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La décadence du Vénézuela : une interprétation latine

Venezuela Billets Retrait

La décadence du Vénézuela : une interprétation latine

Auran Derien ♦
Universitaire.

C’était au mois de mars 2013, il y a 5 ans, Hugo Chavez mourrait, détruit par un cancer développé dans la zone abdominale, avec soupçon d’assassinat. Il avait été porté au pouvoir en 1998 et transforma le Vénézuéla de manière significative, laissant son empreinte dans toute l’Amérique hispanique.

Au Chili, deux médias ont profité de cette date anniversaire pour rappeler ses visites et proposer une interprétation de l’évolution ultérieure du Vénézuéla. Il y eut le sommet Ibero-américain à Santiago, le 10 novembre 2007, lors duquel le roi Juan Carlos d’Espagne, représentant de cette noblesse morte  intima à Hugo Chavez de se taire. Celui-ci était venu pour la première fois au Chili en 2001, en visite officielle, et avait alors visité la maison du poète Pablo Neruda, celui qui écrivit des odes à Staline.

Le journal “el mercurio” explique qu’un ancien ministre du gouvernement de Michelle Bachelet, Victor Osorio, a publié en 2011 un livre sur “le voyage secret de Hugo Chavez au Chili” effectué en octobre 1994. Alors qu’il était un paria, Hugo Chavez rencontra quelques universitaires et intellectuels du pays. Il y avait 40 à 50 personnes lors de la réunion, en particulier quelques trotskistes, un officier de l’armée cubaine, Vasili Carrillo, et un historien patriote Pedro Godoy.

Selon les témoins de l’époque, l’erreur fatale de Chavez a été de se mettre à la remorque de Cuba. Les accords pétroliers ont été une ruine pour le Vénézuéla et l’influence castriste a incité le régime vénézuélien à évoluer vers une forme de dictature sans construire une véritable troisième voie comme sut le faire Péron en Argentine.

La déviation, l’abandon de la troisième voie

Hugo Chavez avait aussi visité l’Argentine en 2005, et on lui présenta le grand sociologue Norberto Ceresole qui fut immédiatement invité à s’unir au groupe d’assesseurs du Commandant (Francisco de la Torre : En el origen de la práxis geopolítica de Chávez. Revista chilena Ciudad de los Césares nº99, marzo-junio 2013, p.7-10.). De 1995 à 1999, Ceresole put contribuer à faire prendre conscience au candidat Chavez, puis au Président, d’une nécessaire pensée géopolitique axée sur la libération de la tyrannie imposée par la global-invasion. La politique extérieure du Commandant se révéla clairement originale par rapport aux pouvoirs politiques des autres pays d’Amérique hispanique. Il établit des liens horizontaux, pour réduire le poids de la dépendance à l’égard de l’Empire de l’inhumanité. Ainsi il multiplia les liens avec la Russie, la Chine, l’Iran, reprit le thème de la Grande Patrie hispanique de Simon Bolivar et restructura l’OPEP pour essayer de mettre en place une meilleure organisation du marché international du pétrole. Cependant, à l’intérieur, il a succombé au piège de la guerre sémantique

Le piège de la guerre sémantique

Le socialisme du XXIe siècle ne permettra jamais de politique sociale en faveur du peuple, ni se préoccupera de le structurer et lui offrir un destin. Hugo Chavez a accepté la guerre sémantique de ses ennemis, la dissociation absolue entre le peuple et ses racines, religieuses et linguistiques, culturelles et historiques à travers le marxisme castriste. Cela permet à la global-invasion de se déguiser en groupuscules tiers-mondistes, féministes, écologistes, indigénistes, droits de l’hommiste, tous réunis sous la fausse bannière de l’antiglobalisation qui est en fait un “progressisme internationaliste”.

Il est important de remarquer que deux conseillers de Chavez furent toujours des larbins de ces mafias de l’internationalisme progressiste, marxistes au service de la global-invasion, la chilienne Marta Harnecker et l’allemand Heinz Dieterich, agent d’influence qui passa au service du général Baduel, l’une des figures visibles des groupes voulant détruire les réformes chavistes. De plus, le centre Carter (du nom de l’ex-président étatsunien) a toujours légitimé les élections en faveur de Chavez alors que ce centre est l’une des méduses qui appuient la propagande de l’empire des trafiquants.

La direction prise par Hugo Chavez conduit fatalement à l’échec, comme on l’observe désormais avec Nicolas Maduro. Le progressisme internationaliste n’est que l’autre partie de la tenaille manipulée par les mafieux en col blanc de la global-invasion. Le Commandant a manqué de lucidité.

 

 

  1. P.A.
    P.A.27 avril 2018

    En Europe extrême gauche et droite libérale: même combat. Macron est de tous les bords … du précipice.

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