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Stephen Hawking face à l’éternel débat : Dieu et la science

SH Stephen Hawking In Stockholm 2015

Stephen Hawking face à l’éternel débat : Dieu et la science

Professeur Chems Eddine Chitour ♦
Ecole Polytechnique d’Alger.

« Non seulement Dieu joue aux dés, mais il les jette parfois là où on ne peut les voir. » (Réponse de Stephen Hawking à la célèbre phrase du physicien Albert Einstein: « Dieu ne joue pas aux dés. »).

Stephen Hawking, l’un des physiciens les plus influents du XXe siècle et peut-être l’icône la plus célèbre de la science contemporaine, est décédé le 14 mars 2018. Sa mort a été marquée par des déclarations de scientifiques du monde entier.

Stephen_Hawking à la NASA

Stephen Hawking malgré une maladie progressivement dégénérative, la sclérose latérale amyotrophique (maladie de Lou Gehrig) a pu se battre . Peu de scientifiques de notre époque n’ont autant frappé l’imagination que la vie et l’œuvre de ce physicien hors pair. Pourtant Hawking n’a jamais reçu de prix Nobel. En 2016, certains scientifiques se demandaient s’il pourrait jamais lui être attribué, Des exemples comme celui de « l’oubli » de Stephen Hawking existent. Souvenons par exemple, que Gandhi n’a pas eu le Prix Nobel , par contre Hitler et même Mussolini ont été “nominés” comme candidats potentiels. C’est dire s’il est difficile de comprendre ce qui se passe dans la cuisine du Nobel si on ne connait pas les dynamiques souterraines des lobbys. Et en l’occurrence Stephen Hawking ne mâchait pas ses mots pour des causes qu’il pensait être justes. Cependant du point de vue de la science, un seul mot peut résumer l’éclat de ce météore. Ce mot est dû à Sir Robert Penrose éminent mathématicien examinant le développement mathématique d’un article scientifique de Stephen Hawking dans le film dédié à Stephen Hawking : « La tête dans les étoiles » : ” C’est du Mozart !” La prestigieuse Revue Nature a rendu hommage au physicien de génie à travers les deux contributions suivantes.

Pour Martin Rees :

« Lorsque Stephen Hawking a été diagnostiqué avec une maladie du motoneurone à l’âge de 21 ans, il n’était pas clair qu’il finirait son doctorat. Contre toute attente, il a vécu 55 ans, devenant l’un des scientifiques les plus célèbres au monde. Hawking, est né à Oxford, au Royaume-Uni, en 1942, d’un père médecin-chercheur et d’une mère diplômée en philosophie. Il a obtenu un diplôme de physique de première classe de l’Université d’Oxford. Il a commencé sa carrière de chercheur en 1962 () En reliant la théorie quantique et la gravité, Hawking a montré qu’un trou noir ne serait pas complètement noir, mais rayonnerait avec une température bien définie qui dépendait inversement de sa masse L’entropie du trou noir était plus qu’une simple analogie. »

« L’implication était que le rayonnement ferait «évaporer» les trous noirs. À la fin des années 1970, Hawking avait été nommé à la Lucasian Chair of Mathematics de Cambridge (les anciens titulaires comprenaient Isaac Newton et Paul Dirac); il a occupé ce poste jusqu’à sa retraite en 2009.() Stephen est resté remarquablement positif tout au long de sa vie, Il aimait les voyages de théâtre et d’opéra, et il semblait énergique plutôt qu’épuisé par ses voyages dans toutes les parties du monde il a conservé son bon sens et son sens de l’humour, a exprimé des opinions énergiques, a soutenu des causes politiques Les espérances de Stephen quand il a été diagnostiqué ont chuté à zéro; il a dit que tout ce qui s’était passé depuis avait été un bonus. Et quel bonus – pour la physique, pour les millions éclairés par ses livres et pour le nombre encore plus grand inspiré par son accomplissement contre toute attente ».

