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Les manipulateurs sont au pouvoir

Manipulateurs

Les manipulateurs sont au pouvoir

Pierre Blairon ♦
Auteur, essayiste.

 

 

Oswald Spengler avait prédit le « Déclin de l’occident », Mircea Eliade avait donné quelques scénarii de fins de cycle en se référant aux traditions des civilisations disparues qui avaient pour beaucoup fini leur existence à la suite d’une catastrophe naturelle, comme un déluge, le plus souvent couplé à une dégradation des mœurs des hommes qui avaient porté ces civilisations, René Guénon et Julius Evola avaient pointé la principale cause de notre fin de cycle européen qui entraînera dans sa chute toute la planète qu’il avait conquise par sa technique : la matérialisation de tout élément de vie autrefois spirituel qui aboutit inéluctablement au règne de la quantité et donc au règne de l’argent, à l’inversion des valeurs, celles qui permettaient aux hommes de se tenir debout ; ils marchent désormais sur la tête, ou plutôt à plat ventre.

Cette décadence voit fleurir toutes sortes de comportements déviants, de personnages sans foi ni loi, de crapules qui, assurées de leur quasi impunité par une justice défaillante ou complaisante, n’hésitent plus à tuer pour « un mauvais regard », d’escrocs en tous genres, de fonctionnaires corrompus, de bandits de grands chemins (les autoroutes) qui rançonnent les automobilistes, de vermines qui prolifèrent sur une société en putréfaction dont les oripeaux nauséabonds sont occultés par les paillettes hédonistes des fêtes et des « concerts » à répétition et les hurlements des supporters de football devant leurs télés.

Une pathologie récemment découverte

Les niveaux « sociologiquement » supérieurs de la société actuelle, ceux qu’on désigne par le terme pour eux bien usurpé d’«élites », sont essentiellement composés – dans l’ordre descendant de nuisance – par les pouvoirs financiers, médiatiques, politiques, judiciaires, publicitaires, artistiques, intellectuels, associatifs, syndicalistes…

De ces fausses élites surnage en eaux troubles un caractère bien trempé qui a dirigé le monde depuis l’apparition de l’hubris prométhéenne – Prométhée, celui qui défiait les dieux – mais qui n’est en fait qu’une pathologie dont on commence à peine à cerner les contours, la maladie du pouvoir et que le site Pour la science qualifie de syndrome : « perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir : tels sont quelques-uns des symptômes d’une maladie mentale récemment répertoriée qui se développerait durant l’exercice du pouvoir. »

Ce caractère a été étudié et ses comportements soigneusement analysés par la thérapeute comportementaliste Isabelle Nazare-Aga (Les manipulateurs sont parmi nous, éditions de l’Homme) qui en a défini les principales composantes : manipulateur, beau parleur, dissimulateur, menteur, égocentrique, narcissique, vaniteux, dénué de scrupules et de morale… dont le principal élément de défense lorsqu’il est (rarement) attaqué consiste à répercuter en miroir sur son détracteur ses propres turpitudes et à le culpabiliser et le dévaloriser. Les manipulateurs vivent en suçant de manière vampirique l’énergie de ceux qui les entourent.

Ces individus (hommes ou femmes) possèdent un don inné de la dissimulation qui consiste à paraître constamment comme des personnes séduisantes, charmantes et agréables à vivre dont personne ne soupçonnerait la duplicité, la perversité et la cruauté (c’est ainsi, par exemple, que beaucoup d’amis d’un couple prennent la défense d’un mari qui bat sa femme alors qu’elle passe pour une hystérique ou une affabulatrice lorsqu’elle y fait allusion ; c’est ainsi aussi que beaucoup d’hommes politiques habiles à manier le verbe, coupables de crimes odieux, ont échappé à la justice).

Le goût infantile du secret

Isabelle Nazare-Aga évalue le nombre de manipulateurs à 3% de la population (ce qui est énorme) ; nous pouvons même estimer que ce pourcentage peut être majoré en ce qui concerne la représentation de la maladie chez les dirigeants de notre monde actuel (dans les diverses composantes que j’ai plus haut définies) d’autant plus que le virus s’étend et prolifère dans un milieu qui lui est favorable, comme la pollution des mers engendre de nouvelles espèces de poissons qui se nourrissent des déchets des hommes.

