Tech vamping : les nuits tardives passées au téléphone portable nuisent à la santé du sommeil

81,5% des jeunes modifient leurs habitudes de sommeil et passent plus de temps devant l’écran la nuit. En d’autres termes, ils s’accrochent au « vamping technologique ». Les experts de l’impact des nouvelles technologies font une série de recommandations pour que les enfants se déconnectent et aient un bon sommeil réparateur synonyme de bonne santé.

S’endormir avec un téléphone portable à la main est une addiction. La multiplication des réseaux sociaux, les possibilités offertes par les téléphones portables et la connexion permanente avec le reste du monde à travers un écran font de nous des vampires technologiques.

Les complications et le stress générés par la combinaison de la vie réelle et de la vie virtuelle affectent notre santé, notamment notre repos.

Qu’est-ce que le vamping technologique ?

Ce phénomène apparaît lorsque, avant de s’endormir, on ne peut éviter de se connecter à son téléphone portable.

Ses répercussions affectent notre santé car il nous fait perdre des heures de sommeil. Moins nous dormons, moins nous avons d’énergie.

Des experts et des chercheurs du groupe Cognitive NeuroLab et de l’institut Brain 360 mettent en garde contre la nocivité de cette pratique pour la santé mentale et physique des jeunes.

Diego Redolar, professeur à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Universitat Oberta de Catalunya (Université ouverte de Catalogne, UOC), recommande une clé essentielle :

« Les routines sont très importantes : il faut établir des heures fixes pour se coucher et se lever ».

Pour sa part, José Ramón Ubieto, un enseignant ayant collaboré à ces études, appelle à « négocier et établir des moments où les écrans ne peuvent être utilisés » pour éviter ce type d’abus.

Le manque de sommeil empêche la croissance

De nombreuses preuves montrent que le manque de sommeil n’entraîne pas seulement l’irritabilité, la fatigue, les maux de tête ou le manque d’attention, comme l’explique Diego Redolar, mais qu’il a également des effets sur la croissance.

« Jusqu’à l’âge de 20 ou 25 ans, le système nerveux n’est pas développé, et une série d’étapes doivent être franchies ; si nous ne bénéficions pas des heures de sommeil nécessaires, nous oublions quelque chose de très important pour le développement du cerveau », prévient-il.

La lumière des écrans de téléphones portables avant de s’endormir pendant la nuit « envoie des informations contradictoires au cerveau » qui affectent différents systèmes de l’organisme et la régulation de nos rythmes endogènes.

« Le dispositif est conçu pour qu’il n’y ait pas de limite, pour que la connexion soit non-stop, il faut donc imposer une limite externe », explique le professeur.

Recommandations pour éviter le vamping technologique

Manuel Armayones, expert de l’impact de ces nouvelles technologies et auteur du livre « The smartphone effect : connecting with meaning », donne cinq conseils pour amener les enfants à se déconnecter des écrans.

1. Établir des règles claires

La première étape doit être franchie par les parents, qui doivent réglementer l’utilisation des écrans par leurs enfants. Au cours d’une conversation, ils doivent leur expliquer l’importance du repos et ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire avec leur téléphone portable.

Il est important de prêter attention aux changements « de comportement ou si les activités pratiquées, comme c’est le cas avec les jeux vidéo, créent une certaine dépendance », souligne l’expert.

2. négocier sans crainte

Chaque enfant étant différent, la négociation avec lui doit s’adapter à son comportement. « Si un enfant se comporte bien et réussit à l’école », nous pouvons lui donner une récompense telle que « laissez-lui son téléphone portable un peu plus longtemps ».

Toutefois, si l’utilisation de ces outils pose problème, « il est important de restreindre leur utilisation ».

3. Plutôt que d’interdire, il est préférable de proposer des alternatives

Dans ce cas, le troc peut être la meilleure solution. Les activités de plein air sont essentielles au développement et à la distraction du jeune.

Les enfants réclament souvent leur portable lorsqu’ils s’ennuient. Pour les distraire, faites du sport, du bricolage, de la lecture ou passez du temps en famille.

4. Ne prêchez pas, montrez l’exemple

Si les conseils que les enfants reçoivent ne sont pas repris par leurs parents, ils ignoreront les règles. L’utilisation excessive des écrans ne nuit pas seulement aux enfants, mais les adultes peuvent aussi avoir des problèmes.

5. En toute sécurité et sans mot de passe

Les appareils utilisés par les enfants doivent toujours être surveillés, c’est-à-dire sans mot de passe ni écran de verrouillage.

Le contrôle parental doit être présent pendant l’utilisation, car « la sécurité des enfants est plus importante que leur vie privée », affirme l’expert.

Les conséquences rampantes de l’enfermement

Le temps passé à la maison, l’impossibilité de sortir, la mauvaise habitude d’utiliser le téléphone portable avant de s’endormir, avec peu de possibilité de mouvement et constamment entouré d’écrans ont entraîné une augmentation du nombre d’heures passées avec le téléphone portable.

« Avec la désescalade, d’autres actions plus sociales surgissent, le contact, mais une grande partie de cette activité nocturne restera car c’est une connexion qui n’est pas solitaire, elle se fait avec d’autres », explique José Ramón Ubieto.

Une étude réalisée l’année dernière a montré que 81,5 % des jeunes modifiaient leurs rythmes de sommeil et que beaucoup avaient des difficultés à s’endormir pendant l’été, période la plus propice au vamping technologique.

Ce pourcentage était déjà élevé avant la pandémie, puisque près de 70 % des adolescents espagnols ne dormaient pas assez d’heures – entre 8 et 7 heures. Plus de 60 % d’entre eux dormaient à côté de leur téléphone portable et 80 % passaient une ou deux heures à regarder l’écran.

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