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Le rôle de l’UNESCO dans la destruction des États

Unesco Conference

Le rôle de l’UNESCO dans la destruction des États

Auran Derien ♦
Universitaire.

L’UNESCO commença à répandre ses méfaits dès l’après-seconde guerre, puisqu’il incarnait la volonté d’établir une culture mondiale unique dont la finalité serait de préparer les individus à devenir aptes à une vie grégaire sous un gouvernement UNIQUE.

Les élites de l’époque se sont dédiés à promouvoir la “citoyenneté mondiale” et l’éducation de base, ou commune, imposée à partir de livres scolaires que les institutions rédigeaient selon leurs fantaisies. Evidemment, toutes les sectes  participèrent à cette orgie intellectuelle composée de prédications, histoires édifiantes, vérités révélées et autres farces et attrapes. Ainsi, le monde devenait aussi plat que dans la bible. Un certain nombre de critiques présentées contre cette approche incitèrent le directeur de l’époque, le Mexicain Jaime Torres Bodet, à dévier l’attention vers le concept de civilisation mondiale, au sein de laquelle se respecteraient les cultures nationales. L’UNESCO avec sa troupe d’enfiévrés croyants promut dès lors le multiculturalisme.

Multiculturalisme et gouvernance mondiale : la même réalité

La chute du mur de Berlin excita tous les fanatiques du monde unique. A l’UNESCO, une commission spéciale entama une nouvelle rengaine, la nécessité de fixer une éthique globale pour bien gouverner le monde alors que dans le même temps des financiers véreux pillaient sans frein, protégés par le concept de gouvernance. A ces trafiquants ne considèrent que des marchandises, il fallait leur bricoler une morale “commune” aux millions de “machins humains” à acheter, vendre, livrer, déplacer, sanctionner, jeter. L’UNESCO fabriqua la morale commune, un cocktail préparé sur mesure, à base de droits pour les minorités et les migrants, l’injonction d’effacer les frontières, la sanctification d’une économie de marchés pour piller la planète…Il apparut urgent aussi d’intégrer les ONG et les fondations privées dans le système international, pour y jouer un rôle fondamental, à condition d’être accréditées par l’UNESCO.

Quand débute le XXIème siècle (2001) Irina Bokova (directrice générale de l’UNESCO de 2009 à 2017) se présente à Londres, devant ses affidés réunis à la “ Chatham House” et leur promet pour ce siècle un ordre international solide appuyé sur des actions collectives efficaces dont l’UNESCO sera un pilier robuste. La déclaration de cette année-là promeut la diversité culturelle à condition qu’elle soit soumise à la table de la loi des droits de l’homme…

Le traité de libre-commerce d’Amérique du nord (TLCAN ou ALENA) : une étape

L’application pratique de la morale commune se retrouve dans de nombreux accords de commerce où le multiculturalisme est transformé en produits culturels soumis à des règles privées. On sait que l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) n’a pas introduit la notion d’exception culturelle dans sa charte. La culture n’a donc rien de particulier, c’est une succession de biens et services qui entrent dans les négociations d’accords commerciaux. Le TLCAN, par exemple, avait accepté des positions différentes selon les participants. Le Canada obtint de ne pas faire participer ses industries culturelles à l’accord. Les USA et le Mexique y mélangèrent tous les types de biens et services. Quelques nuances furent acceptées, le Mexique put rédiger une liste de principes à respecter pour la production et la diffusion de services culturels : utilisation de l’Espagnol, sauf lorsque le gouvernement autorise une autre langue, présence de nationaux dans les programmes, participation étrangère maximale de 49% dans la télévision par cable, seuil minimum de films mexicains à passer dans les salles obscures, …

Le patrimoine immatériel pour saboter les États

Les temps ont changé depuis la signature du traité. L’UNESCO a adopté de nouvelles conventions qui insistent sur le patrimoine immatériel des peuples et pays. L’immatériel désigne les traditions, les expressions orales, les langues, arts du spectacle, mais aussi les rites, fêtes et pratiques sociales ainsi que les connaissances spécifiques sur la nature et l’univers accompagnées d’un savoir-faire traditionnel.

La renégociation des traités de libre-commerce doit donc, normalement, prendre en compte la spécificité des biens et services culturels immatériels. Le concept de culture, à l’UNESCO, accompagne les intérêts des maîtres du pouvoir économique. Tant qu’il existât des élites de haut niveau en Europe, la culture fut associée à la production artistique, aux lettres et beaux-arts. Puis, la culture servit d’argument pour intervenir dans le développement de zones, mettre en avant la coopération, déboucher sur la gouvernance mondiale. Les biens et services culturels désormais sont soumis aux règles qui se décident dans les accords commerciaux internationaux avec tribunaux d’arbitrage, ce qui marginalise un peu plus les États.

Le processus de domination est en train de se sceller

La gouvernance globalitaire stimule la création d’autorités de toutes sortes qui prennent la responsabilité de faire respecter tel ou tel avantage, droit, patrimoine, mais facilitent les pressions permanentes sur les populations sans que le centre du pouvoir soit critiqué, contesté. Le regroupement de personnes à partir d’identités communes dans le cadre d’un État souverain est jeté dans les poubelles de l’histoire, but recherché par ces financiers globalitaires depuis la guerre de 1914. A la place, ceux-ci veulent faire gérer pour leur compte des quantités de groupes constitués à partir de petites communautés, de sectes, d’ethnies, de particularismes régionaux. Il était fondamental de permettre la reconnaissance et la promotion d’ entités culturelles et administratives diverses, représentant de multiples groupes sans liens directs avec l’État ; de cette manière apparaissent de nouvelles féodalités qui administrent les populations pour le compte des financiers et autres multinationales hors d’atteinte.

Les politiques culturelles promues par l’UNESCO ont pour fonction de reformater les populations, de les surveiller autrement qu’à travers un processus politique direct, à gérer les difficultés au niveau où les responsables ne seront pas cités. L’ingérence de pseudo-experts responsables des multiples dimensions du patrimoine immatériel retire l’État de la vue et de la responsabilité. La gestion des groupes en devient plus facile, car ceux-ci sont fragmentés selon leurs coutumes, pratiques, traditions.

A sa manière, l’UNESCO contribue à segmenter le monde en communautés indépendantes des États, les transforme en sujets collectifs nombreux appuyés par des experts qui renforcent la diversité des formes de vie collective. Rien ne pourra plus s’opposer aux satrapes de la banque et autres googlag. Il est clair que si l’État français a favorisé Audrey Azoulay pour prendre la tête de l’Unesco, c’est pour contribuer à l’effacement des États.

La fonction d’administrateur colonial a un grand avenir…

 

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