Hawking réécrit l’histoire de l’univers en la déroulant en sens inverse

On sait que la théorie bien connue du Big Bang , nous explique comment tout cela a commencé il y a 13, 5 milliards d’années . Hawking propose de dérouler le film du temps à l’envers . Philip Ball décrit le cheminement scientifique du physicien :

« Comment l’Univers a-t-il commencé? Beaucoup de scientifiques considéreraient cela comme l’une des questions les plus profondes de tous. Mais pour Stephen Hawking, qui s’est peut-être approché plus que quiconque pour y répondre, la question n’existe même pas. Pour Hawking, et son collègue Thomas Hertog l’univers n’a pas de commencement unique. Au lieu de cela, disent-ils, cela a commencé à peu près de toutes les façons imaginables (et peut-être d’autres qui ne le sont pas). De cette profusion de commencements, la grande majorité s’est desséchée sans laisser de véritable empreinte sur l’Univers que nous connaissons aujourd’hui. Seulement une infime fraction d’entre eux se sont mélangés pour faire le cosmos actuel, prétendent Hawking et Hertog. Cela, insistent-ils, est la seule conclusion possible si nous devons prendre la physique quantique au sérieux. »La mécanique quantique interdit une histoire unique», explique Hertog. Mais Hawking et Hertog disent que les innombrables «mondes alternatifs» de la théorie des cordes ont peut-être existé. Nous devrions imaginer l’Univers dans les premiers instants du Big Bang comme une superposition de toutes ces possibilités, disent-ils; comme une projection de milliards de films joués les uns sur les autres ».

« () Hertog et Hawking appellent leur théorie «top-down» de « haut en bas », la cosmologie, parce qu’au lieu de chercher un ensemble fondamental de lois physiques initiales sous lesquelles notre Univers s’est déroulé, il commence «au sommet», avec ce que nous voyons aujourd’hui, et travaille en faisant marche arrière pour voir ce qu’aurait pu être l’ensemble initial de possibilités En effet le présent «sélectionne» le passé. En l’espace de quelques secondes après le Big Bang, une seule histoire avait déjà dominé l’Univers, explique-t-il. Ainsi, du point de vue «classique» des grands objets tels que les étoiles et les galaxies, les choses ne se sont passées qu’une seule fois après ce point. Mais dans les premiers instants du Big Bang, il existait une superposition de versions toujours plus différentes de l’Univers, au lieu d’une histoire unique » .

Chose intéressante les constantes de l’univers précises avec plusieurs dizaines de décimales avaient intrigué les physiciens en ce sens qu’une décimale en plus en moins ou différente, l’univers ne se serait pas formé, car les atomes primitifs ne seraient pas formés. Justement : « La théorie suggère également une réponse à la question de savoir pourquoi certaines «constantes de la nature» semblent finement accordées à une valeur qui permet à la vie d’évoluer. Si nous partons d’où nous sommes maintenant, il est évident que l’Univers actuel doit «sélectionner» les histoires qui mènent à ces conditions. Sinon, nous ne serions tout simplement pas ici».

Stephen Hawking et la cause palestinienne

Stephen Hawking était un citoyen du monde sensible à la détresse humaine. On aurait pensé qu’il « plane » enfermé dans sa bulle, au contraire, il s’empare des causes qui lui paraissent justes. :

« Afin de protester contre le traitement réservé par Israël aux Palestiniens, Hawking décide de se retirer d’une conférence annuelle organisée en juin 2013 en Israël et intitulée « Faire face à demain 2013 ». Il devait y intervenir aux côtés de personnalités telles que l’ancien président américain Bill Clinton et de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Par cet acte, le scientifique officialise son soutien à la campagne de boycott académique d’Israël. En effet, Hawking avait déjà dénoncé en 2009 l’opération Plomb durci menée pendant trois semaines par Israël dans la bande de Gaza, qualifiant de « disproportionnée » la réponse apportée par l’État hébreu aux tirs de roquettes palestiniens. Il avait déclaré sur la chaîne Al-Jazeera : « La situation ressemble à celle qui prévalait en Afrique du Sud avant 1990 et ne peut continuer » .

