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Le côté obscur de l’Amérique de Thomas Snegaroff

Oncle Sam

Le côté obscur de l’Amérique de Thomas Snegaroff

Gustin Saintaud ♦
Universitaire.

Le côté obscur de l’Amérique de Thomas Snegaroff : après la lecture de ce court ouvrage très concis, d’une humeur raisonnée, je comprends bien mieux mon instinctive et durable aversion pour Stars war, écrit et film. Il fige la générale analogie qui existe entre cette pseudo-oeuvre de fiction, avec l’esprit fondateur et l’histoire des États-Unis d’Amérique, chez lesquels j’ai toujours vomi la grande, la généreuse, l’honorable image qu’ils veulent imposer au monde.

L’idée de sublime perfection assénée, depuis les balbutiements de cette particulière organisation , voulu par un très abrupt esprit puritain anglo-saxon, gêne tout libre raisonnement. De même, l’affirmation d’État divinement élu, mais guère plus acceptable intellectuellement que celle de son modèle biblique de race élue par Dieu, pour les Juifs : la même inhumaine proclamation sera, d’identique impudique manière, inscrite dans le marbre, en tables de la loi pour que l’univers en prenne conscience, la respecte, et s’y soumette. Telle tranchante vérité, comme la lame du bourreau , s’abat définitive. Toute possibilité de contestation est catégoriquement interdite par cette évocation divine.

Que je me le tienne pour dit, ad vitam aeternam !

Les U.S.A., comme la République galactique de Stars war, s’érige, comme toute vérité, comme toute justice et tout droit, universel maître souverain pour les siècles des siècles …

Quelle indécente superbe ! Quelle souveraine suffisance ! Quelle arrogance démesurée !

Ce qui rend succulent ce petit bouquin : Le côté obscur de l’Amérique, tient moins dans la juste brutalité de l’exposition de la réelle vérité américaine que dans la longue énumération des comportements, des décisions spécieuses et de tous les méfaits de cet État prétendument élu, si moraliste. Il les a engendrés, en totale rupture avec ses préceptes moralisateurs. En toute impunité, sans aucune vergogne, les USA, après chacune de leurs forfaitures, assurés de leurs faux bons droits de principe, osent même s’octroyer félicitations éhontées ou satisfecit, louanges et sainte gloire …

Ce long catalogue des vilains comportements et pendables exactions des USA arrive comme systématique illustration des flagrantes similitudes avec les insolentes menées de la République galactique de Stars war … Mais comme je me refuse obstinément à accorder quelque dignité à ce lamentable plagiat publicitaire, sous présomptueuse forme de pseudo-oeuvre d’art, pour vendre patriotiquement un médiocre produit vantant respectabilité, magnificence, efficacité et infaillibilité, je trouve abusivement facile et bien inutile ce rapprochement afin de donner un peu plus crédit à cette honte magistrale très constitutionnalisée et rayonnante de démocratie dégoulinante.

Si j’invite avec conviction à la lecture de cet essai de Thomas Snégaroff, ce n’est en aucun cas pour sa revisitation introspective de Stars war, ni même pour prétendre combler une affolante impuissance réflexive, ou gommer un incroyable myopie, parce qu’on aurait été inapte à réellement décrypter, par soi-même, l’Amérique sans son vole fallacieux, sans imaginaire de science-fiction, bien pour la constitution d’un inestimable arsenal d’arguments sérieux contre un monstrueuse volonté de désinformation.

Le côté obscur de l’Amérique, de Thomas Snégaroff, Armand Collin éditeur, 217 pages, 7.90€.

