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Guerres et Histoire : De la Vendée à Breslau, le soleil noir des vaincus. Un numéro peu conformiste.

Guerres Histoire 42 Cover

Guerres et Histoire : De la Vendée à Breslau, le soleil noir des vaincus. Un numéro peu conformiste.

Jean Ansar ♦

Guerres et Histoire est une bonne revue. Hélas souvent trop politiquement correcte. Son approche, batailles et grands capitaines, est fort sympathique, mais le fond est parfois très partisan. Cette revue ne remplacera jamais bien sûr, la regrettée NRH. Elle a cependant des mérites. Elle explore des sujets peu connus et révèle des conflits et batailles souvent ignorés qui ont changé le monde.

Le dernier numéro mérite une attention particulière.

Sa couverture est consacrée à la guerre de Vendée avec la question «  génocide ou pas ? » Si la religion des lecteurs de Métamag est faite à ce sujet, ce n’est pas le cas du grand public. Et ce dossier est abordé avec un esprit critique, si cher à notre site. Bien sûr, il y aurait bien des critiques à faire à cette vraie fausse impartialité sur ce sujet brûlant.

Mais si ce journal mérite d’être acheté, c’est surtout pour l’incroyable entretien de Kurt Klumeier le dernier fantassin de Breslau. Quand on lit cette interview, on se demande comment un tel texte a pu passer. Mais que font nos vigilants censeurs ?

On n’avait pas lu ça depuis longtemps, un combattant nazi fier de l’avoir été et qui ne regrette rien. Car dans ce témoignage très intéressant sur le plan des faits vu d’un certain coté, mais il y a autre chose. Il admire les Waffen SS “car ils étaient les meilleurs”, dit-il. Il a tenté d’être “comme le voulait Hitler dur comme un acier Krupp et tenace comme le cuir”.  La guerre l’a rendu dur. « Quand je croise un homme de ma génération, j’ai toujours su si c’était un soldat du front ou un rat de l’arrière ».

Tout est comme ça, l’engagement, la fidélité, le combat. Chez cet homme fier, il n’y a aucune repentance. Cela frôle parfois une apologie interdite par la loi. Il y a le regret d’avoir perdu, mais la défaite pour lui et ses camarades était sur décembre 42… son père bien placé dans le renseignement lui avait dit “impossible de l’emporter militairement avec l’entrée en guerre des américains”. Cela ne l’a pas empêché d aller sur le front de l’est et de défendre Breslau. Le récit des combats est, lui, d’une froide impartialité. Notamment la guerre contre les Russes et les combats pour Breslau qui est tombé après Berlin et l’annonce de la mort d’Hitler.

Dans la nuit du 15 février 45, la ville est encerclée par l’armée rouge. La défense de Breslau a été décrite comme une épopée, puisque la ville résiste plus longtemps que les autres festungen. La bataille est extrêmement brutale et les atrocités fréquentes (on usa notamment d’armes chimiques). Elle gagne l’ensemble de la ville, un quartier après l’autre, et foyer par foyer, étage par étage. Les civils restants cherchent refuge dans leur grenier, ou dans le suicide. Le 6 mai, après 77 jours de siège, la ville capitule: Hitler est mort, et Berlin est prise.

Sentant tout de même le danger de ce témoignage iconoclaste, la rédaction s’est fendue d’un encadré pour exprimer son avis. Mais cela revient à justifier les propos de Klumeier et surtout  leur publication, justifiant sa fascination pour les SS par son parcours politique  d’un jeune allemand, comme des millions d autres, fasciné par Hitler.

Le dernier défenseur de Breslau a tiré, à 84 ans, une dernière cartouche avec la maîtrise d’un snipper.

Guerres et Histoire, numéro 42,  Périodicité : Bimestriel , Prix Kiosque : 6.50€. S’abonner : ICI

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