Stephen Hawking la survie de l’humanité et les extra terrestres

«Si les extraterrestres nous rendent visite un jour, déclare Stephen Hawking, le résultat sera semblable à ce qui s’est produit quand Christophe Colomb a débarqué en Amérique, un résultat pas vraiment positif pour les Indiens» La propabilité qu’il y ait une civilisation qui présente les conditions de la vie telles que nous les connaissons sur Terre ne sont pas nulles. Nous sommes dans le Système solaire qui lui fait partie d’une galaxie contenant des milliards d’étoiles et il y a des milliards de galaxies .

« En juillet 2015, Stephen Hawking apporte son soutien aux Breakthrough Initiatives qui est un programme de recherche de vie extraterrestre. Le 14 novembre 2016, Stephen Hawking invité à un débat organisé par l’Oxford Union Society y estime que l’Homme risque de ne pas survivre plus de 1 000 ans sur Terre et il invite à considérer le voyage dans l’espace comme l’une des solutions de survie de l’humanité » .

Énumérant toutes les contraintes actuelles sans citer les guerres, il propose de changer de paradigme en tournant le dos à l’individualisme :

« En juillet 2016, dans le journal The Guardian, Hawking explique que pour espérer survivre aux importants défis à venir le réchauffement climatique, la production alimentaire, la surpopulation, etc. il fallait résister à l’individualisme et l’isolationnisme qui nourrissent les mouvements politiques : «Nous allons devoir nous adapter, repenser, recentrer et modifier certaines de nos hypothèses fondamentales sur ce que nous entendons par la richesse, les biens, par les miens, par les vôtres. Comme les enfants, nous allons devoir apprendre à partager. Si nous échouons, alors les forces qui ont contribué au Brexit, la progression de l’isolationnisme, qui naît du manque de partage, d’une définition biaisée de la richesse et de l’incapacité de la partager plus équitablement, à la fois dans les États mais aussi entre eux, se renforceront. Si cela arrivait, je ne serais pas optimiste pour le futur de notre espèce ».

Stephen Hawking et l’intelligence artificielle

Stephen Hawking, à juste titre, constate que la rapidité de calcul des ordinateurs est exponentielle. Celle de l’homme est non seulement linéaire mais avec une pente faible. Souvenons-nous du choc de la communauté scientifique quand le supercalculateur Deep blue d’IBM a battu le champion du monde Gary Gasparov le 11 mai 1997. Le monde devait aller de surprise en surprise

La contribution suivante fixe les termes du débat : « L’idée d’un avenir proche où l’intelligence de silicium dépasserait celle des humains ne date pas d’hier. En 2014, Elon Musk, (le patron de Tesla) avait fait part de ses craintes. En 2015, c’étaient Bill Gates Pour l’astrophysicien Stephen Hawking, le développement d’une intelligence artificielle complète’ pourrait signifier la fin de l’espèce humaine. Tout simplement parce que -selon lui- les humains sont limités par la lente évolution biologique de leur cerveau. Et qu’ils ne pourront donc jamais gagner la course à l’intelligence ».

Face aux machines à la croissance exponentielle, le cosmologiste a lancé ce cri d’alarme le 1er mai 2014 dans un article du journal The Independent.

