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Argentine: Macri, le président argentin est-il un incompétent?

Tecnocrazia

Argentine: Macri, le président argentin est-il un incompétent?

Auran Derien ♦
Universitaire.

Le politique a pour fonction de fixer la part du “public”, ce qui concerne la communauté vue comme un tout, et la part du privé, les personnes et les organisations qu’elles forment.

Dans tous les pays victimes des “criminels en col blanc”, le principal business consiste à changer les lois pour permettre au privé de spolier le public sans limites et sans sanctions. Les membres du cabinet de Mauricio Macri sont très comparables à ceux qui forment les entourages des nouveaux  politiques : des CEO (chief executivo officer) ou ex-CEO de multinationales anglo-saxonnes, dotés de comptes plantureux dans les paradis fiscaux.

Dans la finance, on privilégie aussi le mélange public/privé. L’Argentine s’est à nouveau jetée dans les bras des manieurs d’argent, tant ceux des fonds spéculatifs privés que les tentacules du FMI. Le gouvernement a endetté le pays dans des proportions dont il lui sera impossible de se sortir. Cette dette “publique” permet de payer des intérêts aux tenants de la finance, de combler le déficit des comptes publics puisqu’en Argentine comme ailleurs les multinationales paient peu d’impôts.

La liquidation de l’Argentine

En un peu plus de deux ans, Mauricio Macri a causé plus de destruction que la guerre des Malouines. Une nouvelle étape a commencé  lundi 3 septembre avec la proclamation de l’état d’urgence et l’annonce de la suppression de 10 ministères. Lorsqu’un pays disparaît, il n’a plus besoin de faire fonctionner la santé publique et autres activités souveraines. Le gros bâton suffit, appuyé sur la propagande des médias. Il reste à annihiler le mouvement syndical.

Les médias systématisent  l’accusation des victimes. On y voit en permanence Mauricio Macri affirmer qu’il est une victime, la liste des coupables paraissant sans limites. Citons, en vrac : l’immaturité de la société argentine, l’héritage du gouvernement antérieur, la sécheresse de l’année écoulée, les changements en Turquie et au Brésil, la soi-disant lutte commerciale entre les USA et la Chine, etc. Mauricio Macri et son équipe ne sont responsables de rien. Il affirme aussi systématiquement qu’il souffre de savoir que le peso argentin s’est dévalué de 50%, que l’inflation détruit le pouvoir d’achat et que les pauvres se tuent entre eux.

La décision du gouvernement de fixer un impôt sur les exportations ne correspond à aucune politique économique cohérente.

Retour à Aristophane

On en vient naturellement à penser à la remarquable comédie d’Aristophane, un contemporain de Socrate, intitulée “Les Chevaliers” (424 a.c), qui met en scène la dégénérescence de la démocratie, les personnes qui se succèdent au gouvernement étant toujours plus médiocres.

La concurrence pour les postes fait valoir la bassesse et la vulgarité. La pire canaille antisociale conflue vers le pouvoir, composé de spéculateurs et pirates financiers, de délinquants professionnels, d’inadaptés sociopathes, d’histrions et de prostitués. Un État profond s’est mis en place. Dans les termes d’Aristophane, après Eucrates est promu le trafiquant Lisicles “qui aura le pouvoir jusqu’à ce qu’arrive un plus infâme que lui”.

Il suffit de changer les noms pour reconnaître l’histoire politique de l’Argentine mais aussi d’autres pays. La pyramide sociale occidentiste, analysée avec finesse par Alexandre Zinoviev, a été inversée : le progrès est en réalité une chute dans la fange, l’ascension sociale est une descente aux enfers , et celui qui est propulsé en haut de la pyramide s’y trouve parce qu’il est le pire. C’est la société du spectacle où le carnaval est permanent, les plus vils occupant les postes les plus hauts.

Rendons hommage a Renzo Giorgetti pour nous avoir rappelé cette analyse que les penseurs de la Tradition ont éclairé depuis Guénon et Schuon. ( Renzo Giorgetti : Un pequeño misterio democrático. Dans : Ciudad de los Cesares, nº115, junio-agosto 2018, pp.30-31).

Illustration : technocratie.

 

 

 

 

 

  1. nadine
    nadine10 septembre 2018

    Incompétant non, il exécute juste des ordres !

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