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Le lancinant problème des migrants

Jacques Toubon Service Immigration Prefecture Mayotte 1

Le lancinant problème des migrants

Jacques Myard ♦
Membre Honoraire du Parlement
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République.

C’est l’honneur des gens de mer de porter secours à tout homme qui est en péril dans les flots, personne ne saurait remettre ce principe en cause au risque de tomber dans la barbarie

L’Aquarius a appliqué ce principe d’humanité en se portant au secours des migrants entassés dans de frêles barcasses poussées à la mer par des passeurs mafieux qui exploitent ces Africains.

Néanmoins un malaise profond plane sur ces opérations de sauvetage en mer, malaise d’autant plus fort que le nouveau gouvernement italien a refusé de laisser accoster l’Aquarius. Le Président français, pour sa part, a d’abord fustigé le gouvernement italien tout en se gardant bien de recevoir ce navire qui a rallié Valence en Espagne.

Nous sommes tous des humanistes, mais l’humanisme est-il la clé et la réponse à la question lancinante des migrants ?

Sans rien renier de nos valeurs, nous nous devons de regarder la réalité en face et de ne pas tomber ni dans les pièges de la repentance permanente à l’égard de l’Afrique, ni dans les manipulation médiatiques des “hommistes” donneurs de leçons !

Les migrations, c’est l’histoire de l’Humanité depuis des temps ancestraux; elles ont pour cause principale la démographie et la surpopulation de certaines régions ou continents par rapport à d’autres.

Les migrations ne sont jamais passées dans la joie et la quiétude dont parlent les naïfs apôtres de l’amour insatiable pour son prochain mais elles ont provoqué des affrontements et des guerres.

Dans ses travaux et nombreux ouvrages, le polémologue Gaston Bouthoul (1896-1980) souligne les liens entre l’explosion démographique, les migrations et les guerres. Comme l’a rappelé Henri Bergson en 1936 dans une formule ciselée ” Laissez faire Venus et vous aurez Mars”.

A ce titre, il convient d’analyser de manière réaliste les données géostratégiques auxquelles nous faisons face :

Le continent africain avait 250 millions d’habitants en 1950 – les experts parlaient d’un continent vide. En 2000 l’Afrique a passé le cap du milliard d’habitants. En 2018, il y a 1,275 milliard d’Africains. Depuis le 1er Janvier 2018, les naissances annuelles en Afrique s’élèvent à presque 20 millions en moins de 6 mois. L’Afrique aura 2,5 milliards d’habitants en 2050 et on estime qu’ils seront 4 milliards à la fin de ce siècle. Certains experts contestent cette tendance et annoncent que la transition démographique de ce continent est en cours, mais le train de la croissance est lancé et ne s’arrêtera pas avant au moins deux générations. Tout se jouera donc dans les années qui viennent.

Inutile d’être aveugle : les flux migratoires sont le défi majeur que la France, le continent européen doivent relever dans les prochaines années.

Il est urgent de voir plus loin que le sauvetage en mer et de psalmodier la nécessité d’accueillir les migrants comme une vérité d’évidence.

Les migrants et surtout les trafiquants mafieux lisent à livres ouverts dans nos politiques et décisions. Aujourd’hui ils savent que si les migrants arrivent par un moyen ou un autre, ils seront “accueillis” même s’ils restent quelques semaines sur les trottoirs Porte de la Chapelle ou à Calais dans des conditions difficiles.

A chaque fois que nous régularisons des migrants clandestins – comme cela s’est fait en Espagne et en France – à chaque fois que nous répartissons un peu partout en France les migrants entrés irrégulièrement en France et en Europe, nous créons un APPEL permanent à l’émigration des Africains.

Nous encourageons l’action des passeurs criminels qui bénéficient de la complicité d’ONG qui sont loin d’être naïves, poursuivant leur action idéologique, et jouent les apprentis sorciers !

Dans ces conditions, il est urgent de casser ce processus qui est dangereux pour les Africains qui risquent leur vie et provoquent des tensions avec les Européens excédés par les multiples incidents et affrontements.

Dans ces conditions, la première décision de tous les Etats européens est d’annoncer clairement et fortement qu’aucun migrant ne sera accepté s’il entre de manière illégale et il sera expulsé.

La deuxième décision est de renvoyer tout navire vers l’Afrique qui comme l’Aquarius se font les complices implicites des passeurs criminels.

Est-ce là un manque d’humanité ? Non c’est la seule politique qui endiguera les flux. C’est le seul moyen pour mettre un terme à l’appel à l’émigration.

Ajoutons à cela que la destruction des barcasses des passeurs avant qu’elles ne prennent la mer aurait dû être faite depuis longtemps car ce sont des esclavagistes qui entrent dans la catégorie des auteurs de crimes contre l’humanité ( loi française du 21 Mai 2001 ), ce qui devrait conduire les Etats au titre de la compétence universelle à agir fermement.

A ce titre le silence de l’Organisation de l’Unité africaine ( OUA ) sur ces trafics est assourdissant et inacceptable.

Enfin il est urgent de traiter la question à la source :

en recherchant activement des solutions pour mettre un terme aux conflits comme celui du Darfour, là encore l’OUA doit agir plus fortement en liaison avec l’ONU.

en apportant une aide soutenue au développement, en la conditionnant à des programmes de stabilisation démographique afin de maîtriser la croissance de la population. Ainsi un pays dont la population croît de 2% par an double sa population en 36 ans, ce qui entrave tout décollage économique !

L’Organisation de l’Unité africaine et tous les Etats africains doivent se réveiller et agir avec les Etats européens – ce n’est pas aux seuls États européens de toujours plaider coupables !

  1. marliac
    marliac30 juin 2018

    Cathéchisme de l’Eglise Catholique au N° 2241 :

    « Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. Les pouvoirs publics vêleront au respect du droit naturel qui place l’hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent. Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption ? L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges. »

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