Journée mondiale de la polio 2020

À l’occasion de la Journée mondiale de la polio 2020 (World Polio Day), le sort de cette maladie, de plus en plus proche de l’éradication, est lié aux effets de la pandémie de CoViD-19. Même au cours des derniers mois difficiles, il y a eu des succès importants à célébrer dans la lutte contre cette maladie virale très contagieuse, qui peut attaquer le système nerveux central au point de le paralyser et qui causait autrefois des millions de morts chaque année.

Un succès à célébrer

Le 25 août 2020, l’OMS a annoncé que la transmission du poliovirus sauvage a été officiellement arrêtée dans les 47 pays de sa région africaine, une étape historique due à la constance des campagnes de vaccination. Cinq des six régions de l’OMS, représentant 90 % de la population mondiale, sont désormais exemptes du poliovirus sauvage, qui ne reste endémique qu’au Pakistan et en Afghanistan. En outre, deux des trois souches existantes de poliovirus sauvage ont finalement été éradiquées dans le monde entier.

Prudence et verrouillage

En Afghanistan et au Pakistan, derniers bastions du poliovirus sauvage, la pandémie de CoViD-19 bloque les campagnes de vaccination de routine depuis des mois, rendant les tentatives d’éradication encore plus difficiles. Les vaccinations de masse ont également rencontré des obstacles politiques au fil des ans. En 2019, les Talibans avaient empêché les campagnes de vaccination dans les régions d’Afghanistan sous leur contrôle et ne les avaient réadmis que dans les hôpitaux (et non dans les mosquées ou le porte-à-porte). Dans certaines zones tribales du Pakistan, les agents de santé qui administrent les vaccins risquent leur vie parce qu’ils sont opposés par les leaders fondamentalistes locaux, qui considèrent les vaccins comme des véhicules de propagation du SIDA, des outils pour rendre stériles les jeunes femmes musulmanes ou des actions de couverture pour les programmes de surveillance politique.

Virus mutant

Il existe également, et pas seulement dans les deux pays mentionnés, un problème médical connu depuis les années 2000 et lié à l’une des deux formes de vaccin disponibles. Contre la polio, comme l’explique le site d’épidémiologie de l’Istituto Superiore di Sanità, il existe deux types de vaccins différents : le vaccin « inactivé » de Salk (VPI), qui doit être administré par injection intramusculaire, et le vaccin « vivant atténué » de Sabin (VPO), qui doit être administré par voie orale.

La première, celle qui est injectable, est très efficace pour assurer l’immunité humorale contre le virus (dans le sang et les autres liquides organiques), mais moins efficace pour induire l’immunité intestinale : elle est donc moins utile dans les régions où les services de santé sont délabrés, où il est plus facile d’être infecté en ingérant des matières fécales contaminées par l’eau.

Le vaccin oral, plus facile à administrer et moins coûteux, confère au contraire une immunité intestinale plus forte et, dans la plupart des cas, protège l’ensemble de la communauté car il réduit la quantité de poliovirus présente dans les rejets et le fumier.

Dans certains cas, cependant, cette forme atténuée du virus peut se transmettre d’un enfant nouvellement vacciné à un autre qui n’a pas reçu le vaccin et qui est donc encore susceptible d’être infecté. Cette transmission peut se faire par les selles (couches, chasse d’eau), par contact direct ou par ingestion d’eau contaminée.

Dans le corps humain, le virus peut muter, seul ou en prenant des gènes d’autres virus, en une forme plus puissante et transmissible, capable de circuler comme un véritable poliovirus (poliovirus de type 2 dérivé d’un vaccin, cVDPV2) dans la population non vaccinée. Selon un récent rapport de l’OMS, le nombre de cas de ce type de polio en 2020 était de 409 jusqu’au 5 octobre, soit 31 de plus qu’en 2019.

Une solution issue de la science

Malgré les risques bien connus, il n’y a pas de retour en arrière dans l’administration du vaccin Sabin, qui a finalement éradiqué la polio en Europe en 2002 et qui est fortement recommandé par l’OMS dans les campagnes de vaccination du monde entier, car il a permis de réduire les cas de polio de 99,9 % depuis les années 1980.

Un groupe de virologistes en Belgique, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates, a identifié des zones clés du génome du virus où se produisent des mutations qui peuvent le transformer à nouveau en un agent pathogène virulent. Les scientifiques ont introduit quelques changements pour prévenir cette évolution négative, et deux nouveaux vaccins oraux ainsi obtenus devraient contribuer à éradiquer cette forme d’infection à l’avenir.

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