Ce que les manipulateurs « domestiques » font au niveau de leur foyer, d’autres, quelquefois les mêmes, vont le faire au niveau d’un village, d’une ville, d’un pays, d’un continent. Les manipulateurs se reconnaissent entre eux et, même s’ils sont concurrents et se haïssent, vont se regrouper opportunément pour éliminer ceux qui ont percé à jour leur déviance. Ils sont généralement dotés d’une intelligence supérieure qui leur permet d’éviter tous les pièges et d’arriver à leurs fins sans se soucier des moyens employés ; ces hommes (et ces femmes) mégalomaniaques n’hésiteront pas une seconde à marcher sur la tête de leur meilleur ami si cela leur permet d’accéder à encore plus de ce pouvoir dont ils ne se rassasient jamais. Chacun teste ses limites, essaie de savoir jusqu’où il peut aller sans se faire prendre ; il sait, dans ce grand jeu qui est, dans notre période de fin de cycle, devenu planétaire, qu’il pourra compter sur ses semblables, ceux qui sont atteints de la même pathologie, qui vont l’aider dans tous leurs domaines de compétence (voir à nouveau la liste des « élites » établie plus haut) ; des sociétés plus ou moins secrètes qu’ils ont créées ont établi les règles du jeu et intronisé les joueurs, comme dans le film Eyes wide shut, quelle n’est pas alors la fierté d’un journaliste d’être accueilli au dîner du Siècle, d’un notable local d’être convié à suivre les travaux d’une session du groupe Bilderberg, d’un jeune ambitieux d’être distingué par « Young leaders » de la « French American Foundation », autant de ramifications d’une secte qui s’apparente à la mafia qui gangrène tous les paliers du pouvoir mondial.

Le jeu du chat et de la souris

Les manipulateurs de haut niveau jouent au chat et à la souris : le chat torture savamment la souris avant de l’achever, c’est leur plaisir suprême et pervers, qui est naturel pour un chat. La souris, pour eux, c’est le peuple, enfin, les masses, soigneusement abruties par les relais médiatiques et autres panem et circenses, comme le taureau dans l’arène est « préparé » par les picadors et autres banderilles. On peut sourire (jaune) à constater à quel niveau de naïveté ils arrivent à mener des masses qui les croient sincères quand ils font des promesses ou qu’ils récusent des accusations pourtant fondées sur des faits réels. Ils arrivent, grâce à leur duplicité et à leurs instruments médiatiques, à faire aimer sa condition à la souris qui finit par aimer le jeu où elle est si malmenée. On ne peut imaginer leur jouissance quand ils arrivent à faire en sorte que les sondages (qu’ils manipulent tout autant que les autres pions du jeu) leur sont favorables, car leurs adversaires, dans ce même jeu, en font tout autant.

Les valeurs comme le bon sens, l’empathie, la morale, la spiritualité, le bien commun, le peuple, la terre, l’honneur, la nation, l’amélioration du bien-être… n’ont pour eux aucune signification. Ils jouent. Ils ne sont intéressés, in fine, ni par l’argent ni par la gloire qu’ils ont déjà. Seul, le désir de gagner au jeu les motive. Ils tentent des coups, comme au poker – rien de plus facile pour eux que de jouer au poker menteur – et ne prennent même plus de précaution quand ils décident de pousser un pion en utilisant des moyens totalement illégaux. Pour eux, il n’y a pas de loi. Ils attendent, avec le sourire, la réaction de l’adversaire. Les peuples soigneusement décérébrés n’imaginent même pas leur degré de perversité, ils sont prêts à tout gober sans discussion ; « plus le mensonge est gros, plus il passe, plus souvent il est répété, plus le peuple le croit », nos manipulateurs au pouvoir ont bien assimilé la doctrine de Joseph Goebbels à qui cette phrase est attribuée (peut-être d’une manière mensongère ?).