On peut y lire: «Si l’impact de l’AI (Intelligence artificielle) à court terme dépend de qui la contrôle, l’impact à long terme dépend du moment où l’on pourra encore la contrôler». Et cette crainte n’est pas isolée. Alphabet, société mère de Google a créé un comité d’éthique sur l’intelligence artificielle dirigé par Mustafa Suleyman. Baptisé Deepmind, () L’ère de la singularité désigne le moment où l’intelligence artificielle (associée aux nouvelles technologies) rendra l’homme inutile. Où du moins remplaçable Pour Kurzweil la singularité n’est pas un danger pour l’humanité. Elle fera simplement entrer l’homme dans le transhumanisme’, cette autre théorie très en vogue qui veut que l’homme deviendra un jour «bionique» par l’intégration des technologies dans son corps. Ce qui rendra l’homme pratiquement immortel. Un peu comme Robocop ».

L’incursion de la science dans la métaphysique

« Stephen Hawking écrit Raphaël Zbinden, suscite une controverse lors de la parution en 2011 de son livre Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ? Hawking soutient dans une conférence en 2011 que la philosophie est morte, elle ne suit pas les avancées de la science. Ce sont les scientifiques qui peuvent répondre aux grandes questions sur l’univers et le temps : « Scientists have become the bearers of the torch of discovery in our quest for knowledge » « Il répétait que l’objectif de sa vie était «la compréhension totale de l’Univers [] pourquoi il est comme il est et pourquoi il existe».

Cette recherche l’a mené à adopter des positions variées sur l’origine du monde et l’existence ou non d’une force supérieure dont il pourrait être issu. Dans son ouvrage de 1988 intitulé Une brève histoire du temps, il laissait entendre que l’existence d’un Dieu créateur ne lui paraissait pas incompatible avec la réflexion scientifique. Mais en 2010, dans son livre Le Grand dessein, il avait cependant pris le contre-pied de cette idée, excluant toute intervention divine dans le processus de création de l’univers. «En raison de la gravité, l’univers peut se créer lui-même à partir de rien». Du coup, «il n’est pas nécessaire d’invoquer Dieu pour activer l’univers», concluait le savant » Mais le rôle créateur que Stephen Hawking attribuait à la gravitation a également été contesté. «Faut-il comprendre que la gravitation se trouvait dans le néant originel? Mais alors, pourquoi ne pas dire que Dieu est la gravité même?», ironisait Etienne Klein ».

Et Dieu dans tout ça ?

Cette phrase est due dit-on à Napoléon à qui le grand mathématicien Pierre Simon de Laplace exposait sa conception de l’Univers.

« Monsieur de Laplace, on me dit que vous avez écrit ce volumineux ouvrage sur le système du Monde sans faire une seule fois mention de son Créateur ? »Et Laplace de lui répondre : « Sire, je n’ai point eu besoin de cette hypothèse dans mon système » ! C’est de cette fameuse conversation qu’est issue la boutade désormais célèbre : « et Dieu dans tout ça ? « L’arrogante réplique de Laplace résume à elle seule l’essence même de la philosophie qui domine toute la mentalité moderne depuis plus de deux siècles, de telle sorte que pour un esprit cultivé d’aujourd’hui, il est devenu presque incongru, voire même indécent, d’oser reposer sérieusement cette question «et Dieu dans tout ça ? » 

« Le paradigme intellectuel qui gouverne aujourd’hui quasiment sans partage tous les esprits consiste en effet à affirmer que les sciences et la spiritualité sont désormais deux domaines radicalement séparés : les sciences relevant clairement de la raison et la spiritualité non !… Les questions spirituelles se trouvant de ce fait reléguées dans le vaste et méprisable champ de «l’irrationnel», incitant les gens «de raison» à se tenir prudemment hors de ce domaine » (Jean Pierre Le Gouguec).

La science et la religion : L’éternel pourquoi et l’éternel comment

Certains scientifiques trouvent que l’astrophysicien de Cambridge dépassait parfois  son champ de compétences. C’est notamment le cas d’un autre astrophysicien de renom: Hubert Reeves. «Je trouve que Stephen Hawking fait une confusion assez fréquente entre le domaine de la science et celui de la morale, de l’autorité, des valeurs [] La science peut nous dire comment ça marche dans l’univers, mais elle ne peut pas nous donner la signification de ces faits. La science ne peut absolument pas nous dire si Dieu existe ou non», affirmait le scientifique franco-québécois dans une interview de 2013 .

