lignes de Nazca, découvertes il y a un peu plus d’un demi-siècle, ont alimenté au fil des années l’une des plus grandes énigmes de la planète et suscité des escroqueries littéraires plus ou moins fantaisistes dans le style des visiteurs extra-terrestres. Or, selon les archéologues, ces lignes qui s’étendent sur une zone de 750 km2 avaient une fonction tout simplement cérémonielle pour les Nazcas dont la civilisation s’étendait du désert, aux Andes et à la forêt vierge. Protégées de l’érosion par l’absence de pluie et le vent, les dessins de Nazca représentent notamment un singe de 135 mètres d’envergure, la queue en spirale, une araignée (46 mètres de long), un colibri (66 mètres d’une aile à l’autre) ainsi qu’un oiseau géant, long de 300 mètres et large de 54. Table d’orientation astronomique, cartographie de pélerinage, ces lignes témoignent en tout cas des connaissances poussées des peuples andins adorateurs du soleil et de la Pacha Mama, la déesse mère. Michel Lhomme.

Le Pérou avant les Incas, exposition au Quai Branly, Paris. Jusqu’au 1er Avril 2018.

 

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