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Quand le crime profite à Saint Laurent du var. Un nouveau festival pour le polar à la française

Festival Polar Bandeau

Quand le crime profite à Saint Laurent du var. Un nouveau festival pour le polar à la française

Jean Ansar ♦
Journaliste.

Le polar est l’énergie de l’écriture française. Malgré l’influence thriller, très bénéfique par ailleurs, le polar est le genre populaire français par excellence avec le roman historique où nos meilleurs plumes se déploient comme au temps des feuilletons des grands maitres de Rouletabille à Fantômas en passant par Lupin.

Il est loin le temps du polar, roman de gare. C’est pourquoi les plus fréquentés des festivals du livre thématique sont ceux du polar et de la biographie.
On ne peut donc que se réjouir de voir Saint Laurent du Var grâce à son maire Joseph Ségura rejoindre les festivals dédiés à ce  genre littéraire. Et pour un coup d essai cela s’annonce comme un coup de maître grâce à la compétence de MPO, une société leader, dans la région et au delà, des manifestations culturelles et littéraires.

Tous les genres du polar seront représentés avec les auteurs les plus emblématiques et reconnus.

L’invité d’honneur sera Bernard Minier qui depuis ” Glacé” va de succès en succès, talonnant au niveau des ventes les Lévy et autre Musso qui flirtent parfois avec la veine thriller.

Donnons-lui la parole. « Pour ma part, j’écris des thrillers. Ne me demandez pas ce que c’est : je n’en sais rien. Je sais juste que dans thriller il y a thrill, qui en anglais veut dire “frissonner”. On va donc frissonner malgré le soleil de Giono (il paraît aussi qu’il y aura une Nuit glacée). Le thriller appartient lui-même à un genre plus vaste : le polar. Pour faire court, nous sommes les héritiers de cette littérature qui commence avec Edgar Poe et peut-être même avec” l’Œdipe Roi” de Sophocle, où Œdipe mène l’enquête sur le meurtre du roi de Thèbes et découvre le coupable : lui-même. L’enquêteur était le coupable : quel beau twist final, non ?
Aujourd’hui, le polar est un des genres les plus populaires, les plus féconds et les plus à même, je crois, démontrer le monde tel qu’il va. Il a bien d’autres vertus, dont la moindre n’est pas d’emporter le lecteur et de lui refuser l’ennui. »

Dans son dernier livre présenté à Saint Laurent du Var  “sœurs”, son enquêteur récurent est confronté, avec 25 ans d’écart, au problème du rapport très “Stéphan King” du lecteur avec l’auteur. Quelle meilleure réflexion possible pour un salon du livre ? Réflexion dans ce livre aussi sur l’évolution technique de la police.

Une question que l’on pourra approfondir avec “Les experts entrent en scène. La révolution de la science criminelle”,  entretien avec Richard Marlet animé par David di Giacomo.
Ou “Magistrats et journalistes face aux grandes affaires criminelles”, entretien avec Jacques Pradel animé par Patrice Zehr et Marc Jouhandeau, Mario Agnetta et julien Sicara.

On ne peut tout citer mais il y a des polars psychologiques, historiques, des enquêtes, sans oublier, pour les amateurs dont je suis d’ésotérisme et de mystères cachés, le dernier Giacometti et Ravenne, le début d une trilogie du “soleil noir“. Le premier tome “le triomphe des ténèbres”  fait pénétrer dans le coté occulte du nazisme. Vous ne verrez plus jamais la forteresse de Montségur de la même façon.

Le polar enquête sur l’actualité, notre société, sur l’âme humaine et sur l’histoire… que demander de plus à la belle littérature à la française ?

La preuve de cette distrayante efficacité d’un genre français s’il en est par le Festival du Polar de Saint-Laurent-du-var les 28 et 29 avril prochain .

Programme : cliquer ICI

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