Ils se sont ainsi institués mutuellement en « maîtres du monde », sans doute en souvenir des dessins animés de leur enfance et ont imaginé un jeu total : on renverse la table, plus de règle, plus de limite, tous les coups sont permis ; le gagnant est celui qui arrivera le premier au but défini. Il s’agit de remplacer toute cette populace blanche, européenne ou autre, par tous les autres peuples que porte la Terre ; à terme, il s’agira de remplacer l’Homme lui-même par le robot. Chiche ! Amusant, non ? Comme dans Albator, Star Wars ou Capitaine Flam !

Des manipulations qui tournent au ridicule

Sans remonter trop loin dans le temps (mais il y aurait largement matière) on peut donc évoquer plusieurs phases du jeu qui passionne nos « élites » et qui sont évidemment centrées sur la capacité de manipulation des joueurs :
c’est ainsi qu’on voit un Colin Powell brandir une fiole supposée contenir des produits chimiques que l’Irak s’apprêtait à déverser sur le monde, ce qui a permis aux USA de l’envahir, c’est ainsi que l’ancien président français Sarkozy a été mis en examen ainsi que certains de ses proches pour une affaire de financement libyen de sa campagne après l’assassinat inexpliqué du président libyen, c’est ainsi qu’une coalition occidentale, sans mandat de l’ONU, a bombardé la Syrie, sous le prétexte de répondre à des attaques chimiques qui auraient été perpétrées par le gouvernement syrien, accusé de martyriser son propre peuple. Cette coalition de trois pays : USA, Grande-Bretagne et France prétendait détenir les « preuves » des agissements supposés du gouvernement syrien. On attend toujours que ces « preuves » soient exposées…, c’est ainsi que le gouvernement anglais a accusé la Russie d’avoir empoisonné un ancien espion russe et sa fille, lesquels sont toujours vivants et l’accusation a été démentie par les propres services sanitaires anglais, c’est ainsi qu’on a vu un journaliste russe, Babtchenko ressuscité et en pleine forme le lendemain après avoir été tué la veille de trois balles dans le dos, selon le gouvernement ukrainien, c’est ainsi qu’on a vu, à Paris, un Mamoudou escalader à mains nues plusieurs étages comme un membre des commandos des forces spéciales super-entraînés, à la rescousse d’un petit garçon qui s’est miraculeusement raccroché à une rambarde en tombant d’un ou deux étages plus haut, etc.

Les pires ennemis de ces personnes atteintes de ces troubles psychiques si particuliers (dont l’attitude fait penser à ces adolescents dépendants des jeux vidéos) sont ceux qui essayent d’interrompre leur jeu, c’est ce que nous essayons de faire, ou ce que tentent de faire les « lanceurs d’alerte ».

Avez-vous déjà essayé de soustraire la souris des griffes d’un chat ? Il devient hystérique.

 

Pierre Blairon anime les revues “Grande Provence”et “Hyperborée”. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages dont “Jean Giono”, “Nostradamus”, “Le Guide secret d’Aix en Provence” et “La roue et le sablier” qui résume la Vue-du-monde de l’auteur.

