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Le froid vient de l’Est mais le gaz aussi

Gazprom

Le froid vient de l’Est mais le gaz aussi

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue.

En plein pic hivernal, le géant russe Gazprom a annoncé avoir battu durant six jours d’affilée des records d’exportations de gaz vers l’Europe.

Routes du gaz

«Gazprom continue d’établir des records absolus en volume quotidien d’exportations de gaz» vers les pays hors ex-URSS, soit l’Europe et la Turquie, a annoncé le groupe public dans un communiqué. «Un nouveau record historique de 666,8 millions de mètres cubes a été battu le 26 février, pour la sixième fois en six jours», a-t-il ajouté.

De la Baltique à la Méditerranée, l’Europe avait été saisie pendant plusieurs jours par un froid glacial qui a fait une vingtaine de morts. Cette vague de froid, les médias européens, ne l’ont pas raté  puisqu’ils l’ont surnommée “La Bête de l’Est”, “L’Ours de Sibérie” ou encore le “Moscou-Paris”. Tout ce qui peut venir de Russie ne peut être que glacial, mortel, monstrueux à la Depardieu.

Il n’empêche, les exportations de Gazprom vers l’Europe – qui grimpent traditionnellement lorsque les hivers sont froids – ont augmenté de plus de 30% en trois ans, ce qui fait que le groupe couvre plus du tiers de la consommation du continent européen. En 2017, le géant gazier avait exporté un volume record vers l’Europe et la Turquie de 194,4 milliards de mètres cubes de gaz. Aujourd’hui, le groupe cherche à développer de nouveaux gazoducs, avec le soutien capitalistique des grands groupes européens, pour maintenir sa part de marché, bien que l’Union Européenne traîne des pieds.

N’oublions pas non plus que le conflit syrien a aussi pour but de s’approprier le gaz local et d’en acheminer aussi par oléoducs par la Méditerrannée afin de pouvoir se passer de la Russie. En attendant, en plus de ses armes nouvelles, Moscou possède l’arme énergétique. Vous imaginez les Français demain sans radiateurs !

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