On le voit la science n’a pas fini d’évacuer le problème de l’existence. Pourtant dans son premier ouvrage « Une brève histoire du temps » Hawking parlait de grand dessein. Virage à 180° en 2010.

Peter Galison explique pourquoi :

«Dieu n’a pas créé l’univers, le Big Bang est une conséquence inéluctable des lois de la physique» En 1988, dans sa “Brève Histoire du temps“, il se projetait dans l’avenir et prédisait: «Si nous découvrons une théorie complète [sur l’univers], ce sera le triomphe ultime de la raison humaine dès lors nous connaîtrons la pensée de Dieu». «Dans The Grand Design («Le grand Dessein»), il ose aujourd’hui rompre avec ses propres idées: dans la version de la cosmogénèse qu’il soutient désormais, la pensée de Dieu pourrait tout simplement s’avérer inutile ».

« () Stephen Hawking et Leonard Mladinow, le co-auteur de son dernier livre, mettent à juste titre l’accent sur cette philosophie du «tout ce qui peut arriver arrive». (La gravitation a résisté à toutes les tentatives de fusion avec la théorie quantique des champs de force. Mais dans les années 1980, la théorie des cordes a commencé à s’imposer. L’idée de base de celle-ci: les briques fondamentales du monde ne sont pas des Big Bang miniatures mais des bouts de matière unidimensionnels, des sortes de cordelettes soumises à une énorme tension. Un tel filament peut vibrer de différentes façons, comme une corde de violon. Les différentes «notes» correspondent à différentes énergies. () Dans les années 1980, l’espoir fut grand de découvrir qu’une sorte de corde pourrait remplacer de nombreuses particules apparemment différentes. Une unification totale de la physique a semblé un bref instant à portée de main. En attendant, on a donné le nom de «Théorie M» au trône vide où cette théorie unifiée était censée siéger. () Les physiciens ont compris que la théorie des cordes admettait plus de solutions que prévu. Beaucoup plus peut-être 10500, peut-être un nombre infini. Et chaque solution donne une image différente des particules et des lois admissibles. Que faire? Certains théoriciens des cordes ont perdu tout espoir » .

La polémique avec les religieux mais aussi avec les scientifiques

Dans Une brève histoire du temps, Hawking introduisit sa « Théorie du Tout » supposée nous permettre d’accéder « à la pensée de Dieu ». () Dans Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ? () Dans un passage de quelques lignes sur l’avant-dernière page du bouquin passage mis en exergue par son éditeur pour promouvoir la sortie du livre -, Hawkins théorise la non-nécessité de l’existence de Dieu : « Parce qu’il y a des lois comme la gravité, l’univers peut et doit se créer lui-même à partir de rien. [] La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, pourquoi l’univers existe, pourquoi nous existons. Il n’est pas nécessaire d’invoquer Dieu pour appuyer sur la touche « on » et faire démarrer l’univers. Et une grande partie de la communauté scientifique de lui tomber dessus, avec, en gros, cet argument : « Si l’on demande à l’Église de ne pas s’occuper de nos affaires scientifiques, ce n’est pas pour qu’à notre tour on se mêle de religion. »

Stephen Hawking en larguant les amarres avec le grand dessein s’avance en terre inconnue . Pour lui tout est hasard. Il y eut une polémique qui a fait intervenir les hommes de religion: « L’archevêque de Canterbury, le président du comité pour le dialogue interreligieux du Conseil musulman de Grande-Bretagne et le rabbin en chef du Royaume-Uni ont uni leurs forces face au virage anti-Dieu opéré par Stephen Hawking dans son nouveau livre. Une médiatisation à faire pâlir d’envie n’importe quel auteur. Stephen Hawking a le don de trouver ces petites phrases qui confèrent à son travail une aura digne des Saintes Ecritures ()Croire en Dieu, ce n’est pas remplir un vide en expliquant comment les choses de l’univers sont reliées entre elles». (Peter Galison 27 octobre 2010)

