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Pourquoi les USA veulent renucléariser l’Europe et que peut-on y faire?

F 35 Lightning

Pourquoi les USA veulent renucléariser l’Europe et que peut-on y faire?

Eric Verhaeghe ♦

Pendant que les Européens se disputent le bout de gras sur la politique migratoire, la doctrine américaine progresse. Tout laisse à penser que l’OTAN devrait progressivement doter ses alliés d’un armement nucléaire porté par les F35 que l’industrie américaine pousse l’Europe à acquérir. Il s’agit d’une inversion profonde de la doctrine de non-prolifération en vigueur depuis 20 ans. Le prochain sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet à Bruxelles, devrait confirmer cette option, profondément opposée à l’Europe de la Défense.

Le « Rapport sur la posture nucléaire américaine » de février 2018 est une lecture particulièrement instructive pour tous ceux qui veulent comprendre les relations internationales de demain. On en extrait ici quelques passages savoureux:

«While the United States has continued to reduce the number and salience of nuclear weapons, others, including Russia and China, have moved in the opposite direction. They have added new types of nuclear capabilities to their arsenals, increased the salience of nuclear forces in their strategies and plans, and engaged in increasingly aggressive behavior, including in outer space and cyber space.

(Alors que les USA ont continué de réduire le nombre et la dangerosité de leurs armes nucléaires, d’autres, Russie et Chine comprises, ont avancé dans un sens opposé. Ils ont doté leurs arsenaux de nouveaux types de capacités nucléaires, aiguisé l’intensité de leurs forces nucléaires dans leurs stratégies et leurs plans, et se sont engagés dans un comportement toujours plus agressif, y compris sur des terrains extérieurs ou dans le cyber espace – traduction EV).

(…)

The United States is incorporating nuclear capability onto the forward-deployable, nuclearcapable F-35 as a replacement for the current aging DCA. In conjunction with the ongoing life extension program for the B61 bomb, it will be a key contributor to continued regional deterrence stability and the assurance of allies.

(Les USA sont en train d’installer une capacité nucléaire sur le F 35 prochainement déployable pour remplacer l’actuel DCA (avions à double capacité) vieillissant. En coordination avec le programme en cours de prolongation d’existence du bombardier B61, il sera un contributeur clé à la stabilité régionale par la dissuasion et une assurance pour les alliés – traduction EV).»

Autrement dit, les F35 que les USA poussent actuellement les Européens à acheter en masse seront équipés de mini-têtes nucléaires (mini-nukes) capables de frapper un seul champ de bataille, dans une guerre contre la Russie ou la Chine. Cette intervention, qui est tout sauf neutre, est passée à peu près inaperçue dans l’esprit des Européens, tout occupés à dénoncer les sanctions économiques ou les forfanteries de Donald Trump.

On reconnaîtra ici un certain génie à Donald Trump: celui d’amuser la galerie pendant que les décisions vraiment sérieuses se prennent en sous-main.

Les Européens devront payer pour être nucléarisés contre leur gré

Mais le génie de Donald Trump ne s’arrête pas là… Non content de renucléariser l’Europe sans lui demander son avis, le grand Donald parviendra sans doute à la faire payer pour ça!

À l’approche du sommet de l’OTAN à Bruxelles les 11 et 12 juillet, Donald Trump a en effet insisté pour que les Européens augmentent leur contribution à leur propre défense. L’objectif serait d’atteindre les 2% de PIB. Parallèlement, l’armée américaine entend bien que les aviations européennes achètent, avec cet argent, les F35 qui serviront à porter le feu nucléaire dans les pays ennemis.

Bref, Donald Trump, qui n’a pas ménagé l’Europe en matière de libre-échange, lui force la main aujourd’hui pour qu’elle achète massivement des avions américains… et s’interdise d’acheter des avions européens. Rappelons que le RAFALE est en concurrence avec le F35.

Haro sur l’Europe de la Défense

Dans le même temps, les USA et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, font cause commune pour dissuader les Européens de se lancer dans une Europe de la défense. Celle-ci constitue pourtant la seule vraie alternative aux pressions américaines pour un financement sans contrepartie du complexe militaro-industriel outre-Atlantique.

Dans les prochains jours, l’Europe devrait donc passer un test au moins aussi sensible et compliqué que la définition d’une position commune sur la crise migratoire. Ce test est celui d’une capacité à l’indépendance militaire…

Source 

Via Le blanc et le noir

  1. Révolté
    Révolté28 juin 2018

    Bonjour
    Je n’apprécie pas plus que ça la politique internationale des US, mais » l’équipe est l’esprit du chef et compte tenu des branquignolles qui nous servent de » timonier «depuis un demi siècle ! Donald ( non pas le canard ) a bien compris que grasse a l’equipe Franco-allemande tout lui est permis! Au moins la l’on voie des MIRAGES. Et pendant se temps nos incompétents se font la guerre sur migrant ou immigrants, prendre ou ne pas pas prendre, taxes et surtaxes! N’Enfin bref sans s’apercevoir que ceux qui font dissuasion sur l’immigration Sont les mêmes que ceux qui nous désignent leurs ennemis.
    Que voulez vous ! Nous n’avons pas les mêmes piscines ! Ho pardon ! Valeurs

  2. Polaris
    Polaris13 juillet 2018

    Je ne sais pas comment vous en arrivez à ces théories…
    L’europe n’a jamais été “dénucléarisée”, sans parler de la France qui est la seule en europe à être autonome de ce point de vue et le Royaume uni avec les missiles Trident, la Belgique, l’Allemagne, les pays bas et la Turquie disposent de bombes B61 via l’OTAN que ces pays peuvent déployer si besoin (mais avec l’autorisation des USA)
    Pour cela il faut un vecteur qualifié (américain donc) pour porter cette bombe, et le seul avion “moderne” sur étagère actuellement est le F35. On comprend bien le chantage tacite qui opère tout naturellement: “vous achetez nos F35 hors de prix ou sinon fini les B61 pour vous défendre”
    C’est une raison majeure pour laquelle Dassault s’est retiré de l’appel d’offre pour le remplacement des F16 Belge, et aussi pourquoi la décision du gouvernement allemand, à contre courant de ses états major, pour un futur avion en commun avec la France.
    Pour ce qui est de la B61, cette bombe est de type gravitaire avec un parachute déployable, et nécessite donc de pénétrer l’espace ennemi à haute altitude (et donc avec une certaine allonge que le F35 n’a pas surtout si il veut rester furtif c’est à dire sans réservoir externes). Le concept est donc un chouilla dépassé voir inutile dans le cas de lutte contre un état moderne type Russie post soviétique ou chine (puisque il s’agit de ça au final)
    Le fond du problème est donc combien de pays européens vont céder au chantage. Le prochain sur la liste est ainsi la Belgique et son choix en dira long sur l’avenir d’une organisation de la défense européenne.

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