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A Mayotte , la langue de bois de l’« éducation de la confiance »

Mayotte Population

A Mayotte , la langue de bois de l’« éducation de la confiance »

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue.

A Mayotte, pour la rentrée scolaire, le Ministre français de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer vient d’achever une visite officielle de deux jours, courtoise certes mais en langue de bois

Il a acté les 500 millions d’euros promis sur cinq ans pour des constructions scolaires mais lorsqu’on analyse dans le détail le chiffrage, on constate que la somme inclut la maintenance des établissements présents et provisionne des sommes en réalité déjà engagées. En gros, on a rien donné de plus.

Rappelons que l’explosion démographique que connaît le 101ème département de Mayotte avec ses 30 naissances par jour en moyenne suppose la construction d’une classe primaire par jour. Or, en 2018, aucune école n’a été construite contrairement aux promesses antérieures. Comme l’a souligné un syndicat (le SNUipp-FSU), « le Ministre de l’Éducation Nationale est venu à Mayotte faire le service après vente des engagements du gouvernement annoncés en mai dernier » mais il n’avait en réalité rien amené dans sa besace. On continue toujours à Mayotte la politique de la petite semaine, le recrutement de vacataires non formés, y compris d’enseignants étrangers qui du fait du blocage de la préfecture par des mamas en colère deviennent parfois eux-aussi des sans-papiers, un rectorat de plein exercice reporté à deux ans, le refus de toute mesure d’attractivité du territoire, ou de classement en REP + pourtant une priorité, bref des promesses dans le vide comme pour les renforts de gendarmerie jamais arrivés jusqu’à sans doute la prochaine explosion ou le fait divers explosif (ce week-end, sur la plage de Bandreléun gendarme a encore échappé de peu à la mort).

A Mayotte, la France ne choisit pas : soit partir, soit défendre l’île, ce qui supposerait d’engager immédiatement le département dans la maîtrise de l’explosion démographique par la lutte ferme contre l’immigration, le contrôle militaire du lagon, la fin du droit du sol, idées bien sûr irréalistes puisqu’à l’exact opposé de l’idéologie mondialiste.

Metamag continuera de se tenir informé par ses correspondants sur place de la situation du Lampedusa français. C’est d’ailleurs  un coup de poker que vient de jouer le tribunal de Mamoudzou et qui peut, dans notre politique d’immigration, avoir de lourdes conséquences. Depuis plusieurs années, on connaît à Mayotte comme en Afrique une méthode d’entrée sur le territoire : elle consiste à acheter un billet d’avion en usant d’une pièce d’identité authentique mais appartenant à un tiers, et ainsi embarquer avec ce document qui n’est pas le sien, en espérant ressembler assez au détenteur légitime pour parvenir à monter à bord. Les agents sont particulièrement vigilants, et au moindre doute, ils réclament souvent une deuxième pièce d’identité, et placent au besoin le voyageur en garde à vue qui est alors accusé d’ “escroquerie”. Or le préjudice direct pour la compagnie aérienne reste sujet à discussion car le billet d’avion, une fois payé, n’est pas remboursé aux fraudeurs présumés. La compagnie ne perd donc pas d’argent. Le tribunal conteste donc le qualificatif d’ « escroquerie » : « une compagnie aérienne peut-elle se prévaloir d’un préjudice actuel et certain en embarquant après lui avoir délivré un titre de transport (contre paiement) un passager utilisant une fausse identité ? »

Cette question, contre l’avis du parquet, a été transmise à la Cour de Cassation qui devra désormais donner son avis. Celui-ci déterminera l’avenir de toutes les affaires à venir et elles sont légion. Elles pourrait bien obliger les juristes à trouver d’autres outils pour poursuivre les personnes qui tentent ainsi de se faire passer pour d’autres et rappelons au passage que depuis les différentes lois sur l’immigration votées par nos députés, être en situation irrégulière sur le territoire français ne constitue plus un délit. On appelle dorénavant tous les sans-papiers des « réfugiés ».

  1. lhomme
    lhomme7 septembre 2018

    A noter dans l’actualité immédiate sur Mayotte que le Conseil constitutionnel vient de valider les amendements du Sénateur Thani Mohamed Soilihi pour l’adaptation du droit du sol à Mayotte. L’amendement exige pour les enfants nés à Mayotte que l’un de ses parents ait, au jour de la naissance, été présent de manière régulière sur le territoire national depuis plus de trois mois. Cette condition supplémentaire est circonscrite au seul département de Mayotte et justifiée, par la situation particulière du département: 41% des résidents sont de nationalité étrangère et 74% des enfants y naissent de mère étrangère. Elle ouvre pour la première fois une brèche juridique dans le sacro-saint droit du sol du code de la nationalité française mais sans le remettre en question puisque dans la discussion de la loi Asile et immigration, le gouvernement défendu par Gérard Collomb n’a évidemment pas voulu modifier en quoi que ce soit ce code laxiste. Selon la section locale d’En marche, ces amendements qui seront contournés (on arrivera plus tôt pour l’accouchement) devraient permettre au législateur de prendre part à la lutte contre l’immigration clandestine mais on se demande bien comment puisque la préfecture demeure toujours incapable de refouler les sans papiers comoriens et africains qu’elles n’arrêtent d’ailleurs plus mais qu’elles laissent errer misérables dans tout le département. ML 

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