Une fois de plus la théorie du hasard est mise en avant pour Hawking :

«L’univers est apparu spontanément, il a commencé de chaque façon possible. La plupart [de ces origines alternatives] correspondent à d’autres univers. (…) Certains ressemblent au nôtre, la plupart sont très différents.» Comment expliquer que nous nous retrouvions dans un univers où les lois atomiques rendent la matière et la vie possibles? Si les charges sur les protons et les électrons n’étaient pas égales et opposées, nous ne serions pas là… Réglage miracle ou intervention divine? (.. 😉 La physique peut expliquer non seulement comment l’univers fonctionne mais aussi pourquoi il est là. Aucune aide divine n’est requise. Une fois que vous commencez à lire la présence de Dieu ou son absence dans les équations de la physique qui évoluent sans cesse, il est difficile de l’empêcher d’aller et venir, et cela provoque à chaque fois des remous dans le processus ».

Bien plus tard Sylvain Rakotoarison rapporte un passage de l’ouvrage de Stephen Hawking :

« Dans ce livre, il a raconté notamment une anecdote, très intéressante car elle montre l’importance qu’a la métaphysique chez Stephen Hawking: « Un savant célèbre (certains avancent le nom de Bertrand Russell) donna un jour une conférence sur l’astronomie. Il décrivit comment la Terre tournait autour du Soleil, et de quelle manière le Soleil, dans sa course, tournait autour de notre galaxie. À la fin, une vieille dame au fond de la salle se leva et dit : «Tout ce que vous venez de raconter, ce sont des histoires. En réalité, le monde est plat et posé sur le dos d’une tortue géante». Le scientifique eut un sourire hautain avant de rétorquer : «Et sur quoi se tient la tortue ? Vous êtes perspicace, jeune homme, vraiment très perspicace, répondit la vieille dame. Mais sur une autre tortue, jusqu’en bas !».

Conclusion

L’illustre physicien a donné au monde sa part d’humanité et de contribution au savoir universel. Ses travaux théoriques sont, disent les spécialistes, remarquables. Qu’il ait changé d’avis après avoir parlé de grand architecte, -l’horloger de Voltaire-, dans son ouvrage de 1988, il se déjugera pour avancer- sans preuve- que tout est hasard, qu’il y a des milliards d’univers, géré chacun d’une façon différentes. Que l’univers n’a pas besoin de quelqu’un pour donner le La, pour démarrer. Il est cependant évasif- à moins que l’on ait mal compris comment la vingtaine de constantes qui règlent le fonctionnement de l’Univers sont précises pour certaines à la 100e décimale. Si ces constantes variaient d’une façon infinitésimale la Terre n’aurait pas paru, elle aurait été proche du soleil interdisant ainsi toute vie, à l’énergie de se transformer en matière : les atomes ne se seraient pas agrégés comme l’a montré Higgs avec la découverte du boson sorte de colle qui a permit aux électrons, protons neutrons d’être « stabilisés » dans un atome et aux atomes de s’agréger en matière différente minérale et organique.

Qui a donné l’ordre au boson de permettre cette transformation d’énergie en matière ? C’est là un des mystères que la science ne résout pas. Pour notre part , nous voulons retenir son questionnement de 1988 « Si nous découvrons une théorie complète, elle devra un jour être compréhensible dans ses grandes lignes par tout le monde, et pas par une poignée de scientifiques. Alors, nous tous, philosophes, scientifiques, et même gens de la rue, serons capables de prendre part à la discussion sur la question de savoir pourquoi l’Univers et nous-mêmes, nous existons. Si nous trouvons la réponse à cette question, ce sera le triomphe ultime de la raison humaine, à ce moment, nous connaîtrons la pensée de Dieu».

