Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Antisémitisme musulman : encore un effort. De quoi le « nouvel antisémitisme » est-il le nom ?

Contre Le Nouvel Antisemitisme

Antisémitisme musulman : encore un effort. De quoi le « nouvel antisémitisme » est-il le nom ?

Raoul Fougax ♦
Journaliste.

De quoi le « nouvel antisémitisme » est-il le nom ? La classe politico-médiatique se mobilise. Elle hausse le ton. Mais reste prudente et apeurée.

Plus de 250 personnalités ont signé un manifeste “contre le nouvel antisémitisme“, publié dimanche 22 avril dans le quotidien Le Parisien. Parmi les signataires, des hommes et des femmes politiques de droite et de gauche, des artistes, des intellectuels, des responsables religieux juifs, musulmans et catholiques. Le texte est écrit par Philippe Val, ancien directeur notamment du journal satirique Charlie Hebdo. Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation, fait également partie des signataires. Interrogé, dimanche par France-info, il déclare : «On n’a pas dénoncé assez tôt les choses parce qu’on risquait d’être accusé d’islamophobie».

Aujourd’hui encore, la crainte manifestement est là. On va plus loin, on tente d’être plus précis mais on marche toujours sur des œufs.
« Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France», lit-on dans ce texte. «Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs par des islamistes radicaux», écrivent-ils, en référence à l’assassinat du jeune Ilan Halimi en 2006, la tuerie dans une école juive de Toulouse (sud) en 2012, de l’attaque du magasin Hyper Cacher à Paris en 2015, de la mort par défenestration à Paris de Sarah Halimi en 2017 et, récemment, du meurtre d’une octogénaire juive dans la capitale, Mireille Knoll.

«Les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans», lit-on dans ce manifeste. «Dix pour cent des citoyens juifs d’Île de France -c’est-à-dire environ 50.000 personnes- ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clemenceau», accusent les signataires.

L’extrême gauche anti-sioniste est également mise en cause par la théorie des vases communicants qui veut que l’anti-sionisme alimente l’anti- sémitisme. C’est vrai mais pas toujours et l’amalgame fait le jeu des faucons israéliens qui aliment eux l’antisémitisme par une forme anti-arabe et musulmane du sionisme.

Mais les signataires vont beaucoup plus loin et n’ hésitent pas à faire du révisionnisme religieux, demandant aux musulmans d’actualiser la parole de dieu. «Nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par Vatican II», exhortent ces personnalités. «On ne demande pas aux autorités musulmanes de notre pays de revoir le Coran, car il est écrit directement par le Prophète», explique Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation, qui a signé la tribune. «Mais qu’elles apportent une interprétation différente des textes sacrés pour ne pas inscrire dans le marbre des mots qui appellent au meurtre et à la haine».

Il est bien évident que cette ingérence ne sera pas tolérée. C’est un problème majeur pour l’islam sunnite sans clergé ni autorité suprême. Le coran n’est pas évolutif, il est figé. S’ il fallait supprimer tout ce qui est lié à l’époque du prophète, ce serait une révolution touchant également un certain nombre d interdits d’un autre temps.

Le texte va loin… mais ne nomme pas, dans le titr,e le nouvel antisémitisme. La peur est toujours là. Les médias, eux, sont tétanisés par tant d’audace.
On en donnera un exemple. Le matin même de la publication du manifeste, le sujet traité par CNews a été illustré par un reportage en Allemagne sur la multiplication des réunions de néo nazis. Décidément, ils refusent de comprendre.

Et pourtant même Angéla Merkel, l’amie des réfugiés, a discerné  le problème. Après l’attaque d’un juif par un réfugié syrien, elle a déclaré: « Nous avons un problème avec des réfugiés arabes qui amènent dans notre pays un nouvel antisémitisme».

Si même Merkel le dit.

  1. Robert41
    Robert4126 avril 2018

    Ce qu’il y a d’incompréhensible c’est que juif et arabe sont des sémites ! L’Histoire nous rappelle que juif et arabe ont partagé un vivre ensemble depuis plus de deux mille ans. Ce qu’il y a d’étonnant c’est qu’en Iran, en Syrie, au Maghreb, en Turquie et autres pays musulmans, il y a des communautés juives qui vivent leur foi avec le respect des autorités locales. Comme quoi, il ne s’agit pas d’un problème essentiellement religieux mais indubitablement politique. La criminalité antisémite en France et en Europe est de loin inférieure à celle qui s’exerce contre les non-sémites et personne n’en parle et encore moins signe de pétition. Le constat, c’est de nous faire croire qu’il y a qu’une victime honorable. Ce qui est une perfidie intellectuelle. Les bourreaux sont dans les deux camps notamment avec les borders-lignes israéliens et les victimes palestiniennes ; tout comme l’infâme crime d’enfants et de personnes faibles dans notre laïcité ouverte à l’universel. Sémite ou pas, pour être respecté encore faut-il être respectable ! Comment voulez-vous circonscrire cette haine qui s’alimente d’injustices, d’humiliations et de provocations ? Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées dit-on …

  2. Alain Santacreu
    Alain Santacreu28 avril 2018

    Ce “Manifeste” n’est qu’une phase stratégique du “terrorisme sémantique” mis en place actuellement en France, comme je l’avais analysé dans un texte précédent : https://metamag.fr/2018/03/10/le-terrorisme-semantique-du-president-macron/

Répondre