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SNCF : crime dans le Macron express. Les convergents du 3éme tour

Greves Cgt Sncf

SNCF : crime dans le Macron express. Les convergents du 3éme tour

Raoul Fougax ♦
Journaliste.

Il y a une chose qui n’est pas réformable en France, c’est le refus de la défaite électorale par la gauche. C’est pourquoi il y a toujours après la présidentielle un troisième tour.

Macron a faillit y échapper, car il a pris tout le monde par surprise, puis il a pris tout le monde de vitesse. Après le soulagement de la défaite de Marine Le Pen, le jeune président a été aidé par une déprime de Jean-Luc Mélenchon. Les Républicains dans la tourmente, il n’avait plus à craindre qu’une opposition, celle syndicale notamment de la CGT qui refuse toute réforme au nom des avantages acquis en 47.

Le syndicat de la locomotive à vapeur face au président des marchés financiers de la révolution digitale

Le président, en s’attaquant aux cheminots, prend un risque. On fera remarquer tout de même qu’il y est largement obligé par Bruxelles et qu’une fois de plus la France n’ est pas maîtresse de son destin économique.
Le problème c’est que les cheminots peuvent encore bloquer le pays des salariés.
On verra bien qui tiendra bon.

Le discours syndical est celui d’une grève de pointe pour sauver un service public que le président voudrait démanteler au profit du capitalisme privé. Ce n’est peut-être pas faux. Cela justifierait la convergence des luttes,  chacun apportant sa contribution au crime du Macron express. On a donc une grève archaïque contre un avenir inquiétant.

Certains rêvent d’un nouveau mai 68

Ils comptent pour cela sur les gauchistes des champs de Notre Dame des Landes et les gauchistes des villes des facs.
Mais les étudiants de 2018 ne sont pas ceux de 68. Ils sont en surpopulation inadaptée aux études proposées. C’est peu de dire que le niveau a baissé.

Quand on voit l’émotion médiatique provoquée par l’évacuation gentillette de quelques bloqueurs d’amphi par des nervis peu armés et peu nerveux, cela ne peut que faire sourire les plus anciens qui ont connu les affrontements de la «Ligue» et «d’Ordre Nouveau ».

Gare donc aux anachronismes, l’histoire ne se répète pas. Elle bafouille, on le sait. Il n’y a plus de Massu à Baden Baden, ni de De Gaule à l’Elysée.
En 68 une jeunesse voulait changer d’époque, en 2018 des syndicats veulent rester dans les anciens temps. En 68 De Gaule ne comprenait plus son temps, en 2018 c’est la CGT qui refuse le sien.

Qui avait tort ou raison et qui a tort ou raison, la n’est pas le problème, la divergence des époques est plus importante que la convergence des luttes.
Ce n’est pas la même chose.

Mais Macron peut malgré tout dérailler. Et puis après ?

  1. Armand Launay
    Armand Launay4 avril 2018

    Ce n’est pas la défaite électorale de la gauche qui est grave et qui ne passe pas : c’est sa défaite idéologique !

    Snif !

    Des décombres de la Seconde guerre mondiale, un tri pertinent a été fait par nos aïeux, nos ancêtres : la nation doit protéger ses enfants, surtout des requins de la finance et du capitalisme débridé qui fonce dans le mur de Wall street.

    C’est pourquoi, communistes et syndicalistes autour d’Ambroise Croizat, ou républicains conservateurs autour de Charles de Gaulle, tous ont oeuvré à l’émergence d’un Etat providence et donc de services publics forts. Ceci afin que chacun soit en sécurité sanitaire, être instruit en Français et en logique (coucou Spinoza !), puisse se déplacer dans le pays (allez les cheminots !), communiquer par la poste, se chauffer, se loger, vieillir, se soigner… Vive la Sécu !

    Gloire à cette gauche qui a donné du contenu à la République fraternelle et ce grâce au vivier de citoyens conscients et actifs. Ils nous manquent, camarades !

    Ce qui devrait être archaïque, c’est l’égoïsme, le chacun pour soi, l’oubli de la famille, de la nation.

    Ce qui devrait être archaïque, c’est ce libéralisme qui affirme que le vice est bon tant qu’il me rapporte. On nous revend sans cesse la fable des abeilles de Bernard Mandeville !

