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Continuité, changement et similitudes : méditation sur les élections chiliennes

Chile   Escuela De Suboficiales Ejército

Continuité, changement et similitudes : méditation sur les élections chiliennes

Auran Derien ♦
Universitaire.

Continuité, changement et similitudes, ce fut le cas au Chili, avec le retour à la Présidence de Sébatien Piñeras. Comme il avait déjà exercé la fonction en 2009, une partie de la population a pu  croire qu’il avait appris de ses erreurs antérieures.

Une idée qui a été soutenue par de nombreux commentateurs chiliens est la possibilité qu’il remette un peu d’ordre dans l’administration dont l’efficacité laissa à désirer sous la direction précédente de Michelle Bachelet. Mais il est probable que la continuité de la pseudo différence gauche-droite soit lentement érodée .

Il y eut une mobilisation électorale importante lors du second tour, Sébastian Piñera s’affirmant “de droite” à la manière de Nicolas Sarkozy en France. L’incorporation de nouveaux électeurs assurant la victoire est en même temps un risque pour le nouveau pouvoir puisqu’il n’est pas très probable que les nouveaux électeurs confondent droite avec privatisation au profit de la ploutocratie locale.

Le vote populaire-patriote s’était manifesté au premier tour de la présidentielle, avec le candidat du peuple José Antonio Kast, qui bénéficia de nombreuses voix dans les districts miniers, lesquels auraient voté communiste en d’autres temps.  La coalition de centre gauche qui fut hégémonique durant des décennies a perdu tout crédit. La nouveauté a été le “Frente Amplio” qui bénéficie de 20 députés et incarne la troisième force parlementaire. La mauvaise farce serait que ce Front, qui a accepté d’être comparé à Podemos, le parti espagnol, soit aussi médiocre et vendu que ce dernier car le F.A (Frente Amplia) est un conglomérat hétérogène : les uns se proclament autonomistes, d’autres écologistes, sans oublier les niaiseries standards, du type s’affirmer féministes, libertaires, égalitaires, radicalement démocrates, et libéraux. Ce F.A. n’a donc rien de populiste.

La misère intellectuelle est patente

L’appréciation est générale, le contenu intellectuel des débats qui précédèrent les élections fut très pauvre. Deux thèmes furent surreprésentés : la dette des étudiants et les pensions de retraite. L’opposition se fit entre le groupe défendant la société des droits et le parti supportant “ l’autonomie responsable des personnes”, qui porta Piñera au pouvoir. Il n’y a bien sûr aucune différence entre les deux. Ce sont les mêmes obsessions mercantiles de chaque côté, les droits étant en réalité de faux droits au sens du français Alfred Sauvy.

Il nous semble particulièrement utile de comparer ce qui se déroule lors d’élections en Amérique hispanique avec les scénarios européens. Le vide des discours, le spectacle visqueux des médias , une structure tiers-mondiste avec une oligarchie kleptocratique, des pouvoirs incapables de décisions , tout montre une uniformisation autour du fanatisme d’élites politiques inaptes à proposer un projet politique et un destin à un peuple.

L’esprit a cessé de souffler et chacun s’attend à voir s’effacer de si parfaites médiocrités.

 

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