Belén Garijo, présidente de Merck : la situation de la pandémie sera optimale d’ici la fin de l’année

La présidente-directrice générale de la société scientifique et technologique allemande Merck, Belén Garijo, a déclaré dans une interview accordée à EFE que la situation de la pandémie s’améliore et qu’elle sera « tout à fait optimale à la fin de cette année et au début de l’année prochaine ».

Belén Garijo, médecin spécialisée en pharmacologie clinique, occupe ce poste de direction depuis le 1er mai et est la seule femme à l’occuper dans une entreprise cotée au sélectif DAX 30 de la Bourse de Francfort.

Elle a rejoint Merck en 2011 en tant que directrice de l’exploitation de l’activité biopharmaceutique et a été nommée au comité exécutif en 2015.

Avant de rejoindre la société, M. Garijo a également siégé au comité exécutif du groupe Sanofi-Aventis et au conseil d’administration de la coentreprise de Sanofi-Pasteur Vaccines avec MSD.

Aurons-nous de nouvelles pandémies ?

Je n’ai pas de boule de cristal, mais je me préparerais certainement à la prochaine. C’était le défi, que cela ne nous prenne pas au dépourvu.

Nous avons été la première entreprise à nous rendre à la conférence de Munich sur la sécurité avec ce sujet. Mon prédécesseur au poste, Stefan Oschmann, était convaincu qu’il fallait le faire. Nous devons apprendre à nous préparer à cette crise et à d’autres crises sanitaires. Cette pandémie nous a appris qu’il est important d’investir dans la santé et de disposer d’une infrastructure sanitaire prête à faire face aux crises.

Nous avons vu un vaccin commercialisé en un temps record jamais vu auparavant et il ne s’agit pas d’une tendance sporadique, mais d’une tendance qui va perdurer.

Serons-nous mieux préparés à la prochaine crise sanitaire ?

Je pense que oui.

Pensez-vous que les brevets sur les vaccins contre les covidés devraient être libéralisés, comme l’a proposé le président américain Joe Biden ?

La remise en cause de la propriété intellectuelle des vaccins ne résoudra pas les problèmes qui déterminent la vitesse à laquelle les vaccins parviennent aux pays à revenu faible ou intermédiaire ; en fait, elle pourrait même les rendre plus complexes.

Ce n’est pas une décision très éclairée. Si cela devait se produire, cela pourrait compliquer davantage certaines des mesures visant à mettre fin aux inégalités que nous connaissons aujourd’hui.

Nous n’y sommes pas favorables parce que nous pensons que cela ne résoudra absolument rien.

Qu’est-ce qui va résoudre le problème des vaccins dans les pays les plus pauvres ?

Il sera résolu s’il n’y a pas de barrières commerciales, si nous pouvons maintenir un environnement commercial mondial qui assure une agilité maximale dans la chaîne d’approvisionnement. La capacité d’abord, la distribution équitable ensuite.

Toutes les entreprises qui fabriquent des vaccins signalent une augmentation de la fourniture de vaccins à ces pays à prix coûtant.

De nombreuses entreprises ont reçu des subventions publiques.

Il ne s’agit pas de subventions gouvernementales, l’industrie s’est mise au diapason. Nous n’avons pas commencé hier avec la technologie des ARN messagers. Si nous n’avions pas généré les connaissances qui existaient au cours des vingt dernières années, où plusieurs entreprises, dont deux allemandes, ont investi d’énormes ressources pour les générer, nous n’aurions pas eu de vaccin en un an. Pourquoi ne pas accorder ce crédit à l’industrie ?

Pourquoi des problèmes logistiques dans la distribution des vaccins ont-ils ralenti la vaccination en Europe ?

Cela s’explique par la rapidité avec laquelle il a fallu augmenter la production de vaccins et par une certaine complexité liée aux conditions de stockage, mais les engagements pris par les fabricants de vaccins sont très rassurants.

Notre situation s’améliore et nous serons dans une situation assez optimale d’ici la fin de l’année et le début de l’année prochaine.

Investissement de 12 millions d’euros à Tres Cantos (Madrid).

Dans cette interview accordée à EFE, Belén Garijo a également annoncé que Merck investira 12 millions d’euros dans l’usine de Tres Cantos (Madrid) au cours des trois prochaines années afin de moderniser et de rendre plus efficaces les processus de fabrication.

Merck compte trois unités commerciales : les produits pharmaceutiques (Healthcare), dont les principaux domaines thérapeutiques sont l’oncologie, la neurologie, la fertilité, l’endocrinologie et la médecine clinique ; les sciences de la vie (Life science) et les produits chimiques de haute technologie (Electronics), qui produisent des semi-conducteurs, des cristaux liquides utilisés dans les smartphones et les téléviseurs LCD, des pigments automobiles ou du rouge à lèvres, etc.

Elle a commencé son activité en Espagne en 1924 avec l’ouverture d’une succursale à Barcelone.

Aujourd’hui, avec plus de 1 000 employés, l’Espagne représente l’un des principaux marchés de Merck en Europe, étant le quatrième en termes de production, d’investissement en R&D et de volume de ventes.

A ne pas manquer

Articles associés