    Mais les abeilles – elles – ne vendent pas leur essaim et leur reine ! Les libéraux vendraient leur mère (patrie) au premier venu si cela crée une croissance à deux chiffres ! “La France sera la porte d’entrée de l’Inde en Europe”, a récemment clamé Macron. C’étaient eux la cible du Conseil national de la Résistance ! C’étaient eux la dérégulation de la finance dans les années 20 et 30. Ils ont récidivé dans les années 80. Voyez le Royaume-Uni se désagréger depuis Churchill-Beveridge à Blair en passant par Thatcher (à la niche !).

  2. Dominique Viaene
    Dominique Viaene5 avril 2018

    Très simpliste votre raisonnement. Tout y est noir/blanc. Vs êtes bien conscient que les temps se répètent mais se ressemblent aucunement. Il est aussi évident que le libéralisme sauvage ne ns apportera pas l’avenir glorieux dont il ns parle. Mais d’un autre côté, c’est bien le libéralisme à papa qui a apporté toutes les grandes richesses partout dans le monde. Que maints peuples n’en profitent pas (encore!), tient plus au fait que la plupart de ces pays vivent sous une dictature où les dirigeants incapables et ignominieux continuent à les leurrer consciemment! En Europe, les syndics continuent eux à vivre dans le siècle où la vapeur était encore de mise, pour rester dans le sujet de la grêve actuelle. Mai 2018 n’arrive pas au talon de ce que Mai’68 ait pu signifier. Comparer ces deux périodes, c’est se leurrer soi-même! Rien de ces deux périodes n’est comparable! Ceux qui le font, induisent le peuple en erreur et essaient en vain de se monter la tête en espérant que les grèves actuelles changeront q.ch. à la situation socio-écon. de notre pauvre République. La Gauche, même celle de Mêlenchon, est depuis belle lurette “ce grand(?) cadavre à la renverse”… .

  3. Armand Launay
    Armand Launay7 avril 2018

    Très peu argumentée, votre réponse. Tout y est péremptoire.

    Les temps se répètent car l’homme a toujours les mêmes appétits et le devoir de développer sa conscience.

    Qualifiez ce qu’est le “libéralisme sauvage” : la mafia ? La dérégulation ? Les instances internationales non élues qui régissent les rapports économiques et, surtout, financiers ?

    Qualifiez le “libéralisme à papa” : le capitalisme à la Colbert, étatique ? Les libertés individuelles des moralistes ? La financiarisation de l’économie ?

    Qu’est-ce que “profiter” du libéralisme ? Transformer et traduire en termes monétaires les richesses naturelles, à l’image de ce que fait la Chine polluante mais croissante à deux chiffres ?

    Profiter est-ce enrichir les riches ou élever l’IDH ?

    Qui sait si la vapeur grevait moins l’avenir que la recherche du profit (= intérêt, en fait) des pétroliers et des nucléaristes actuels ?

    Mai-68 n’est pas qu’une revendication économique mais aussi sociale, au sens des libertés individuelles. C’est bien pourquoi les syndicats, tout comme les gaullistes, ont été débordés d’une part par la revendication des libertés morales mais aussi par l’émergence du libéralisme économique, l’enrichissement individualiste sans vergogne. Voyez le nombre de soixante-huitards devenus les hérauts du libéralisme par la suite. Ces gens crachant sur l’Etat, la nation, les liens sociaux traditionnels, leur pays.

    Comparer deux périodes, c’est enrichir l’analyse actuelle et nous éviter de croire que nous sommes uniques.

    Le peuple est induit en erreur, oui, mais par la logique libérale qui nous fait accroire que le désir suffit à justifier toutes les actions.

    Les grèves actuelles gagnent, peut-être et justement, à ne pas changer la situation ; mais à conserver un modèle socialiste bien meilleur que le système égoïste libéral. Le changement n’est pas synonyme de progrès et le socialisme n’est pas l’antonyme de la conservation.

    Quant au “cadavre à la renverse”, tâchons que ce ne soit pas celui de notre pays sous couvert de promesses libérales…

  4. Euclide
    Euclide9 avril 2018

    Attention Mr Fougax
    Le général était dépassé sur le coté sociétal mais sur les rapports de force ni sur les enjeux géopolitique ou économique et industriel.
    La France a vécu sur la pente des réalisations industrielles lancés par le général et le Président Pompidou jusqu’au début des années 90. Depuis tout c’est écroulé.

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