  1. Robert41
    Robert416 juin 2018

    Selon un humble avis.
    Très intéressante analyse de l’auteur et de la vidéo de Madame Isabelle, Nazare-Aga, sur un état psychique inné à chaque être humain. Tout à chacun, nous pouvons être ce manipulateur qui s’octroie par de vils manipulations, une chose arrangeante. Tout cela à la condition, que cela soit moral et profitable à la vérité bien évidemment lorsqu’il s’agit de justice ou raisonnable lorsqu’il s’agit de politique ou d’informations recoupée ou de toutes autres associations tutrices religieuses, syndicales etc … Dans son essence pure, la manipulation est toujours morale et personnelle pour la cible à manipuler. C’est un enchaînement d’idées multiples, qui peut aller d’une victimologie abusive, en passant par un abus de pouvoir personnel ou en réseau, ou plus pervers en pratiquant un laxisme politique permettant un terrorisme sans frontière, contrecarré ensuite par une surveillance indigne de citoyens mécontents ; c’est aussi le chantage admis depuis peu dans le contrat de travail de la disponibilité de l’homme-objet jetable, surtout s’il est blanc et vieux … La raison du plus fort et toujours la meilleure n’est-ce pas ! – On pourrait épiloguer également sur des situations ignobles qui se déroulent dans certaines familles où femmes et enfants sont le plus souvent des proies entre les mains de psychorigides pervers. Alors, vous avez raison c’est une maladie ! Le pire, c’est qu’elle ne se soigne pas ; elle contamine … C’est pourquoi nous sommes dans un tourbillon sociétal malsain où la discorde sociale grandit entre les générations, entre les communautés, entre le Pouvoir et ce qui reste du Peuple. Une majorité de français ont crée cette situation par naïveté et aussi par le souci de faire perdurer une péremption. Cela finira très mal car la politique de l’excès et sa morale compassionnelle trouveront concrètement ce qu’elles ne veulent ni voir, ni désigner … Tout comme nous creusons notre tombe avec la fourchette dit-on, nous fabriquons notre propre prison aujourd’hui si nous persistons. Ne cherchons pas ailleurs ce qui nous trahit, c’est avant-tout nous -même l’ennemi ; lorsque nous nous reposons systématiquement sur l’idée des Autres en votant irresponsable comme un Ponce Pilate. Osons la critique non par une litanie spécieuse mais par l’observation personnelle, affranchie d’un prêt à consommer médiatique. Nous sommes la Force, ils sont le Pouvoir mais tout peut changer si nous faisons notre petite part n’est-ce pas ?

  2. je hais les cookies
    je hais les cookies7 juin 2018

    le monde des valeurs contre le monde de la quantité et tout ça : ouais ! la civilisation actuelle n’est pas plus dominée par l’argent que les anciennes ! ça a toujours été. Et ça s’est toujours caché sous de belles paroles, de la réthorique, des idéologies bien “spirituelles”, des principes élevés. Les gens du Moyen-Age tout chrétien qu’il s’affichaent n’était pas moins apres au gain. Lisez le livre de Léon Abraham par exemple sur le rôle et le sort des juifs au Moyen-Age. Ces société chrétiennes considéraient le prêt à interêt comme un péché et l’interdisait, mais ils en avaient quand-même BESOIN, alors ils profitaient de sjuifs qui eux avaient le droit de préter à interêt (aux goyim), et à plusieurs reprises il y a eu des cas de juifs que des prédicateurs avaient réussi de convertir au christianisme, eh bien alors le roi est intervenu pour les an empêcher !!! le rois “très chrétien” et tout ça ! en effet s’ils devenaient chrétiens ils n’auraient plus le droit de prêter à interêt, “qu’est-ce qu’on va faire ?”
    Plus récemment, le fameux “libéralisme”, si cynique, idéologie, au sens de l’analyse marxiste, de la classe des riches propriétaires, et des entreppreneurs capitalistes, ne s’avançait pas en disant “nous nous battons poour la liberté d’employer des enfants de 8 ans, de faire baisser les salaires, d’être un “propriétaire d’esclaves de Caroline du Sud” (modèle le plus parfait d’un homme libre selon un des plu célébre penseur du libéralisme) ! pensez donc ! non ils clamaient “nous sommes pour la liberté ! contre la tyrannie gouvernementale, etc ! mais bien entendu c’était de LEUR liberté qu’il s’agissait !
    L’analyse sociologique mpermet de comprendre les (apparents) “paradoxes” de la pensée libérale : http://miiraslimake.hautetfort.com/archive/2014/06/01/un-peu-de-theorie-politique-5362906.html

  3. MONTENAY
    MONTENAY7 juin 2018

    Ceci est un commentaire de l’article, pas une réponse aux commentaires.

    Ce sont les idées occidentales qui a permis au reste de monde de se développer. Mathématiquement cela entraîne un déclin relatif, mais pas un échec, au contraire.

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