Découverte d’une zone du cerveau permettant aux souris d’ignorer la peur

Une équipe de chercheurs du Sainsbury Wellcome Centre a découvert chez la souris un circuit cérébral lié à la capacité de passer outre l’instinct de peur d’une personne en fonction de son expérience antérieure. Il s’agit d’une découverte qui pourrait avoir une incidence sur le contrôle des réactions de peur chez l’homme.

Noyau géniculé latéral ventral

La zone du cerveau où réside ce mécanisme est le noyau géniculé latéral ventral (vLGN), comme l’explique une déclaration du centre britannique lui-même.
En supprimant l’activité dans cette région du cerveau des souris, on a montré qu’elles s’efforçaient davantage de rester en sécurité et d’échapper au danger perçu. En activant les neurones de cette zone, la réponse aux menaces imminentes a été abolie.

Qu’est-ce que la peur ?

La peur est un sentiment normal, présent chez la plupart des espèces animales, et naturellement aussi chez l’homme. La peur et le sentiment d’anxiété qui y est lié peuvent en effet être très utiles pour échapper à des menaces, telles que celles que peuvent représenter les prédateurs.
La réponse à une menace provoquée par la peur peut être modifiée par les connaissances acquises par l’expérience. Par exemple, être réveillé par le bruit d’un feu d’artifice qui explose peut être effrayant les premières fois, mais si cela se répète, par exemple pendant des mois ou des années, sauter du lit ne sera plus la première réaction.

Le traitement du danger par le cerveau

Le traitement du danger par le cerveau est un processus très complexe impliquant plusieurs zones, mais les mécanismes qui sous-tendent le contrôle de la peur, un sentiment clairement lié au traitement du danger lui-même, ne sont toujours pas très clairs.
Il s’agit d’un contrôle très important car une compromission de ce circuit peut provoquer ou aggraver plusieurs troubles anxieux, comme le syndrome de stress post-traumatique, ou les phobies.

Expériences sur les souris

Les chercheurs, en réalisant des expériences sur des souris, ont découvert que le vLGN peut contrôler les réactions de fuite en se basant sur les connaissances acquises par l’expérience antérieure et donc sur l’évaluation des risques. Plus précisément, les chercheurs ont découvert une sous-catégorie de neurones inhibiteurs dans la zone susmentionnée qui semble être fortement liée aux réactions face à un danger en fonction des connaissances préalables.
Lorsque l’activité de ce groupe de neurones était élevée, la réaction des souris à la menace était plus faible, voire totalement inhibée. Lorsque l’activité de ces neurones était faible, la réaction à la menace était plus importante (les souris commençaient à fuir et à chercher un endroit sûr).

« porte inhibitrice » de la peur

Alex Fratzl, premier auteur de l’étude, explique que le noyau géniculé latéral ventral est une sorte de « porte inhibitrice » qui sous-tend l’établissement d’un seuil de sensibilité aux menaces. Ce seuil semble être régulé par les connaissances acquises par l’expérience.
Il s’agit d’une découverte qui pourrait également être utile aux humains, non pas bien sûr pour échapper aux prédateurs, mais dans les cas où les réactions instinctives à la peur peuvent ne pas être régulées. Il sera toutefois nécessaire de comprendre si des circuits cérébraux similaires existent également chez l’être humain. Entre-temps, l’étude a été publiée dans la revue Neuron.

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