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Maia Alonso, Le rêve assassiné

Maia Alonso Portrait

Maia Alonso, Le rêve assassiné

Roger Vétillard ♦
Historien.

Maia Alonso, inspirée par sa jeunesse algérienne, nous propose un nouvel ouvrage : Le rêve assassiné.

Il n’a pas tout à fait la même respiration que ses précédentes publications, il est plus réaliste, très documenté, mais il conserve le côté poétique et imagé qu’elle aime donner à ses écrits. C’est en quelque sorte un roman historique.

C’est l’histoire vraie de Félix Vallat, maire en Algérie d’une petite commune de la plaine du Ghriss à 300 km au Sud-Ouest d’Alger dans les années 1950. Histoire dramatique, puisque le héros et Madeleine, son épouse, institutrice de Thiersville « village de France », seront tués lors d’une embuscade, un soir d’avril 1958, par les hommes de l’ALN. C’est tout un symbole : un maire et une institutrice français assassinés pour rompre des liens forts entre les communautés de l’Algérie française. Leurs trois enfants échappent miraculeusement à la mort.

Félix Vallat voulait rapprocher Européens et Indigènes de son cher pays, il a œuvré pendant une douzaine d’années dans ce but. Il ne ménageait ni son temps, ni son énergie, ni son argent pour tenter d’y parvenir. Il engageait ses amis, sa commune dans cette action. Mais les pesanteurs sociales, politiques et religieuses se sont opposées à cette mission et ont choisi de l’éliminer. Et Madeleine, comme soixante-dix autres enseignants français dans la guerre d’Algérie, a payé de sa vie son dévouement à ses élèves.

L’auteur nous emmène dans le quotidien de cet édile différent de beaucoup d’autres. Elle nous fait visiter cette région de Mascara, le village de Thiersville, où il faisait bon vivre mais où les « événements » – ceux de la guerre de 1954-1962 – ont troublé la sérénité de la petite cité. Pour cela, elle est allée aux sources de cette histoire, elle a rencontré les témoins, consulté les documents, les archives et a obtenu la collaboration de la famille Vallat et celle des anciens du village.

Cela nous donne un roman historique, un roman vrai, avec beaucoup d’anecdotes et de photographies. Une œuvre remarquable et triste, que les lecteurs apprécieront d’autant que sa lecture est particulièrement aisée et agréable.

Maia Alonso, Le rêve assassiné, Atlantis éd., 243p, 2017, 22€ .

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