Les combats de l’Église et de la science sont connus.

La sphère de Copernic

Souvenons nous quand Nicolas Copernic a publié vers 1540 son ouvrage où il déclarait que c’est la Terre qui tourne autour du soleil et non l’inverse ! ce fut l’affolement pour l’Église ! le mythe géocentrique venait de s’effondrer. Copernic eut la sagesse de présenter son travail comme une hypothèse . Après la remise en cause de la Terre comme centre du monde par Copernic, le concept d’immuabilité des cieux, un autre pan de l’astronomie d’Aristote, s’écroula à la fin du XVIe siècle. Giordano Bruno, sera condamné et brûlé par l’inquisition le 17 février 1600 à Rome, car sur la base des travaux de Nicolas Copernic il avait développé la théorie de l’héliocentrisme et montré, la pertinence d’un univers infini, qui n’a pas de centre, peuplé d’une quantité innombrable d’astres et de mondes identiques au nôtre.

Galilée pour sa part a dû se déjuger devant ses inquisiteurs, pour avoir déclaré que la Terre tourne sur elle-même et autour du soleil. Il aurait dit tout bas: “Eppur si muove!” “Et pourtant elle tourne” Son avocat en le défendant eut cette phrase célèbre : « Galilée ne vous dit pas comment on va au ciel mais comment est le ciel ! » Signifiant de cette façon la différence fondamentale entre la science et l’espérance.

Les religions versent d’une façon compulsive dans un concordisme dangereux qui leur fait rechercher absolument des analogies factices entre un fait scientifique labile et du fait que la science se déjuge tout le temps, c’est sa raison d’être et c’est comme cela qu’elle avance alors que les récits des espérances religieuses sont intemporelles et gravées dans le marbre . A titre d’exemple elles ont sauté à pieds joints sur le Big Bang qui donnait une certaine cohérence. l’Église et la papauté mais pas seulement les autres croyances aussi, croyaient y trouver le Fiat lux et facta est lux: « Que la lumière soit, et la lumière fut ». biblique . Le pape Jean Paul II est allé jusqu’à dire que le Big Bang est plus qu’une hypothèse . Et pourtant ce Big Bang semble être remplacé par la théorie des cordes et par la quête de Stephen Hawking avec sa théorie du Tout qu’il n’a pas finalisé.

Cependant faut il s’appuyer sur la science pour croire ou être athée ? Sans aller jusqu’à être d’accord, avec le philosophe Kierkegaard qui affirmait : “La foi n’a pas besoin de preuve, elle doit même la regarder comme son ennemie.”, de notre point de vue en tant que croyant il faut résister au concordisme qui est toujours à l’affût d’une concordance entre les découvertes provisoires de la science et les écrits religieux.

« L’exemple de Stephen Hawking a été particulièrement désavantagé par une maladie qui l’a handicapé toute la vie. Il aurait pu, écrit Sylvain Rakotoarison comme de nombreuses personnes à situation de handicap, être considéré seulement comme «un handicapé», avec les regards qui y sont associés, compassion, voire pitié. Il aurait pu se replier dans cette spécificité dans laquelle la «société» en général (qui ? les «bien portants» ?) l’aurait enfermé. Le regard sur le handicap en général évolue, se «normalise». Chaque personne humaine est un trésor vivant et précieux, même si elle est malade. Et Stephen Hawking en a fait une éloquente démonstration ». Il a fait progresser la science théorique, a apporté une meilleure compréhension du monde en essayant de bien comprendre la relativité générale et la physique quantique . Autre corde de génie, il était aussi un très bon pédagogue. () Il se trouve donc que l’une des vocations de Stephen Hawking fut également de transmettre » .

Illustration : Stephen Hawking à Stockholm en 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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