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Les différences entre tyrannies : despotisme chinois / inhumanité occidentiste

Monde Chinois

Les différences entre tyrannies : despotisme chinois / inhumanité occidentiste

Auran Derien ♦
Universitaire.

En cette première partie du XXIe siècle, nous en sommes réduits à comparer des infamies, preuve de la bestialité générale dans laquelle s’enfonce la planète.

Nous avons déjà signalé que le contrôle social chinois ne sanctionnait pas la population selon les mêmes critères que les gangs monothéistes en possession de l’Occident. Avec la généralisation de l’espionnage de tout le monde par les banques de données , nous proposons une réflexion sur la différence entre les modèles de tyrannie qui sont imposés aux êtres humains.

La Chine et sa préoccupation de stabilité sociale

Il est un aspect fondamental de la Chine, que seuls semblent prendre en compte les  connaisseurs de son univers mental. A la place d’une science ayant pour objet la connaissance du monde, les Chinois ont conçu une étiquette de la vie qu’ils supposent assez efficace pour instaurer un ordre complet. L’ordre universel se réalise à travers une discipline civilisatrice à laquelle doit participer activement chaque être humain. Les facteurs fondamentaux d’une société bien organisée sont l’homogénéité culturelle et un système hiérarchique venu de Confucius, réanimé par le parti communiste qui se fond lentement mais surement dans ce schéma séculaire où chacun accepte le respect filial et les hiérarchies. Pour cela, les dirigeants actuels ont commencé à installer un système de points pour chaque citoyen, base d’une appréciation de sa qualité sociale, grâce à quoi il pourra accéder à divers services.

Depuis le 1er mai, les premières règles du crédit social sont entrées en vigueur et les personnes peu confiables ne pourront pas se déplacer en train ou en avion car il leur sera refusé l’achat d’un billet pour une durée d’un an après quoi leur situation sera révisée pour lever l’interdiction ou la reconduire. Les infractions prises en considération sont assez représentatives de la définition traditionnelle d’une vie sociale harmonieuse : délits divers, désordres causés sur la voie publique ou les transports en commun, infractions financières telles que le non paiement des cotisations sociales et des contraventions.

Marcel Granet

Ce système devrait être au point vers 2020, car pour l’instant il reste à l’état expérimental et n’a affecté que 7 millions de personnes. Le comportement social est aussi apprécié au moyen de caméras placés dans les lieux publics et qui atteignent aujourd’hui les 20 millions d’exemplaires. Les bases de données alimentent des programmes de reconnaissance faciale dont la police dispose par le biais de lunettes portant un microprocesseur d’intelligence artificielle. De plus, chaque citoyen dispose d’un portable avec une application qui le surveille, l’expérience ayant commencé dans les régions musulmanes.

Un des thèmes fondamentaux de la pensée chinoise est qu’un pouvoir fondé sur la seule contrainte ne peut durer très longtemps. Les mœurs importent plus que les lois qui ne doivent pas être très nombreuses mais agir à longue échéance et en profondeur sur les mentalités. Bien sûr, si l’expression de l’ordre naturel repose sur la hiérarchie, il est fondamental que le supérieur ne déçoive pas fréquemment l’inférieur. La circulation des élites est organisée à travers les concours et examens, et le népotisme reste limité car les charges ne sont pas transmissibles. Non tributaire d’une religion particulière, l’ordre social actuel ne chasse pas les hérétiques, les infidèles, à la différence de la tyrannie obscurantiste qui s’est installée dans tout l’Occident.

L’Occident et son absolutisme destructeur

L’Occident est dominé par des trafiquants qui s’absolutisent en s’auto-proclamant chargés de mission du bien. Le directeur de la CIA, Pompeo, s’est présenté devant le Sénat étatsunien le 12 avril, pour faire confirmer sa nomination comme secrétaire d’Etat. Il a affiché son racisme tranquille, parlant de “notre pays unique et exceptionnel” .

Depuis la guerre de sécession, les méthodes sont toujours les mêmes :

  • Chercher dans un peuple, une tribu, une ethnie, un religion des gens insatisfaits et les transformer en affidés au service de leurs intérêts.
  • Pratiquer l’inversion des valeurs dans l’enseignement, les médias de masse, les industries du spectacle, tout cela appartenant par définition aux criminels en col blanc.

L’inversion, bien analysée par Nietzsche en particulier, vise à rendre malade les sociétés. On l’observe partout en Europe.

De ces deux types de domination, la seconde débouche sur le désert culturel, la misère économique, la haine contre toute personne éduquée, le pillage après lequel l’herbe ne repousse plus. Toutes les zones sous domination de trafiquants meurent, de sorte que ces tyrannies ne sont pas durables. Lorsque tout a été détruit, il faut chercher un autre espace à exploiter. Il est probable que si l’Empire chinois a duré si longtemps malgré des époques de faiblesse, c’est que sa méthode donne à chacun une place, même si elle s’avère négligeable.

Sur la Chine lire :

Marcel Granet, La civilisation chinoise (1929) et La pensée chinoise (1934).
Jacques Gernet : Le monde chinois. A.Colin, 1972.

Illustration : Guerriers mongols en terre cuite et statue de Gengis Khan sur le site.

 

  1. MONTENAY
    MONTENAY22 juin 2018

    L’article commence bien mais se termine par l’affirmation bizarre que l’Occident a fait moins bien que la Chine. Ou alors ce n’est pas clair ! Alors j’ écoute je vais regarder ça

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