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Les Diktats commerciaux : une lente prise de conscience ?

Stop Ceta

Les Diktats commerciaux : une lente prise de conscience ?

Auran Derien ♦
Universitaire.

Le président Trump met du poil à gratter dans les systèmes bien rodés des diktats commerciaux transnationaux. Il a affirmé qu’il n’y aurait normalement aucune exception à la nouvelle décision de mettre en place des droits de douane sur l’acier et l’aluminium.

La Grande Bretagne a entamé son bras de fer avec la commission européenne. Ces événements ne sont peut-être pas grand chose, un dernier soubresaut du monde civilisé qui va disparaître, pour un temps indéterminé. Il se pourrait aussi que ce soit les prémisses d’une nouvelle aurore…

Que l’on évoque l’ALENA (USA, Canada, Mexico), le CETA (Canada-Union Europénne) ou le TTIP (Traité Transatlantique), aucune parole critique ne se transforme jamais en actes. Les diktats commerciaux sont prévus pour détruire les pays, les peuples. Ils  provoquent des guerres qui consolident le pouvoir  de la finance, installé à la BRI (Banque des règlements internationaux).

Les diktats commerciaux sont destinés à offrir aux directoires qui contrôlent les organisations “privées” tous les honneurs et toutes les richesses.  Il s’agit véritablement d’une barrière ontologique : soit on s’enrichit par tous les trafics possibles, soit on est une marchandise sans importance, sans valeur, à utiliser. Au grand jour, les diktats commerciaux sont présentés par les professionnels  comme des outils de réalisation du paradis sur terre.

Les diktats transforment tous les territoires en colonies à exploiter :  les autochtones perdent quelque droit que ce soit. Le pillage  se camoufle derrière l’expression de libre commerce ou de libre marché, élimine le devoir de solidarité (pas d’impôts) et la responsabilité des administrateurs des organisations pour les ravages commis (la santé en particulier).

Une liste d’horreurs sans fin

L’empoisonnement permis par le CETA a été bien expliqué par Guy Grandjean (1). Ce traité autorise l’importation en Europe de 60.000 tonnes de viande bovine canadienne sans taxation, alors que sont autorisés en Amérique du Nord les stimulateurs de croissance (hormones et bêta-agonistes) ainsi que les substances à double usage, thérapeutique et de promotion de la croissance (les antibiotiques).

Or, c’est tout le problème de l’antibiorésistance, enjeu majeur du XXIème siècle, qui est ainsi posé. Le CETA est entré en application en Europe depuis septembre 2017, imposé par la Commission de Bruxelles car 90% des dispositions dépendent d’elle alors que les 10% restant doivent être approuvés par les parlements nationaux.

La renégociation de l’ALENA insiste sur l’élimination des règles d’origine pour les produits et l’obligation d’instituer le mécanisme mafieux de l’arbitrage privé. Les déportations de population qui suivirent ce traité, à cause de la destruction de l’agriculture mexicaine (en particulier le maïs), ont des conséquences sociales terrifiantes, tant pour le Mexique que pour les USA (2).

Les effets du traité Trans-Pacifique sont eux-aussi multiples : ils favorisent la délocalisation d’emplois, organisent la pression pour importer la nourriture et diminuer les normes d’étiquetage, limitent les liberté sur Internet, prolongent la durée des brevets des médicaments, permettent aux entreprises d’attaquer les pays qui freinent leur pillage et, bien sûr, laissent s’organiser les intrigues financières.

Ces diktats évacuent toute forme de pensée philosophique, esthétique, politique, pour faire entrer dans les têtes de nouveaux crédos au service des puissants trafiquants. L’essentiel, pour eux, réside dans la servilité de ceux auxquels ils ont imposé ces contrats.

On ne s’étonne pas que toute action contre les diktats établis, qu’elle vienne de Donald Trump, de l’Angleterre ou du Vénézuela, en tant qu’elle est susceptible de réveiller des élites endormies, représente un danger pour l’empire . Il se pourrait bien qu’en ruinant un peu plus l’humanité chaque jour, les tenants de la global-invasion poussent à la rébellion…

(1) Blog de Guy Grandjean: Crises alimentaires et sanitaires

(2) https://www.youtube.com/watch?v=tG89P8II0cA

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