  1. Rémy Valat
    Rémy Valat11 avril 2018

    Pour abonder dans le sens de cet article. Rappelons que les institutions d’inspiration républicaine et démocratique qui régissent la lointaine galaxie se fondent sur des valeurs généreuses de portée universelle, masquant un discours sournoisement impérialiste. Ces valeurs sont une arme à double tranchant octroyant surtout le droit d’ingérence dans les affaires d’autrui. La république galactique (et en particulier l’ordre des jedis)détient un large pouvoir d’intervention (parfois clandestines, du type guérilla ou bien des opérations armées sur des planètes désertiques, habitées par des indigènes aux cultures proches de celles des peuples du Moyen-Orient) et de colossaux moyens de mobilisation et de projection militaires. Les « judiciaires » (ou « forces de maintien de la paix » imaginés par Lucas) et même les jedis sont habilités à intervenir « à l’étranger » et à conduire des opérations de maintien de la paix semblables à celles conduites par l’ONU après 1945. Les modes opératoires et les matériels, inspirés des conflits modernes et contemporains, rappellent ceux auxquels participent ou ont participé GI’s et marine’s : la canonnière d’assaut TIO/BA (transport d’infanterie offensif/basse altitude), par exemple, est un aéronef blindé de transport de troupes et de matériel, fortement armé, se déplaçant en épousant les reliefs du terrain et pouvant porter sa charge au plus fort du combat sur le modèle des appareils modernes de transport aéroporté ou, comme le firent jadis, les hélicoptères déployés au Viêtnam. Ces conflits de fiction toujours conduits pour la bonne cause, banalisent (sinon justifient) l’interventionnisme états-uniens dans le monde réel. Les jedis, héros emblématiques, légitiment la politique musclée de Washington à l’étranger et accréditent, par exemple, l’usage de la torture, une « pratique immorale » théoriquement interdite aux preux chevaliers. Une intrigue de la 2e saison de Star Wars. Clone Wars se noue autour du chasseur de prime Cad Bane, qui est un remarquable spécialiste du cambriolage et de l’enlèvement. Darth Sidious le charge de dérober un holocron recensant les nouveaux nés ayant les capacités biologiques pour devenir des jedis (ce qui soulève au passage la double question éthique du respect de l’intégrité de la personne humaine et du fichage des individus sur des critères biologiques de surcroît sur l’ensemble d’une galaxie). Cad Bane remplit sa mission au-delà de toute espérance. Mais le contenu de l’holocron n’étant accessible qu’à un jedi utilisant la Force à cet effet, Cad Bane torture à mort un membre de l’ordre pour l’obliger à s’exécuter, mais sans parvenir à ses fins. Capturé son tour, il est interrogé dans une chambre d’isolement par Obi-Wan Kenobi, Mace Windu, Ahsoka Tano et Anakin Skywalker (tous jedis et agents des pouvoirs publics en exercice) qui utilisent délibérément la Force pour le faire parler. Ce dernier cédant à la douleur mentale se propose de collaborer avec les jedis. Or, la convention adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1984 précise dans son article 1er (“Le terme “torture” désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux (…) lorsqu’une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite.”). Sur notre planète, ces jedis seraient passibles de sanctions auprès d’une juridiction internationale. Nul n’est parfait, pas même un jedi.
    On se demande parfois de quel côté se trouve le côté obscur ?
    Ceci dit Star Wars ne se limite pas à cela et a une réelle portée philosophique et culturelle (qui séduit certaines catégories de fans), mais celle-ci doit être considérée à sa juste valeur.

  2. P.A.
    P.A.12 avril 2018

    Merci pour l’article ainsi que les précisions de Monsieur Valat.
    M’intéressant aux Mythes de l’humanité je vois que l’Amérique du Nord c’est:
    (au sens des synchronicités, géographiques; Jung, Pauli, …)
    1) le domaine, sur le plan terrestre, du Mictlan
    2) domaine du terrifiant dieu, seigneur du Nord, Tezcatlipoca
    3) du Bigfoot dont l’équivalent Yéti a sa place, légitime, au nord de l’Inde (car Mythologie animale, vache sacrée, singe Hanouman etc., j’écourte ici), Almasty au nord de… la péninsule arabe!
    4) l’emplacement de l’Hydre, à l’ouest du dragon ailé crachant le feu, de l’Europe, et au nord du bienveillant serpent à plumes.
    Je fais court ici, évidemment, texte complet:
    L’énigme du sphynx dans: “Dieu et le Philosophe” suivi de “l’Homme nouveau” de Patrice Le Curseur (pseudo fantaisiste et signifiant à la fois) Editions du net LEN.
    Merci encore à vous.

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